Vuelta - Cyclisme

Remco Evenepoel, pour vivre heureux, vivons cachés

Remco Evenepoel, pour vivre heureux, vivons cachés

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25 août 2022 à 09:27 - mise à jour 25 août 2022 à 10:49Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick

Coureur d’instinct devant l’éternel, Remco Evenepoel reste, pour l’instant, diablement discret dans cette Vuelta. Au chaud, à l’avant du peloton, bien entouré mais jamais à l’attaque. Un style de course plus attentiste, à l’opposé du style offensif qu’on lui connaît mais qui, pour l’instant, porte ses fruits. Et qui prouve peut-être aussi, que Remco a appris de ses erreurs du Giro 2021.

17 mai 2021. Pour son premier Grand Tour, alors que les démons du Tour de Lombardie rôdent encore quelque part dans son esprit, Remco Evenepoel veut absolument impressionner. Prouver qu’il peut viser un Top 5 pour son baptême du feu à ce niveau-là.

On dispute la 10e étape. Pour l’instant, mission accomplie pour Remco qui squatte le devant de la scène. A 18 kilomètres de l’arrivée, alors que la ville de Foligno se profile, le Belge met les gaz, surprend tout le monde et file à l’anglaise. Son objectif ? Aller gratter quelques secondes de bonifications. Il franchit finalement la ligne du sprint intermédiaire en 1e position, devançant Egan Bernal d’un cheveu.

Remco Evenepoel, 2e du général, impressionne à Foligno”, titrent alors à l’unisson, et peut-être un peu trop prématurément tous les médias belges.

Des efforts pour pas grand-chose qui se paient sur la durée

Confirmation dans la foulée. Le manque de rythme de Remco se fait tout doucement ressentir et, dès la 1e journée de repos, il perd du terrain. Petit à petit, ne pouvant qu’impuissamment constater qu’il lui reste une (petite) marche à franchir pour concurrencer les meilleurs. Il abandonne finalement à l’aube de la 18e étape après une chute.

Et si cette chasse aux bonifications, réalisée sur un coup de tête quelques jours plus tôt, n’est finalement qu’anecdotique, elle prouve qu’il n’y a pas si longtemps que ça, Remco avait parfois le don de s’éparpiller. De démultiplier ses objectifs quitte à s’y perdre, de trop faire confiance à son instinct et d’oublier qu’un Grand Tour se joue sur la durée.

Remco 2.0 : plus mature, plus patient ?

C’est donc échaudé par son ‘échec’sur le Giro que Remco s’est présenté sur la ligne de départ de cette Vuelta 2022. Son 2e Grand Tour en carrière, l’occasion parfaite de prouver qu’il a appris de ses erreurs et mûri.

La preuve, après trois étapes, c’est un Evenepoel plus prudent qui se présente au micro de Jérôme Helguers : “Il ne faut pas faire de choses folles, on va bien rester calme” confie-t-il d’emblée, avant de déjà se projeter, avec précaution, vers la fin de semaine : "L’idée est d’encore survivre et de passer l’étape sans problème, c’est ça qui est important pour les prochains jours. Le parcours de cette première semaine en Espagne est dur, pas facile du tout.”

Pas facile du tout, la 5e étape entre Irun et Bilbao l’était clairement. Pourtant, sur papier, avec ses 5 bosses et ses routes sinueuses, elle avait tout pour plaire à l’attaquant fou qu’est Remco Evenepoel. L’occasion était donc belle pour placer une première mine, décanter la course et prouver qu’il en a sous le capot.

 

9e du général, dans le sillage du patron Roglic

Sous le capot, Remco en a sans doute. Mais il ne l’a pas montré mercredi. Là où il aurait sans doute voulu faire le show dans un passé assez récent, il n’a, cette fois, pas cillé. Et à l’arrivée, à nouveau un discours prudent, axé sur le long terme : “Une journée calme jusqu’à la fin, c’est autorisé" expliquait-il, sourire aux lèvres, comme pour se prouver à lui-même que ne pas attaquer était aussi une possibilité. "La Vuelta dure trois semaines. Mission accomplie : nous voulions quelqu’un de l’équipe à l’avant et je ne pouvais pas perdre de temps. Il faut sentir les jambes au jour le jour et puis on verra ce qui est possible demain ou après-demain.”

Après cinq étapes, et alors que les arrivées au sommet approchent seulement, Remco est 9e du général, à 27 secondes de Primoz Roglic, à moins d’une seconde de tous les autres favoris au podium.

Et si certains diront que Remco roule contre-nature et qu’il n’est jamais aussi spectaculaire que quand il attaque, force est d’avouer que, pour l’instant, ce comportement plus attentiste porte ses fruits. Aujourd’hui, Remco, bien calfeutré à l’ombre des projecteurs, donne l’impression d’avoir appris de ses erreurs. Nous fera-t-il mentir dès ce jeudi en placant une attaque sur la 1e arrivée au sommet ? C’est possible, avec Evenepoel on n’est finalement à l’abri de rien.

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