Cinéma

Rambo a 40 ans !

Rambo dans les bois, seul contre tous

© (Canal+)

23 oct. 2022 à 17:39Temps de lecture3 min
Par Nicolas Buytaers

Le premier épisode de cette saga (qui en compte 5) est sorti le 22 octobre 1982. Le temps d’un article, attardons-nous sur ses origines…

C’était pas ma guerre !

C’était peut-être pas sa guerre et pourtant il l’a si bien menée qu’aujourd’hui, Rambo est devenu une icône du Cinéma américain, un personnage souvent imité, rarement égalé. Mais reprenons tout depuis…

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Nous sommes le 22 octobre 1982, il y a tout juste 40 ans, quand les spectateurs américains découvrent sur grand écran Sylvester Stallone dans un nouveau rôle marquant, celui de John Rambo. Vétéran du Vietnam, Rambo est revenu du front complètement désabusé. Mais l’Amérique, pays lequel il s’est battu là-bas en Asie, refuse son retour. Ce pays refuse sa réintégration. On le chasse de partout. Il arrive dans cette petite ville du Kentucky. Une ville où l’ordre est maintenu par le shérif Teasle. Les deux hommes se cherchent, se frittent, se disputent. Une lutte d’ego qui amènera l’arrestation de Rambo par Teasle. Le shérif n’aime pas les cheveux longs de Rambo. Il veut les lui couper mais revivant les heures sombres de la guerre, Rambo se braque, se défend, tue l’un des hommes du shérif et s’enfuit. Commence alors une course-poursuite dans les montagnes, une chasse à l’homme… sanglante.

Teasle et Rambo, deux hommes qui vont se faire la guerre
Teasle et Rambo, deux hommes qui vont se faire la guerre © (Canal+)

Dès la sortie du film, le succès est au rendez-vous. "Rambo" propulse Sylvester Stallone au sommet. L’Etalon italien caracole en tête du box-office. Un box-office qu’il occupait déjà fièrement depuis le mois de mai 1982 après la sortie de "Rocky 3". Rocky ou Rambo, les spectateurs ne savent plus qui ils préfèrent. Il faut dire que les deux héros incarnent à merveille cette Amérique… avec ses qualités et ses défauts. Mieux encore, si Rambo relance la carrière de Stallone, le film lui confirme son statut de Monsieur Muscle d’Hollywood. La suite vous la connaissez, les films d’action font véritablement faire la loi aux Etats-Unis et partout dans le monde.

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Rambo est aussi et encore à l’origine d’un style cinématographique à part entière : la Rambosploitation. Dans son livre intitulé "Dans l’enfer vert de la Rambosploitation" (aux éditions Huginn & Muninn), le journaliste français Claude Gaillard explique qu’avec "John Rambo, l’Amérique de Reagan et le monde occidental, démocratique et libéral se sont trouvé une icône, une carte de visite contre l’empire du mal. En deux films, la machine de guerre est entrée dans l’imaginaire collectif, générant des codes que certains clones observeront avec la méticulosité du faussaire !"

Chuck Norris alias John Braddock dans "Portés disparus"
Chuck Norris alias John Braddock dans "Portés disparus" © (MGM)

Des clones et des films comme "Portés disparus" et "Delta Force" avec Chuck Norris, "Le Scorpion rouge" avec Dolph Lundgren et l’excellentissime "Commando" avec Arnold Schwarzenegger. Voilà pour les meilleurs.

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Du côté des pâles copies, ratées, un poil ringardes, vous avez des titres aussi parlants que "Terrorist commando", "Les guerriers de l’enfer", "US Warrior", "Cobra Mission" ou "Ramo" (oui sans le -b) soit la version turque…

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En réalité, à l’origine de "Rambo", vous avez un livre publié par l’écrivain canadien David Morrell en 1972 sous le titre "First blood" en VO, "Premier sang" en VF…

Les cercueils étaient alignés devant l’autel… Comment expliquer à ces gens le pourquoi de l’affaire ? Pourquoi il avait cru bon d’éloigner le gamin de la ville, pourquoi le gamin lui en avait voulu au point de le défier, et pourquoi, une fois pris dans l’engrenage, ni l’un ni l’autre n’avait pu se résoudre à céder…

Le film et le livre partagent beaucoup. Les points communs sont nombreux mais, comme souvent, le livre est plus riche, plus dense et c’est ce qui rend cette lecture (qu’on vous recommande vivement) primordiale.

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La célèbre punchline, la réplique culte de ce film, vous ne la trouverez pas dans ce livre. En fait, "Rambo" le livre est un drame psychologique plus qu’une aventure d’action. Sa construction est terriblement intelligente : un chapitre sur deux, on vit ce drame d’après le point de vue de Rambo… sans cesse appelé le gamin (on est bien loin du physique bodybuildé de Stallone) ! Donc, un chapitre sur deux, on vit ce drame selon le point de vue du shérif Teasle, lui aussi vétéran de guerre… celle de Corée, un vétéran qui a su se réadapter. Ces deux personnages sont présentés avec leurs faiblesses et leurs qualités. Ce ne sont ni des gentils ni des méchants. Et plus les pages se tournent, plus le lecteur s’attache à eux et n’arrive plus à faire la différence sur la justesse ou non de leurs actions. Sans cesse, on se pose cette question : qui a tort, qui a raison (alors que dans le film, le shérif Teasle, Brian Dennehy, est un sale type) ! ? Ce livre, c’est une partie d’échecs en pleine nature. Cette nature sauvage… mais aussi la nature humaine. Le lecteur se retrouve dans la tête de ces deux personnages. Il souffre avec eux… il tue avec eux… car cette histoire sur papier est beaucoup plus violente et sanglante que celle adaptée au cinéma… Et puis surtout il y a cette fin… que vous n’oublierez pas de sitôt !

Qui a tort ? Qui a raison ?
Qui a tort ? Qui a raison ? © (Canal+)

Pour conclure, que ce soit en livre ou au cinéma, "Rambo" nous parle du syndrome de stress post-traumatique, de l’indifférence, de la marginalité, de l’hostilité envers l’étranger. C’est malin, c’est dur, c’est prenant. Et plus que jamais d’actualité !

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