Documentaires La Trois

Réchauffement climatique : le cerveau influence l’immobilisme

Climat, mon cerveau fait l'autruche

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Par Fanny Guéret via

Pourquoi ne parvenons-nous pas à changer nos habitudes de vie et de consommation malgré le constat alarmant des climatologues ? La faute à notre cerveau, et plus précisément à des mécanismes psychiques qui nous aveuglent et nous paralysent face aux enjeux environnementaux. Ce sont les phénomènes de distorsion de la réalité, et nous les décrypter, c’est tout l’enjeu des neuroscientifiques dans ce documentaire, aussi intéressant que didactique et déculpabilisant.

La température monte et si on ne réduit pas drastiquement nos émissions de CO2, la planète deviendra tout simplement invivable. On assiste déjà à des phénomènes de canicule et d’inondations effrayants et pourtant, malgré une prise de conscience réelle, on ne réagit pas, ou peu. Cette menace réelle continue de nous sembler irréelle. Alors, qu’est-ce qui coince ?

Beaucoup de mécanismes cérébraux expliquent l’inaction. Parmi eux, "le décalage temporel entre les causes et les effets" explique Albert Moukheiber : "Si je recycle, y a pas un arbre qui apparaît chez moi. Et si je ne recycle pas, y a pas de punition, y a pas une banquise qui me tombe sur la tête."

Autre explication : le biais de confirmation, autrement dit, la tendance de notre cerveau à ignorer les informations qui contrarient nos convictions.

Il y a aussi le fameux "effet spectateur": des expériences ont montré que plus les personnes sont nombreuses à réagir à quelque chose, plus on se repose sur eux et on ne réagit pas.

Quant à l’optimisme, c’est ce biais cognitif qui nous conduit à minimiser l’impact négatif d’un événement. Et celui de la culture nous laisse toujours penser que nous sommes tout-puissants, au-dessus de la nature, et par conséquent que l’on sera toujours sauvé par le progrès technologique.

Climat, mon cerveau fait l'autruche
Climat, mon cerveau fait l'autruche © Capture d'écran

Internet joue aussi un rôle dans le déni climatique et influence l’opinion par son mode de fonctionnement. La désinformation en ligne inquiète les spécialistes car des études ont montré qu’on s’accroche à une croyance si elle est partagée par d’autres, et sur les réseaux sociaux, vous trouverez toujours des gens qui sont d’accord et qui se rassemblent autour de croyances, aussi ahurissantes soient-elles ! Ces commentaires ont une influence psychologique certaine sur les informations officielles.

Une chercheuse en neurosciences s’est, elle, intéressée à nos comportements d’achats et nous fait voir par quels mécanismes nous sommes poussés à acheter toujours davantage. Et à travers une expérience d’imagerie cérébrale, elle tisse un lien direct entre ce que nous possédons et l'importance accordée à notre statut social.

Après avoir visionné ce film et intégré les mécanismes psychiques qui nous empêchaient de regarder la situation en face… Serons-nous aptes à agir individuellement et contrer ces mauvais réflexes ? Le documentaire ne le dit pas, ce sera à nous de l’expérimenter, même si, évidemment, tout ne repose pas sur nous, citoyens, car les réponses données à la crise climatique doivent venir, avant tout, d’un vrai changement structurel des politiques.

Climat, mon cerveau fait l'autruche, un documentaire à ne pas manquer le lundi 20 mars à 20h35 sur La Trois, et à revoir sur Auvio.

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