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Rafael Nadal, la déchirure d’un abandon redouté... et nécessaire

Rafael Nadal, la déchirure d’un abandon
08 juil. 2022 à 07:03Temps de lecture2 min
Par Antoine Hick

Tout le monde avait un drôle de pressentiment dans cette histoire. Comme si, sans vouloir se l’avouer, on savait déjà ce qui allait suivre. Quand Rafael Nadal a convoqué les journalistes jeudi soir pour une conférence de presse impromptue, l’abandon était sur toutes les lèvres. En quelques mots, l’Espagnol l’a confirmé. La blessure aux abdominaux est finalement plus grave que prévu. Et le force à faire une croix sur ses ambitions de Grand-Chelem calendaire.

Un corps usé. Usé par les coups, rongé par le rythme infernal que son tortionnaire lui fait vivre depuis plus de 15 ans. Au bord du K.O technique, il a finalement dit stop. Au pire moment, sans qu’il n’y ait vraiment une quelconque autre échappatoire. Forçant même le plus combatif des tennismen à tirer la sonnette d’alarme.

Le regard fuyant, Nadal s’est donc présenté en conférence de presse. Dans un discours franc, direct et à son image, il a confirmé son retrait : “À de nombreuses reprises dans ma carrière, j’ai continué à foncer. Mais aujourd’hui, ça n’a plus de sens. Je ne ferais qu’empirer les choses.”

Un abandon que beaucoup pressentaient donc. Face à Taylor Fritz en quarts, Nadal avait montré d’inquiétants signes de faiblesse, empêtré dans un (gros) combat face à l’Américain et… face à lui-même. À plusieurs reprises, son clan, soucieux pour la suite, lui a intimé d’abandonner, de stopper les frais. Mais quitter une bataille en cours n’est pas dans les gènes du bonhomme et il a préféré continuer. Ignorant les appels du pied de son corps meurtri, il est allé au bout de lui-même. Pour terrasser l’Américain (qui a lui raté l’opportunité de sa vie) et filer en demi.

Mais la marche suivante était finalement celle de trop. Celle qui allait le replonger dans un combat féroce, probablement tout aussi long, face à l’imprévisible pétard ambulant, Nick Kyrgios. Il l'a senti à l'entraînement : " Je ne peux pas servir. Ce n'est pas seulement que je ne peux pas servir à la bonne vitesse, c'est que je ne peux pas faire le mouvement normal pour servir" expliquait-il. Avant même de commencer, Nadal a donc préféré dire stop. Pour ne pas encore empirer les choses.

À 36 ans, le mental ne suffit plus

Il y a quelques années, le jeune Rafael Nadal aurait peut-être réagi différemment. Ignoré cette déchirure et continué à assouvir son insatiable soif de records. Mais aujourd’hui, à 36 ans, la donne est différente.

L’Espagnol doit se préserver. Déjà à Roland-Garros, l’état de son pied avait inquiété. Au final, il s’en était brillamment sorti. Au mental, prouvant une énième fois que Nadal n’est probablement pas fait du même bois que le commun des mortels. Après le pied, ce sont finalement les abdominaux qui lâchent.

Et qui forcent Nadal à faire une croix sur ses ambitions. Cet abandon, ce n'est que le 2e de sa carrière en cours de route dans un Grand-Chelem après Roland-Garros 2016. Mais aujourd’hui, il ne veut plus décider pour son corps. Ou il ne peut plus le faire. Il le sait, la suite de sa carrière ne tient plus qu’à un fil. “Ça n’a aucun sens de jouer si je veux poursuivre ma carrière”, expliquait-il d’ailleurs, toujours en conférence de presse.

À 36 ans, Nadal doit donc commencer à faire des choix. Continuer à foncer, tête baissée, comme il l’a toujours fait ou commencer à se ménager ? Il a finalement opté pour l’option sagesse. Pour se préserver, privilégier le long terme et ne pas risquer une absence de 2 ou 3 mois.

Comme toujours, le contre-la-montre d’un retour est probablement déjà lancé. Avec l’US Open en ligne de mire ?

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