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Ransart : le pain goûtu de la boulangère

Caroline Bietlot prépare la pâte de ses baguettes
06 mars 2020 à 15:37Temps de lecture2 min
Par A.Gonzalez

Le Pain Goutu anime un petit coin de Ransart depuis 3 ans et demi maintenant. En plein milieu de matinée, c’est le coup de feu dans la boulangerie. Caroline, la gérante, sert ses nombreux clients avec le sourire et un petit mot pour chacun. "Contente de vous revoir, c’est toujours un plaisir", lance-t-elle à l’une de ses clientes.

La clientèle ne choisit pas cette boulangerie par hasard. "J’ai beaucoup le côté bio, le pain au levain et les bonnes farines", explique une jeune cliente en payant son pain. "Ici, c’est vraiment de la farine de qualité, c’est vraiment ce que je cherchais", commente une dame en entrant dans la boutique. "Une seule tranche de pain équivaut à 2 ou 3 tranches d’une autre boulangerie. C’est consistant, on sent qu’on mange quelque chose de bon", ajoute un monsieur en commandant.

Patrizia, l’une des vendeuses, est contente de pouvoir compter sur la présence de Caroline, car c’est la foule des grands jours. "D’habitude, Caroline est dans son atelier à préparer les pains et les viennoiseries. Je suis très content de pouvoir compter sur sa présence en boutique, c’est très chouette de travailler avec elle", précise-t-elle.

Un travail d’artisan et des produits de qualité

La philosophie de Caroline : donner le plaisir de manger.

La philosophie de Caroline : donner le plaisir de manger. À 46 ans, cette ex-enseignante a quitté sa mallette de prof pour une toque de chef boulangère. Rapidement, elle s’est imposé un nouveau rythme de vie et des valeurs. "En général, je me lève vers 3 ou 4 heures du matin. Tout dépend de la quantité de travail. Le week-end, par exemple, je me lève plus tôt. Ma philosophie est simple : prendre du temps. D’autres boulangers vont peut-être un peu trop vite. Ici, toutes les pâtes ont le temps de se révéler ", indique-t-elle.

Le secret de la révélation réside dans la préparation de la pâte et le choix des farines. Des farines bios, triés sur le volet. "Ici, je mélange 3 sortes de farines dans des proportions que j’ai moi-même choisies. Après on ne les change plus, car cela répond à ce que j’attends et à ce mes clients attendent", ajoute la boulangère.

Du projet personnel à l’entreprise familiale

En milieu de matinée, c'est le coup de feu, les clients sont très nombreux à se rendre chez Caroline pour acheter son pain
Toute la famille contribue à la boulangerie

Caroline fait partie des quelques femmes maîtres boulangères. Souvent, la pénibilité du métier décourage les apprenties. Pourtant, les conditions ont changé, mais les clichés ont la vie dure. "J’ai deux ouvrières. Parfois, les gens se posent des questions en disant que c’est du travail de nuit. Comme si le travail de nuit était réservé aux hommes, mais il y a énormément de femmes qui travaillent la nuit aussi. De plus, les conditions du métier ont changé. C’est plus facile pour une femme. Elle ne doit plus porter énormément de choses lourdes. Parfois, on a des sacs de 25 kilos à porter, mais on peut le faire !", s’exclame-t-elle.

Elle fait partie du club restreint de femmes boulangères, la fierté de Caroline, c’est la réussite de son projet. "Si je sors du lot ? J’espère sortir du lot en tant que femme qui s’affirme aussi comme gérante d’une entreprise, capable de faire de bons investissements et de réaliser les projets que j’ai imaginés", conclut-elle.

La preuve son succès, des étalages complètement vides en début d’après-midi. Des clients se présentent au magasin, mais s’ils n’ont pas réservé, ils doivent revenir le lendemain. Aujourd’hui, du mari aux enfants, tout le monde contribue à l’aventure de Caroline devenue une entreprise familiale. "Au début, je n’y croyais pas, mais quand je vois ce qu’elle a réalisé, je me dis que c’est incroyable. Je suis très fier d’elle !" confie sa fille Marie.

Même si parfois ses élèves lui manquent, Caroline ne changerait de métier pour rien au monde aujourd'hui.

Portrait d une des rares boulangères en activité en Belgique

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