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RDC : 150 civils tués en deux mois, l’ONU s’inquiète de la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est

Un militaire Congolais se dirige vers un camp à Rutshuru, Est de la RDC le 28 janvier 2022.

© Glody Murhabazi

03 mars 2022 à 15:03Temps de lecture2 min
Par Glody Murhabazi

"1,88 milliard de dollars américains ", c'est le montant que veut le bureau de la coordination humanitaire de l'organisation des Nations-Unies (OCHA) pour soulager la crise alimentaire et sécuritaire qui frappe littéralement la partie Est de la République démocratique du Congo.

Dans son dernier rapport publié le 28 février dernier, les Nations-Unies tracent un tableau sombre de l'évolution de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu, l'Ituri, ainsi le Sud-Kivu notamment.

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Inquiétante crise alimentaire

La crise ne fait que s'empirer dans l’Est de la RDC, vu la poursuite des tueries. En Ituri, 3 millions de personnes sont confrontées à une crise alimentaire aiguë, renseigne l'ONU.

"La province comprend 2,8 millions de personnes dans le besoin et plus de 1,9 millions de personnes déplacées internes. D'autres indicateurs sont tout aussi alarmants : l’insécurité alimentaire affecte près de 3 millions de personnes, notamment dans le territoire de Djugu dont 20% de la population se trouve en phase d'urgence. La malnutrition aiguë sévère affecte près de 5.000 enfants de moins de 5 ans", rapportent les Nations-Unies.

Une situation qui affecte aussi au plus haut point le secteur éducatif. "290 écoles ont été détruites ou endommagées en Ituri depuis le début de la crise".

Massacre de 150 civils en deux mois

Dans la province du Nord-Kivu et particulièrement dans sa partie nord à Beni, l'ONU indique qu'à travers ses différents rapports, il a été constaté le massacre de cent cinquante civils dans différentes offensives des groupes armés, et cela sans compter les dégâts matériels et des déplacements massifs des habitants.

"La zone de santé de Kamango, considérée comme une zone d’accueil des personnes déplacées jusqu’ici, est la plus touchée depuis le début de l’année : au moins huit attaques y ont fait environ 40 morts, avec un centre de santé incendié, contraignant une organisation humanitaire à suspendre partiellement son projet d'assistance sanitaire", s'insurge l'ONU dans ce rapport consulté par la RTBF.

Lundi dernier, 23 civils ont été tués dans une attaque des terroristes ADF au village Kikura, en territoire de Beni au Nord-Kivu. L’armée avait, quelques heures plus tard, annoncé avoir tué 17 terroristes auteurs de ce énième carnage. Des évènements qui perpétuent le cycle de violence et cela malgré l’intervention de l’armée Ougandaise quelques mois.

 

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Les conflits intercommunautaires ne sont pas du reste

Si ce sont les groupes armés locaux et étrangers qui sont plus accusés dans la déstabilisation de la partie Est du Congo, les violences entre communautés font aussi des ravages dans la province du Sud-Kivu où 13.000 personnes ont été forcées à abandonner leurs villages suite aux affrontements entre les milices d'autodéfense et ou des rebelles burundais.

"Dans les Hauts-Plateaux voisins, de nouveaux affrontements entre groupes armés dans les groupements de Bijombo et Kigoma ont eu lieu du 27 au 29 janvier dans plusieurs villages. Une partie des habitants, près de 8.000 personnes, s’est déplacée vers la ville d’Uvira et dans la plaine de la Ruzizi, ajoutant une pression supplémentaire aux plus de 35.000 personnes déplacées déjà présentes dans la plaine", poursuit le rapport onusien.

En réponse à cette crise, les partenaires humanitaires du gouvernement Congolais disent avoir besoin d’un total d’1,88 milliard de dollars américains pour "sauver les vies de 8,8 millions de personnes ciblées pour recevoir l’aide d’urgence sur les 27 millions de personnes dans le besoin".

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