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RDC : combats entre l'armée et le M23 dans l'est après une semaine d'accalmie

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06 avr. 2022 à 18:31Temps de lecture2 min
Par Belga

Les combats entre l'armée et le mouvement rebelle M23 ont repris mercredi dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, après une semaine d'accalmie, a-t-on appris de sources locales.

Certaines collines occupées par le "Mouvement du 23 mars" depuis le début de la semaine dernière dans le territoire de Rutshuru, frontalier de l'Ouganda, ont été reprises par les Forces armées de la RDC (FARDC), mais d'autres ont résisté et les combats se poursuivaient en fin de journée.

"Nous avons l'ennemi sur notre territoire, c'est normal qu'on les combatte jusqu'à les pousser dehors", commentait dès le matin le colonel Muhindo Lwanzo, directeur de cabinet de l'administrateur militaire du territoire. Selon lui, les rebelles ont fui la colline de Bugusa, située non loin de la route principale reliant Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, à la frontière ougandaise, "avant que l'armée n'arrive sur zone".

"Les combats continuent, l'armée a récupéré plusieurs villages dont Bugusa, Gizisa, Cheya...", précisait en fin d'après-midi Damien Sebuzanane, président de la société civile locale. Selon lui, "la résistance s'observe seulement à Runyoni et Tchanzu", secteur où huit Casques bleus sont morts le 29 mars dans le crash encore inexpliqué de leur hélicoptère.

"Le M23 a réussi à repousser l'armée côté Est à Runyoni", a confirmé un habitant d'un village tout proche, Georges Dusabe Zikama. "La population continue à fuir les villages", a-t-il ajouté.

M23 accuse l'armée congolaise

L'armée congolaise est "venue nous attaquer, nous avons riposté vigoureusement", a déclaré dans un message vidéo le porte-parole du M23, Willy Ngoma, en affirmant que les FARDC, "en débandade", avaient "pris la poudre d'escampette".

Issu d'une ancienne rébellion tutsi congolaise, le M23, aussi appelé "Armée révolutionnaire congolaise", avait été vaincu en 2013 par les FARDC mais il est réapparu en fin d'année dernière, reprochant aux autorités de Kinshasa de ne pas avoir respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Les 28 et 29 mars, il était sorti de ses bastions d'altitude pour venir attaquer des positions de l'armée.  

Après deux jours de violents combats, qui avaient provoqué la fuite de plusieurs dizaines de milliers de villageois vers le centre de Rutshuru et vers l'Ouganda, les rebelles avaient déclaré un "cessez-le-feu unilatéral", en affirmant souhaiter "un règlement pacifique de la crise qui (les) oppose au gouvernement".

Depuis, l'armée avait envoyé des renforts dans la région et la population apeurée s'attendait à une reprise des combats, refusant de regagner les villages occupés par la rébellion.

 

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