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RDC : le président du Sénat réclame le départ de la Mission de l'ONU et des Casques bleus

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16 juil. 2022 à 13:51Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Anthony Roberfroid

Le président du Sénat congolais, Modeste Bahati Lukwebo, a réclamé le départ de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) et dénoncé un "complot" contre le pays, lors d'une visite dans l'est troublé, rapportent samedi des médias locaux. .

"Voilà, la Monusco (la Mission de stabilisation de l'ONU en RDC, ndlr), elle doit plier les bagages", a-t-il déclaré vendredi à Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, lors d'un meeting devant des militants de l'Union sacrée, la coalition qui soutient l'action du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

M. Bahati s'est plaint de ce que la Monusco soit présente depuis 22 ans dans le pays, avec près de 20.000 hommes (actuellement 14.100 Casques bleus, contre 19.815 en 2015, ndlr), sans parvenir à ramener la paix. "Nous-mêmes nous allons assurer la paix, la sécurité et l'intégrité du territoire", a affirmé l'allié de M. Tshisekedi - et protocolairement le deuxième personnage de l'Etat en RDC. 

"Vous le savez, la communauté internationale nous a déçus dernièrement lors du Conseil de sécurité, lorsqu'on n'a pas voulu lever l'embargo sur l'acquisition des armes par la République démocratique du Congo. Je pense que tout est clair et que le complot est total", a-t-il ajouté. 

Le régime de sanctions prolongé d'un an

Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé le 30 juin dernier pour un an le régime de sanctions imposé à la RDC - mais qui est distinct d'un embargo. Ce régime de sanctions oblige en effet Kinshasa à des notifications préalables à l'acquisition d'armements. Ce que la RDC estime aller à l'encontre de sa souveraineté et limite, selon elle, sa capacité à combattre les groupes armés qui continuent de proliférer notamment dans l'est. 

A la différence de l'ex-président Joseph Kabila qui réclamait régulièrement le départ de la Monusco, M. Tshisekedi a plutôt montré jusqu'à présent de bonnes dispositions à l'égard de l'ONU

"Je pense qu'il est grand temps que nous-mêmes, nous puissions nous assumer. La plus grande arme, c'est notre population, la détermination de la jeunesse. Je sais qu'avec cet esprit-là, avec un élan de solidarité, de patriotisme, de combativité, nous allons vaincre l'ennemi, quoi qu'il en soit", a encore dit le président du Sénat, en appelant les jeunes à s'engager au sein des Forces armées de la RDC (FARDC).

Il a tenu ces propos alors que la RDC est confrontée à des tensions renouvelées avec le Rwanda et l'Ouganda voisins, Kinshasa accusant Kigali de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). Ce que le Rwanda dément.

Ancienne rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013, le M23 a repris les armes en fin d'année dernière, en reprochant au gouvernement de Kinshasa de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation et la réinsertion de ses combattants.

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