Musique

Redcar (Christine and the Queens) sur sa dysphorie de genre : "On lisse beaucoup le propos, comme si cette libération n’était pas un combat"

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© Christian Vierig – Getty Images

Redcar, anciennement appelé "Christine and the Queens", revient avec le projet "Redcar les adorables étoiles", le prologue d’un opéra aux sonorités très 80’s qui sera suivi d’un spectacle mêlant la musique à la danse et au théâtre. Lors d’une interview accordée à Numero, l’artiste qui se genre désormais au masculin a traduit sa quête spirituelle.

Si l’amour, la croyance, l’affirmation de soi et la mort sont les thématiques du projet Redcar, c’est parce qu’il est la traduction de la quête spirituelle de l’artiste. "Il s’agit du prologue d’un opéra qui comprendra plusieurs actes et qui se dévoilera au fur et à mesure, tout comme les choses se dévoilent au fur et à mesure à moi dans ma vie.", a-t-il expliqué lors d’une interview pour Numero.

Le projet Redcar est en cours depuis 2 ans maintenant. Et si l’artiste qui se faisait appeler "Christine and the Queens" avant "Chris" a récemment opté pour le pseudo "Redcar", c’est pour le lier à une période bien précise de sa vie. En effet, la traduction française est "voiture rouge", évoquant alors les jouets pour enfants car Redcar en était un, ou plutôt, n’en était presque plus un lorsque sa dysphorie de genre a commencé. Lors de l’interview, il a partagé ceci : "J’ai profondément investigué ma dysphorie de genre, qui a commencé vers mes 12 ou 13 ans, également pour mieux danser. Danser demande de se connaître soi-même, alors il fallait que je me connaisse mieux pour mieux danser. Parce qu’en tant que danseur, comme je n’arrivais pas à m’envisager pleinement dans mon genre, j’effectuais des mouvements comme si j’étais empêché de moi-même. J’avais l’impression de danser de manière trop inélégante pour un corps de ‘femme’."

Mais le combat n’a pas été si simple pour que Redcar soit en accord avec lui-même. Bien qu’il recevait des messages de personnes trans* qui le remerciaient, il n’avait pas conscience de sa situation. Parfois en souffrance d’être qui il est, l’ancien "Chris" a mené une introspection parfois très douloureuse. "On lisse beaucoup le propos, comme si cette libération n’était pas un combat, parfois cher payé dans ses isolements et ses souffrances. Ce ne sont pas les flashs qui m’ont aidé à me voir ; c’est la lumière intérieure, que j’ai cherchée en faisant taire toutes les autres". Et le déclic ou plutôt "le choc tellurique", Redcar l’a eu au décès de sa mère. "Je n’avais plus besoin de performer le peu de ‘fille’ que je pouvais performer, car si j’étais dans cette performance, c’était pour protéger les gens que j’aimais profondément et qui avaient eux-mêmes leurs blessures.", a-t-il confié.

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