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RDC : à Beni, les manifestations anti-ONU se poursuivent, les autorités congolaises usent de tirs de sommation

Des manifestants anti ONU devant une base de la Monusco à Goma, le 26 juillet 2022

© Michel Lunanga

01 août 2022 à 10:03 - mise à jour 01 août 2022 à 11:51Temps de lecture3 min
Par AFP

La police et l’armée congolaises ont usé lundi de tirs de sommation pour disperser des manifestants qui s’approchaient d’une base de la Mission des Nations unies dans l’est de la République démocratique du Congo (Monusco) au lendemain du meurtre par des Casques bleus de deux Congolais, a constaté un correspondant de l’AFP.

Des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et des militaires ont tiré en l’air, pour disperser deux colonnes de dizaines de manifestants anti-Monusco dans la ville de Beni à l’appel des mouvements pro-démocratie, a constaté le correspondant de l’AFP à Beni (Nord-Kivu, est).

Les forces de sécurité congolaises ont installé des tentes et érigé des périmètres de sécurité devant les installations de la Monusco dans la ville de Beni. Les Casques bleus ont aussi renforcé les mesures de sécurisation de leurs installations avec des véhicules blindés et des chars de combat, a encore constaté le correspondant de l’AFP.

"Nous sommes face à une force qui dispose de tous les moyens militaires, logistiques et financiers pour mettre fin aux activités des groupes armés. Elle n’en fait pas usage par conséquence, nous demandons le départ de ces touristes", a déclaré Losuire Shabani, du mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha).


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"Nous manifesterons jusqu’à obtenir effectivement ce départ maintenant que des Casques bleus nous tuent à la place des miliciens armés", a-t-il ajouté, alors qu’il lançait des messages pour galvaniser des manifestants. La Monusco est présente en RDC depuis 1999 avec comme mission de neutraliser la centaine de groupes armés locaux et étrangers actifs dans l’Est congolais.

Dimanche, des Casques bleus de retour de congé en Ouganda ont ouvert le feu avant d’ouvrir la barrière et traverser la frontière congolaise au poste frontière de Kasindi, à Beni. Deux personnes ont été tuées et 15 blessées.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres s’est dit "outré", la Monusco a traité cette fusillade "d’incident grave", "inqualifiable et irresponsable", alors que le gouvernement congolais a condamné cet incident et appelé la population "au calme".

Hommage aux Casques bleus

Les membres de la mission des Nations unies et le secrétaire général adjoint de l'ONU Jean-Pierre Lacroix ont rendu hommage lundi à Goma - en l'absence des autorités congolaises - à cinq Casques bleus tués en une semaine dans l'est de la République démocratique du Congo.

Un Casque bleu marocain a été tué mardi à Butembo lors de violentes manifestations anti-Monusco. Dans les mêmes circonstances, deux policiers de l'ONU de nationalité indienne étaient également tués. Du côté des manifestants, il y a eu neuf morts selon des sources hospitalières.

Le lendemain, le commandant Mouhamed Rami, de nationalité marocaine, est mort de manière "accidentelle", a déclaré Bintou Keita, la cheffe de la Monusco à Goma où les hommages étaient rendus aux Casques bleus.

Un cinquième Casque bleu, le Marocain Abdelaziz El Maskyni, a été tué dans la ville de Bunagana, en territoire de Rutshuru où les Casques bleus appuient les Forces armées de la RDC dans les opérations contre le Mouvement du 23 mars, une rébellion soutenue par le Rwanda, selon les autorités congolaises.

Lors de cette cérémonie d'hommage aux Casques bleus, les drapeaux indien, marocain, onusien et congolais flottaient côte-à-côte, mais aucun officiel congolais n'était présent.

"Il nous faut être attentifs aux raisons parfois complètement infondées qui motivent cette hostilité (envers les Casques bleus) pour en tirer toutes les leçons et travailler conjointement avec les autorités congolaises pour apporter les améliorations nécessaires", a déclaré Bintou Keita.

"Le meilleur service que nous puissions rendre à tous ceux qui ont perdu la vie, c'est de redoubler d'efforts et le faire de manière à ce que ces épisodes de violences ne se reproduisent plus", a exhorté Jean-Pierre Lacroix, chef du département de paix de l'ONU.

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