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A portée de mots

Rencontre : Plongée dans les souvenirs d'enfance et les rêveries de Daniel Pennac (rediffusion)

Daniel Pennac
17 déc. 2021 à 13:49Temps de lecture3 min
Par Axelle Thiry

Le 19 décembre à 22 h

Dans son émission littéraire A portée de mots, Axelle Thiry reçoit Daniel Pennac. Ensemble, ils aborderont le nouveau roman de Daniel Pennac, intitulé La loi du rêveur.


"L’ampoule du projecteur a explosé en plein Fellini. Minne et moi regardions Amarcord du fond de notre lit.
— Ah! Non! Merde!
J’ai flanqué une chaise sur une table et je suis monté à l’assaut pour changer l’ampoule carbonisée. Explosion sourde, la maison s’est éteinte, je me suis cassé la figure avec mon échafaudage et ne me suis pas relevé.
Ma femme m’a vu mort au pied du lit conjugal.
De mon côté je revivais ma vie. Il paraît que c’est fréquent. Mais elle ne se déroulait pas exactement comme je l’avais vécue."

La loi du rêveur de Daniel Pennac, paru aux éditions Gallimard.


Daniel Pennac est le quatrième et dernier d'une tribu de garçons. Son père est militaire. La famille le suit dans ses déplacements à l'étranger –Afrique, Asie, Europe– et en France, notamment dans le village de La Colle-sur-Loup, dans les Alpes-Maritimes. Quand il évoque son père, il l'assimile à la lecture : "Pour moi, le plaisir de la lecture est lié au rideau de fumée dont mon père s'entourait pour lire ses livres. Et il n'attendait qu'une chose, c'est qu'on vienne autour de lui, qu'on s'installe et qu'on lise avec lui, et c'est ce que nous faisions." Daniel passe une partie de sa scolarité en internat, ne rentrant chez lui qu'en fin de trimestre. De ses années d'école il raconte : "Moi, j'étais un mauvais élève, persuadé que je n'aurais jamais le bac." Toutefois, grâce à ses années d'internat, il a pris goût à la lecture. On n'y permettait pas aux enfants de lire, comme il l'évoque dans "Comme un roman" : " En sorte que lire était alors un acte subversif. À la découverte du roman s'ajoutait l'excitation de la désobéissance...". Ses études de lettres le mènent à l'enseignement, de 1969 à 1995, en collège puis en lycée, à Soissons et à Paris.

Son premier livre, écrit en 1973 après son service militaire, est un pamphlet qui s'attaque aux grands mythes constituant l'essentiel du service national : l'égalité, la virilité, la maturité. Il devient alors Daniel Pennac, changeant son nom pour ne pas porter préjudice à son père. En 1979, Daniel Pennac fait un séjour de deux ans au Brésil, qui sera la source d'un roman publié vingt-trois ans plus tard: "Le Dictateur et le hamac".
Dans la Série Noire, il publie en 1985, "Au bonheur des ogres", premier volet de la saga de la tribu des Malaussène (dont on retrouvera le "petit" dans "Kamo. L'idée du siècle"). Daniel Pennac continue sa tétralogie avec "La Fée Carabine" puis "La petite marchande de prose" et "Monsieur Malaussène" (il y a ajouté depuis "Aux fruits de la passion").
Il diversifie son public avec une autre tétralogie pour les enfants, mettant en scène des héros proches de l'univers enfantin, préoccupé par l'école et l'amitié : "Kamo, l'agence Babel", "Kamo et moi", "L'évasion de Kamo" et "Kamo, l'idée du siècle". Ces romans sont-ils le fruit de souvenirs personnels? "Kamo, c'est l'école métamorphosée en rêve d'école, ou en école de rêve, au choix."

À ces fictions s'ajoutent d'autres types d'ouvrages : un essai sur la lecture, "Comme un roman", deux ouvrages en collaboration avec le photographe Robert Doisneau et "La débauche", une bande dessinée, avec Jacques Tardi.
"Chagrin d'école", un livre tenant de l'essai et de l'autobiographie publié en octobre 2007 aux éditions Gallimard, a reçu le prix Renaudot la même année. Avec "Mon frère" (2018), hymne à l'amour pour son aîné disparu, Daniel Pennac livre un poignant récit intime. 

Grand amateur de livres audio, il a lui-même enregistré plusieurs de ses livres pour les éditions Gallimard et pour l'association Lire dans le noir. Et sur scène, après avoir interprété "Merci" au théâtre du Rond-Point, il lit Bartleby le scribe à la Pépinière Théâtre. Daniel Pennac a écrit ou coécrit plusieurs scénarios pour le cinéma ou la télévision, parfois en adaptant ses propres livres. Il a obtenu le Prix Grinzane Cavour International.

Programmation musicale : 

Nino ROTA - Extraits de la bande originale des films La dolce vita, La strada et Amarcord de Federico Fellini. Carlo Savina & la sua Orchestra. Silva Screen 5014929000428.

Thomas FERSEN - L'escalier.

Felix  MENDELSSOHN - Le premier mouvement du Quatuor à cordes n°7 "Razoumovsky" en fa majeur opus 59 n°1. Quatuor Artemis. Virgin classics 5457382.

Production et présentation : Axelle THIRY

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