Regard sur : Comment survivre après la mort d’un enfant ?

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03 févr. 2022 à 10:11Temps de lecture2 min
Par Fanny Guéret

C’est une douleur indicible et pourtant des parents ont posé des mots après avoir vécu ce drame inconcevable. Dans le documentaire Dites-leur que je suis vivant, diffusé ce lundi 7 février sur La Trois, un papa et trois mamans abordent cette mort encore taboue et leur cheminement parfois incompris de parents endeuillés.

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Claire, Katia, Sandrine et Jean-François ont perdu un enfant. On ne sait pas comment ni quel âge avait leur enfant car le sujet au centre de ce documentaire, c’est leur souffrance mais aussi cette vie qui doit continuer malgré tout, en famille, en couple et avec les amis. Un entourage qui ne sait pas toujours quoi dire, quoi faire, et qui parfois s’efface. Ces pères et ces mères ont pourtant un besoin crucial d’être entourés car ils vivent de grands moments de solitude, ils aimeraient pouvoir parler de leur douleur, et aussi de cet enfant qui est toujours le leur même s’ils l’ont perdu.

Mais avec l’entourage, il arrive que les silences et les regards lourds ne fassent qu’accentuer le sentiment que leur enfant a basculé dans l’oubli et qu’ils ne sont plus parents. Avec, pour eux, cette impression de déranger, et pire parfois, de faire peur face à la mort d’un enfant, sujet encore tabou dans notre société. Et avec violence même, comme lorsque cette maman découvre que vis-à-vis de l'administration, elle est devenue subitement "sans enfant" donc plus une mère. "Ce n'est tout de même pas compliqué d'inventer une case "décédé", dit-elle. Ça arrive, de mourir, non?"

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Parent pour toujours

Bien sûr, ce documentaire nous déchire le cœur. Mais il est aussi plein de vie et d’espoir. Comme ce moment de tendresse entre Katia et son fils, en train de préparer ensemble une mousse au chocolat et d’écouter cette maman raconter à son petit garçon que son frère, qu’il n’a pas connu, aimait lui aussi cuisiner ce dessert. Ou comme lorsqu’on suit Sandrine et Jean-François partis en randonnée, sous la neige, et regarder cette maman, émerveillée par le paysage, nous dire que le monde est beau. Quant à Claire, elle parle de son deuil en marchant dans un champ d’herbes hautes en plein été, sans drama, avec juste, là encore, l’importance de parler et d’être écouté.

Ces témoignages résonnent comme un cri, un SOS pour nous amener à intégrer qu’il est crucial de continuer à être présent pour ceux qui ont perdu un enfant, qu’il n’y a pas de malaise à en parler, et qu’il y a bien plus de souffrance à faire semblant de rien. Car comme le disent très justement les intervenants : "La vie de notre fils ne se résume pas à sa mort", et "C’est pas parce qu’il est mort qu’il a arrêté d’être mon enfant".

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Dites-leur que je suis vivant, avec la caméra discrète de Caroline Conte et Thomas Robin, c'est ce lundi 7 février à 20h30 sur La Trois, et ensuite sur Auvio.

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