Re-Cycle : L'univers de la musique en BD

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11 avr. 2020 à 06:45Temps de lecture2 min
Par Frédéric Vandecasserie

Les liens entre le rock et la bande dessinée, c’est un peu comme le rock et la transpiration en dessous des bras : c’est indissociable. Mais il y a une tendance qui fait de plus en plus son chemin, c’est la biographie de musiciens en bande dessinée. En fait, le rock et la BD fonctionnent main dans la main depuis un moment.

On connaît tous la série ''L’enfer des concerts'' de Zep, ou le fameux 'J’aime pas la chanson française'' de Luz, mais il existe aussi des cas un peu spéciaux où les dessinateurs se sont emparés de l’histoire de certains groupes. On va faire un petit tour d’horizon, et commencer par l’un des groupes les plus présents en livres tous styles confondus : ce sont les Ramones.

Pourtant, la BD ''One, two, three, four, Ramones !'' arrive encore à nous étonner. Parce que le dessin est au diapason de la musique du groupe ! Il est nerveux, tendu, détaillé mais pas trop. Mais ce livre ne s’arrête pas là, et c’est bien pour ça qu’on vous en parle ! Il va au-delà de l’histoire du groupe en plantant carrément le contexte du New York du milieu des années 70.

Dans le même genre, on signalera aussi ''Johnny Cash – I see a darkness''. Originalité de ce bouquin : il ne retrace pas l’histoire de Cash de A à Z, mais s’attarde sur certaines parties de sa vie. Et surtout sur son enfance, parce que tout part de là ! Et c’est son parcours de bambin qui aura de fameuses répercussions sur sa carrière. C’est signé Reinhard Kleist qui vient de récidiver il n’y a pas longtemps avec une BD sur Nick Cave, qui s’intitule ''Mercy on Me''. Et, là aussi, c’est fascinant parce que ce n’est pas uniquement la vie du crooner australien qui est disséquée. En fait, cette incursion dans la vie de Nick Cave convoque les personnages de ses chansons en parallèle de la vie réelle du chanteur, dans un va-et-vient passionnant. Tant son vécu et ses histoires d’amour, en particulier, ont inspiré son écriture. Le rocker se révèle comme un homme en plein malaise, avec ses contradictions, ses pulsions destructrices, ses délires… Mais il a toujours su les apprivoiser pour en nourrir son œuvre. Et la preuve ultime en est son dernier album, le magnifique ''Ghosteen'', où il parle parfaitement de ses sentiments juste après le décès accidentel de son fils.

Et il existe des albums de BD encore plus originaux qui parlent de musique. Et là, je pointerais ''Charlotte Gainsbourg mon Amour'' de Fabrice Tarrin. Ce n’est pas une bio de la fille du Grand Serge, mais plutôt une fameuse déclaration d’amour où des anecdotes sur la vie de Charlotte jouent à saute-mouton avec des éléments de pure fiction. Le livre raconte cette histoire, en fait : depuis qu’il a passé l’âge de se coucher à 21 heures, Fabrice regarde la télé après chaque dîner, avec sa mère, son frère et son beau-père. Pour Fabrice, le monde se divise en 2 catégories : ceux qui regardent la télé à heure fixe et ceux qui sont dans la télé. Ceux-là sont bien plus cool. Et puis il y a ce fameux soir où il découvre le clip de ''Lemon Incest'' avec Charlotte Gainsbourg… C’est léger, drôle et c’est un excellent angle d’attaque de la musique par la bande dessinée. Et puis, il n’est pas le seul à craquer sur Charlotte, mais ça, c’est une autre histoire.

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