La couleur des idées

Rachel Khan : "Je suis racée parce que je porte en moi plusieurs racines que certains prennent pour des races"

Rachel Khan pose un regard sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances

© AFP / JOEL SAGET

30 avr. 2021 à 09:28Temps de lecture1 min
Par Pascale Seys et Simon Brunfaut

" On est tous des additionnés ", affirmait Romain Gary dans Pseudo. Rachel Khan ne le sait que trop bien. Noire, gambienne, d’origine musulmane et catholique par son père, blanche, juive et française par sa mère, elle est fière de se dire "racée". Mais comment vivre cet excès de "races" à l’heure des replis identitaires où seule la radicalité importe ? Comment se positionner avec ce "pedigree" alors que l’injonction est de choisir un camp ?

À travers une série de mots, notions et expressions "politiquement correctes", Rachel Khan pose un regard tant critique que malicieux sur notre époque idéologisée qui interdit toutes formes de nuances. Elle condamne les "mots qui séparent" ‒ souchien, racisé, afro-descendant, intersectionnalité, minorité… : présentés comme des outils indispensables pour combattre le racisme, ils enfoncent en fait le couteau dans les plaies qu’ils prétendent cicatriser. Puis les "mots qui ne vont nulle part" : vivre-ensemble, diversité, mixité et non-mixité, etc., qui appauvrissent le langage et, dans une "bienveillance inclusive", alimentent la haine et les silences. Mais elle défend avec force les "mots qui réparent" ‒ intimité, création, désir ‒ qui, eux, rétablissent le dialogue, favorisent la pensée non unique et unissent notre société, gangrenée par les crispations identitaires et les oppositions stériles entre les genres.

Un entretien à suivre dès ce samedi 1er mai à 11h ci-dessous

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