Vuelta - Cyclisme

Remco Evenepoel dominateur sur la Vuelta, prime à la fraîcheur ?

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Remco Evenepoel trône pour l’instant au sommet du classement général de la Vuelta. Contre-la-montre, arrivées au sommet, le coureur de Schepdaal a répondu présent dans tous les grands rendez-vous de ce Tour d’Espagne 2022. Le leader de Quick Step-Alpha Vinyl domine ses adversaires après une préparation totalement axée sur cette course. Contrairement à ses principaux rivaux, il a très peu couru ces dernières semaines. Cette fraîcheur peut-elle expliquer sa mainmise actuelle ?

R.EV a disputé 6 courses par étapes en préparation pour un total de 54 jours de compétition. Si on compare aux autres membres du Top 10 de cette Vuelta. Il se situe au même niveau que Primoz Roglic (52 jours) ou Ben O’Connor (53 jours). Enric Mas (61 jours) ou Joao Almeida (60 jours) ont été les plus actifs. Le trio Miguel Angel Lopez (40 jours, et un abandon précoce sur le Giro) – Juan Ayuso (46 jours) – Tao Geoghegan Hart (49 jours) sont ceux qui ont épinglé le moins de dossards.

Remco est dans la moyenne, ce n’est donc pas de ce côté-là qu’il faut trouver une différence significative. Le maillot rouge fait par contre partie de ceux qui n’ont pas disputé un autre grand tour cette saison. Au contraire d’Almeida, Lopez (Giro), Roglic et Mas (Tour). Précision importante, ils ont tous abandonné plus ou moins tôt. Reste que les efforts fournis notamment dans une Grande Boucle disputée à bloc quasi tous les jours ont peut-être laissé des traces.

"On le voit ces dernières années enquiller deux grands tours de suite est très compliqué", analyse Cyril Saugrain. "Parce que toutes les étapes vont vite et que c’est usant nerveusement et physiquement. On a vécu le Tour de France le plus rapide de ces dernières années, alors évidemment cela peut laisser des séquelles sur le plan physique. Et psychologique ! Surtout quand comme Roglic et Mas, on aborde cette Vuelta comme un recours après un Tour qui n’a pas répondu aux attentes", complète notre consultant.

Là où le vainqueur de la Doyenne se distingue, c’est sur l’approche immédiate de la Vuelta. Pendant que Wout van Aert affolait le Tour et usait tout le peloton (Roglic, O’Connor, Mas), pendant que certains s’alignaient en Pologne (Arensman) ou à Burgos (Rodriguez, Almeida, Lopez, Geoghegan Hart), Remco avalait les bornes et les heures de selle en stage à Livigno puis en Espagne. Tout en gérant les plages de récupération. Seule exception ? Une Klasikoa remportée de main de maître. Personne au sein du top 10, n’a roulé aussi peu depuis le premier juillet. Juan Ayuso en est le plus proche avec trois jours de course. A l’autre bout de l’échelle, on retrouve Mas et ses 18 jours sur le Tour et Roglic (14). Ce choix clair et assumé, s’avère peut-être payant aujourd’hui.

Les anciens ont coutume de dire que rien ne remplace la course. "Ce n’est plus vrai aujourd’hui", répond Cyril Saugrain. "On a tous les outils (notamment les capteurs de puissance, ndlr) pour simuler l’intensité de la compétition à l’entraînement. Il est donc beaucoup plus facile de préparer une course… sans en faire. A condition de savoir se faire mal. Mais on sait depuis longtemps que Remco à un mental d’acier. Au-delà de la fraîcheur physique, il est surtout plus frais mentalement. Remco est calé sur ses objectifs depuis le début de l’année. D’abord les Ardennaises puis ce Tour d’Espagne, le premier grand tour de sa carrière qu’il aborde vraiment préparé" Et pour l’instant le plan se déroule sans accroc.

De sa capacité à gérer les contretemps ou les éventuels coups de moins bien dépendra l’issue de cette Vuelta. "Là encore sa fraîcheur physique et sa fraîcheur mentale pourraient constituer des atouts", conclut Cyril Saugrain.

 

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