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Réfugiés ukrainiens à Bruxelles : le Samusocial double ses capacités d’intervention et ouvre 30 nouvelles places d’accueil

Les Ukrainiens dorment dehors devant le centre d’enregistrement Bordet.
10 mars 2022 à 05:21Temps de lecture3 min
Par Karim Fadoul et Geoffroy Fabre

Afin de répondre à la nouvelle crise des réfugiés venus d’Ukraine, le Samusocial a décidé de doubler sa capacité d’intervention mobile. L’institution va également déployer "chaque soir" deux équipes qui interviennent simultanément dans les rues de Bruxelles, annonce-t-elle dans un communiqué.

L’objectif du Samusocial face à la situation critique de ces derniers jours est d’assurer "une veille humanitaire minimale auprès des personnes sans abri et des réfugiés devant passer la nuit en rue", mais aussi "offrir un hébergement d’urgence aux personnes identifiées comme extrêmement vulnérables dont les familles avec enfants de moins de trois ans". Les équipes du Samusocial vont également "distribuer couvertures, nourriture et boissons chaudes aux autres personnes restant en rue".

Il y a beaucoup de femmes et d’enfants

"On sent que le réseau est saturé. Globalement le nombre de personnes forcées de dormir dehors en général est en train d’augmenter sur Bruxelles", réagit Sébastien Roy, directeur du Samusocial, auprès de la RTBF. Il s’agit notamment de personnes en attente de pouvoir enregistrer leur demande d’asile ou de protection subsidiaire. Et "parmi les personnes en provenance d’Ukraine, il y a beaucoup de femmes et d’enfants. Mardi, à minuit à la Gare du Midi, on a trouvé une solution d’urgence pour une femme et son bébé." Une vingtaine d’autres personnes, dormant devant la gare, ont également été aidées.

Depuis lundi soir, on compte aussi une trentaine d’Ukrainiens qui dorment chaque nuit devant le centre d’enregistrement Bordet, ouvert le week-end dernier et "une cinquantaine d’autres réfugiés attendant de pouvoir enregistrer leur demande d’asile en dormant devant le Petit Château".

"Nous sommes non seulement dans un réseau où l’accueil Fedasil est saturé mais aussi l’accueil des sans-abris. Nous sommes dans une ville où il y a bien plus de personnes qui dorment dehors que de capacités d’hébergement", ajoute Sébastien Roy. "L’offre a du mal à suivre la demande même s’il y a beaucoup de mobilisation et d’énergie de la part des différents acteurs, associatifs ou par Fedasil."

Il n’empêche : la situation actuelle est inédite. Selon le Samusocial, "les besoins risquent d’être autrement plus importants dans les jours et les semaines à venir, le nombre de personnes fuyant l’Ukraine augmentant de façon continue".

D’abord des places d’hébergement

"Les personnes arrivent à Bruxelles dans un endroit qu’elles ne connaissent pas. Et la seule chose qu’on peut leur offrir via nos équipes mobiles, ce sont des plans pour aller jusqu’à Bordet, de l’eau et des couvertures si c’est la nuit. Mais ce que cherchent d’abord les personnes qui ont des enfants, ce sont des places d’hébergement."

Raison pour laquelle, donc, 30 nouvelles places d’hébergement humanitaires sont ouvertes depuis ce mercredi à Molenbeek afin de cibler les personnes vulnérables, "à savoir les mamans et les enfants en bas âge, identifiés par nos maraudes pour avoir un hébergement et être considérés comme prioritaires le lendemain pour leur enregistrement à l’ancien hôpital Bordet", précise Sébastien Roy.

Petit Château

Cette crise de l’asile s’ajoute aux difficultés déjà rencontrées au Petit Château. "La situation y est plus préoccupante pour tout un tas de raisons. La première est que les demandeurs de protection internationale qui ne sont pas Ukrainiens (NDLR : en provenance principalement d’Afrique ou du Moyen-Orient dont l'Irak et la Palestine) font face à un réseau d’accueil saturé. L’afflux des Ukrainiens ne présage rien de bon pour eux. Il ne faut pas abandonner ces personnes-là non plus. Il ne faut pas entretenir une sorte de concurrence."

Le résultat reste que "ce sont des dizaines de personnes qui restent sans abri dans l’ombre des murs du Petit-Château alors qu’elles doivent pouvoir bénéficier d’un hébergement dans le réseau d’accueil Fedasil".

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