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Réfugiés ukrainiens : la détresse de certaines familles d’accueil

Réfugiés ukrainiens : Un accueil important mais parfois difficile

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16 oct. 2022 à 07:46Temps de lecture2 min
Par Valentin Lecocq et Sofia Cotsoglou

Depuis le début de la guerre en Ukraine, 58.500 Ukrainiens ont obtenu le statut de réfugié en Belgique. Beaucoup ont été accueillis dans des familles qui ont voulu apporter leur aide au moment où la guerre a éclaté. Mais au fil des mois, l’accueil qui était censé être temporaire s’est prolongé donnant lieu à des situations parfois difficiles.

Anne Félix et Jean-François Dizier sont deux carolos qui ont accueilli une famille avec deux enfants. Ils devaient initialement rester trois mois. Mais six mois plus tard, la famille ukrainienne est toujours là. " J’ai fait les démarches auprès du CPAS, de la plateforme d’accueil d’urgence, de Fedasil. Chaque fois, on m’a répondu que ces personnes étaient placées, et que ce n’était plus de leur compétence.", explique Anne Félix.

Le refus des propriétaires de louer leurs logements aux Ukrainiens

Pour Anne et Jean-François, la difficulté première est de trouver un logement pour la famille ukrainienne, car le couple a besoin de récupérer les deux pièces occupées par les réfugiés. En effet, Anne souhaiterait accueillir ses parents gravement malades. "Ils sont vieux. Leur état ne s’arrange pas. Je suis un peu angoissé, car je n’ai pas envie de passer par la case "placement dans un home".

Malgré 1900 euros d’allocations familiales et de revenu d’intégration sociale, il est très difficile pour la famille ukrainienne d’être acceptée dans un logement à Charleroi. La plupart des propriétaires privés refusent de louer à des Ukrainiens. "Beaucoup de propriétaires ont le souci de se demander s’il sera facile de communiquer avec des personnes qui ne parlent pas le français. La barrière de la langue est un frein. Il y a aussi la question de savoir si ces personnes seront en mesure de payer les factures", explique Eric Dossimont, directeur du service social au CPAS de Charleroi.

Aurore a dû quitter sa maison

Aurore Letot, elle, n’a eu d’autre choix que de quitter sa maison. Elle a accueilli des retraités ukrainiens il y a 7 mois mais ils refusent de partir. Cette infirmière vit donc désormais chez son compagnon, sans beaucoup d’espoir de réintégrer sa maison.

"J’ai quitté mon confort pour aller vivre avec mon compagnon. On sait jamais ce qu’il peut se passer… J’avais mon chez-moi, j’étais en sécurité. Certes, je n’ai pas fui mon pays pour la guerre. Je ne voudrais pas vivre leur situation, mais la mienne est aussi compliquée. Je ne suis plus dans ma maison et je dois continuer à payer les charges de la maison. Financièrement, je ne peux plus continuer à m’enfoncer pour les laisser chez moi. Pour eux, c’est devenu naturel de vivre chez moi sans rien payer", témoigne-t-elle.

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