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Quotas et entrées payantes : la lutte contre le tourisme de masse ravit-elle les touristophobes ?

Quotas et entrées payantes : la lutte contre le tourisme de masse ravit-elle les touristophobes ?
09 juil. 2022 à 08:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Pour lutter contre le tourisme de masse et la surfréquentation des lieux touristiques (et leur protection), les voyageurs devront à certains endroits du globe réserver, respecter des quotas de fréquentation ou mettre la main au portemonnaie. A qui profite l'initiative ?

Tourismophobie : quand les locaux n'en peuvent plus !

Barcelone.
Barcelone. Alexander Spatari

Dans les stations balnéaires et les grandes villes tendance, les touristes s'amassent pour venir profiter de la vue, de la ville et de la vie. Les rues, les parcs ou les bords de mer deviennent des fourmilières. En plein début des vacances estivales, les villes comme Marseille, Biarritz, Barcelone ou encore Venise se préparent à cette vague, qu'elles pensaient pourtant disparue. Car près le début de la pandémie de Covid-19, on parlait de tourisme plus responsable, moins tourné vers les cités bétonnées, plus vers les montagnes et le grand air.

Deux ans après, force est de constater que le tourisme de masse a toujours la cote.

Au grand désespoir des touristophobes, ces gens qui possèdent une aversion contre les touristes. A ne pas confondre avec la tourismophobie, sujet plus pertinent selon Paul Arseneault, ancien titulaire de la Chaire de tourisme Transat et directeur du Réseau de veille en tourisme. Comme l'explique le média professionnel du tourisme l'Echo Touristique, la tourismophobie est définie comme un "rejet de l'industrie touristique et de ses partenaires institutionnels et commerciaux par des habitants d'un territoire, qui se sentent - légitimement ou non - dépossédés de leurs droits, avantages et tranquillité".

La France limite l'accès à ses sites naturels

Calanque de Sugiton (Marseille).
Calanque de Sugiton (Marseille). Yann Guichaoua-Photos

Des changements apparaissent dans l'industrie touristique et pourraient aller dans le sens des tourismophobes bien qu'ils soient présentés comme des mesures pour protéger l'environnement.

En France, dans les lieux naturels très prisés par les visiteurs, des quotas et réservations sont appliqués pour accéder au paysage depuis cette année. C'est le cas à la calanque de Sugiton à Marseille et aux îles Lavezzi, aux Aiguilles de Bavella ou encore à la vallée de Restonica en Corse. Le Parc national des Calanques, par exemple, limitera l'accès à 400 personnes par jour à partir du samedi 9 juillet et ce, jusqu'au 21 août 2022. 

Venise fait payer les touristes d'un jour

Venise.
Venise. Massimiliano Clari/EyeEm

Ailleurs en Europe, l'accès au centre historique de Venise deviendra payant dès le mois d'août 2022 pour les touristes venus une journée sans y résider. Une fourchette de prix allant de 3 à 10 euros selon la période, les évènements et le temps sur place.  A l'essai cet été, les réservations et le paiement pour accéder à la ville entreront en vigueur le 16 janvier 2023, a annoncé le conseiller au tourisme Simone Venturini lors d'une conférence de presse en juin. "Nous sommes conscients que la mesure ne peut plus être reportée et qu'elle est indispensable si nous voulons réduire les excès des pics touristiques saisonniers", a-t-il déclaré.

A l'autre bout du monde, le Bhoutan, pays d'Asie du Sud, a annoncé tripler la taxe de séjour. Le forfait journalier s'élèvera désormais à 200 dollars par jour pour les voyageurs, rapporte le Bhutan Times. Le pays, qui mène une politique de tourisme durable depuis des années, rouvrira ses frontières le 23 septembre 2022. 

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