Champions League - Foot

Rangers - Union : "On doit se qualifier quitte à repartir avec 14 blessés et 22 suspendus"

Teddy Teuma est persuadé que l’Union peut faire quelque chose aux Rangers.

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09 août 2022 à 07:00 - mise à jour 09 août 2022 à 07:06Temps de lecture6 min
Par Jérôme Jordens

L’Union Saint-Gilloise se déplace chez les Glasgow Rangers pour tenter de confirmer son exploit du match aller et tenter d’arracher une qualification pour les barrages de la Ligue des Champions. Mais pour cela, il faudra dompter les Ecossais, portés par leur public. Ils seront 51000 dans le Ibrox Stadium et il faudra être solide pour ne pas craquer sous la pression. Teddy Teuma, le capitaine unioniste, n’est pas forcément stressé par l’événement et attend plutôt avec impatience de fouler la pelouse comme il l’a expliqué à Erik Libois, présent en Ecosse : "Je n’ai pas peur, je suis très content et j’ai même hâte de jouer dans un stade comme ça. Et si j’avais la chance de jouer tous les week-ends dans des stades comme ça, je serais le plus heureux. C’est pour ça qu’on fait du foot, pour jouer dans des stades comme ça, avec une atmosphère comme celle-là donc il n’y a pas de peur, beaucoup d’excitation et beaucoup de hâte de jouer ce match".

Et pour Teuma, ce sera un tout autre match qu’à l’aller et il faudra directement rentrer dedans : "On a deux buts d’avance, même si je n’ai pas envie qu’on se focalise sur ce match aller. J’ai envie qu’on parte sur un nouveau match, sur une autre façon de jouer, de ne pas rester derrière en se disant qu’il faut tenir le plus longtemps. Jouer notre football, être bien organisé et si on peut marquer, on ne va pas se gêner. Mais une certitude, avec la pression qu’ils vont nous mettre, on s’attend à une grande pression dans les 30 premières minutes. Il va falloir être prêt".

En tant que capitaine, il sait qu’il aura un rôle à jouer pour tenter de calmer ses partenaires : "J’ai un rôle très important et pour moi le plus important ça va être la gestion des émotions parce qu’on sait que dans le foot c’est 80% dans la tête. Il va falloir être très fort mentalement, gérer nos émotions parce qu’on va subir une pression énorme et c’est dans ces moments-là que moi et les cadres on a un rôle important. Il va falloir gérer ce match comme il faut et même dans l’éventualité où on concède un but, rien n’est fini, il va falloir rester dans ce match même si la pression risque d’être intense. Le mental est le plus important".

Celui qui est international avec Malte n’a pas pour habitude de se laisser impressionner et compte bien continuer sur sa lancée : "Mon tempérament, ma mentalité et la mentalité de toute l’équipe, on a un groupe qui veut gagner chaque match. On ne vient pas ici en victime en voulant tous rester derrière et défendre à tout prix. On vient ici pour jouer nos cartes et on va tout mettre en œuvre pour sortir un gros match".

Il sait également qu’en cas de contreperformance il sera sans doute sous le feu des projecteurs à cause du poids de ce brassard de capitaine : "Ça fait partie de mon rôle. Quand tout va bien, on va peut-être dire que le capitaine était en grande partie responsable de la réussite mais si on perd, ça fait partie du jeu aussi. Ça peut être en grande partie ma faute aussi. Ça fait partie des aléas du football et de ma responsabilité en tant que capitaine mais ce sont des choses que j’assume totalement donc ça ne me fait pas peur".

Même s’il semble confiant et minimise certains aspects de la rencontre, il sait que c’est peut-être le match le plus important de sa carrière : "Pour le moment ça pourrait l’être. Maintenant j’accorde aussi beaucoup d’importance au championnat et à plein d’autres choses mais en tout cas c’est vrai que c’est un match très important et ça peut être un des plus beaux moments de notre carrière donc c’est sûr que ça reste un match très important".

Moris : "L’Union se qualifiera, peu importe la manière"

Après la débâcle de ce week-end à Malines (3-0), certains doutes de la capacité des Unionistes à aller faire un résultat à Ibrox mais pour Anthony Moris, également passé au micro d’Erik Libois, cette défaite pourrait bien être positive et permettre de bien entamer cette rencontre face aux Rangers : "Je peux rassurer les supporters sur l’état d’esprit du groupe. Malgré la défaite de Malines, l’état d’esprit est toujours bon. Je suis partisan de prendre une claque de temps en temps. C’en était une à Malines, j’espère qu’elle est arrivée au bon moment. Ça permet de ramener les pieds sur terre. Ça a permis une remise en question, surtout en jouant tous les 3-4 jours. On continue d’apprendre avec un groupe qui a peu d’expérience à ce niveau-là. Demain il ne faudra pas tomber dans cette euphorie du 2-0 du match aller qui ne veut strictement rien dire parce qu’on va tomber sur une autre équipe des Rangers qui joue à la maison. On sait ce que le stade peut produire comme ferveur, comme ambiance mais ce sera à nous de déjouer tout ça dès le coup d’envoi".

S’il sait que l’ambiance sera présente, le gardien joue tout de même la carte de l’humour pour minimiser l’ambiance écossaise : "Ça va être chaud mais je n’ai pas regardé la température… Quand je monte sur la pelouse j’ai tendance à repenser à mon parcours. J’ai connu six mois de chômage, j’ai eu deux fois les ligaments croisés donc c’est que du bonus de jouer dans ce genre d’ambiance. C’est pour ça qu’on joue au foot. Je pense qu’il y a déjà le drapeau luxembourgeois là-bas au-dessus donc ça fait plaisir".

Sa plus belle ambiance, Moris l’a connue avec l’équipe nationale du Luxembourg : "Le stade du Sporting Lisbonne avec le Luxembourg lors de Portugal-Luxembourg. Ça nous avait boostés, on avait fait un bon match là-bas. Je ne fais pas trop attention aux supporters. J’ai tendance à dire qu’il faut justement prendre l’énergie adverse de notre côté. On l’a vu la saison passée, le match à Bruges lors des play-offs où après 13 secondes on se procure une grosse occasion alors que l’atmosphère ne plaidait pas en notre faveur donc c’est ce sur ce genre d’élément qu’il faut s’appuyer".

Pour Moris, l’Union a des armes pour embêter les Rangers : "La fougue, la folie, je pense que ce groupe est capable de beaucoup de choses et il faut garder ça. C’est certain que des occasions on va s’en créer demain. J’ai le sentiment. Donc il faudra juste l’efficacité nécessaire".

Mais comme pour Geraerts ou Teuma, pas question de garer le bus : "Ça n’a jamais été notre philosophie et ça ne le sera jamais. Ce serait la pire des choses pour prendre une taule. D’autres équipes ont déjà essayé contre nous de garer le bus et ça ne leur a pas réussi donc je ne vois pas pourquoi on devrait procéder de la sorte. Justement on est une équipe qui a cet instinct de folie, qui a quelque chose que les autres équipes n’ont pas. On le voit l’année passée dans plusieurs matchs où on pouvait se contenter d’un nul mais à la 99e minute on parvient à marquer un but contre Genk, deux buts en 30 secondes. C’est quelque chose de particulier qu’on n’arrive pas à expliquer mais sur lequel il faudra s’appuyer".

Par rapport à la saison, le noyau à un peu changé mais Moris sait que l’atout principal de l’Union reste son groupe et sa mentalité et que ces éléments sont toujours bien présents : "On a toujours eu la même confiance. On est peut-être un peu plus rassuré sur notre niveau et sur les départs qu’il y a eus et ce qui a pu être dit à gauche, à droite. Le club a bien travaillé pour recruter à différentes positions. C’est dommage que nos attaquants ne soient pas fit pour pouvoir nous aider mais je suis sûr que l’organisation est toujours là, il ne faut pas oublier qu’on joue avec 80% de l’équipe de l’année passée donc ce sera un atout aussi".

Pour se préparer à l’ambiance écossaise, le portier a pu compter sur un membre du staff qui connaît bien Ibrox : "J’ai parlé avec Logan Bailly, mon entraîneur des gardiens, qui a joué dans le stade d’à côté et il dit qu’il faut prendre du plaisir dans ce genre de match. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de jouer ce genre de rencontre malheureusement. C’est juste profiter de l’instant présent. C’est pour ça qu’on joue au foot depuis tout petit. On parle quand même d’une éventuelle qualification pour les barrages de Ligue des Champions".

Mais entre joueurs, l’ambiance et l’importance de l’événement n’ont pas forcément été au centre de la conversation : "On n’en a pas forcément parlé entre nous. Chacun prépare son match à sa façon. Il y en aura peut-être qui seront un peu plus stressés que d’autres mais ce sera aux leaders et aux cadres de l’équipe de montrer la marche à suivre et on va prendre ce rôle à cœur".

Et pour motiver les joueurs, pas question de sortir le chéquier plus que de raison : "La prime était établie il y a longtemps et elle n’a pas bougé par rapport au match aller".

Pour Moris, le scénario idéal est clair : "L’Union se qualifie, c’est tout ce que je veux savoir. Peu importe la manière, si on doit repartir d’ici avec 14 blessés et 22 suspendus, je n’en ai rien à faire mais l’Union se qualifiera".

Mais le gardien a tout de même un souhait, éviter la séance de tirs au but : "On a travaillé ça contre Brighton mais quand je vois mes stats sur penalty, j’espère qu’on n’ira pas jusque-là. Le seul que j’ai arrêté la saison passée, il a été retiré. Avec Malines, j’en avais arrêté un à Eupen mais la saison passée je n’ai pas eu une grande réussite".

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