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Rencontre Scholz-Poutine sur l'Ukraine : "Voulons-nous d'une guerre? Bien sûr que non", affirme le président russe

15 févr. 2022 à 15:09Temps de lecture3 min
Par Belga

Le président russe Vladimir Poutine a dit mardi vouloir "continuer le travail en commun" avec les Occidentaux sur la sécurité européenne pour désamorcer la crise autour de l'Ukraine.

"Nous sommes prêts à continuer le travail en commun. Nous sommes prêts à aller sur le chemin de la négociation", a-t-il déclaré à Moscou au cours d'une conférence de presse avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

"Pas de réponse constructive"

Il a cependant regretté une fois encore le rejet par les Occidentaux de ses principales exigences, déplorant ne pas avoir reçu "malheureusement de réponse constructive" à leur sujet.

Ces revendications sont la fin de la politique d'élargissement de l'Alliance, l'engagement de ne pas déployer d'armes offensives à proximité du territoire russe et le retrait d'infrastructures de l'Otan sur les frontières de 1997, avant que l'organisation n'accueille d'ex-membres du bloc soviétique.

Le président russe a d'ailleurs souligné qu'il ne renonçait pas à ces demandes et qu'elles feraient partie du "complexe" des pourparlers russo-occidentaux.

"Voulons-nous (d'une guerre) ou pas? Bien sûr que non. C'est pour cela qu'on a avancé nos propositions pour un processus de négociations", a-t-il encore dit.

M. Poutine a aussi confirmé un "retrait partiel des militaires" de la frontière avec l'Ukraine, refusant cependant de le commenter.   

Il a également dit ne pas "pouvoir fermer les yeux sur la manière dont les Etats-Unis et l'Otan traitent le principe d'indivisibilité de la sécurité", Moscou jugeant que les Occidentaux s'efforcent de renforcer leur propre sécurité aux dépens de celle de la Russie.

"Un bon signe"

Le chancelier allemand a pour sa part annoncé que le retrait de troupes russes massées à la frontière ukrainienne constitue un "bon signe".

"Le fait que nous entendions maintenant que certaines troupes sont retirées est en tout cas un bon signe. Nous espérons qu'il y aura encore des suites", a-t-il déclaré à Moscou. Lors de la conférence de presse commune avec Poutine, le dirigeant allemand, convaincu que les efforts diplomatiques pour éviter un conflit sont "loin d'être épuisés".

La sécurité durable en Europe n'est "possible qu'avec la Russie" et ne peut être obtenue contre elle, a estimé M. Scholz, assurant que l'état actuel des tensions autour de l'Ukraine n'est "pas désespéré".

"Il est clair pour tous les Européens qu'une sécurité durable ne peut être obtenue contre la Russie, mais (est) possible uniquement avec la Russie", a affirmé M. Scholz. "Il devrait donc être possible de trouver une solution", a-il ajouté car "aussi difficile et grave que puisse paraître la situation actuelle", elle n'est, selon lui, "pas désespérée".

Parmi les thèmes avancés sur lesquels les propositions occidentales rejoignent celles des Russes, il y a celle d'un contrôle des armements de courte et moyenne portées.

Processus de paix en panne

Concernant le conflit entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine où le processus de paix est en panne depuis plus de deux ans tandis que les médiateurs franco-allemands tentent de le relancer, MM. Scholz et Poutine ont à nouveau insisté sur leur attachement aux accords de Minsk de 2015.

Mais le président russe a de nouveau accusé le gouvernement ukrainien de "génocide" des populations dans les régions séparatistes, sans préciser ces accusations déjà formulées l'année dernière.

Russie et Ukraine s'accusent mutuellement de bloquer le processus de paix.

Nord Stream 2 

Le président russe Vladimir Poutine a par ailleurs appelé à la mise en service du gazoduc Nord Stream 2.

Le gazoduc assure la sécurité énergétique de l'Europe, a affirmé M. Poutine, qui l'a qualifié de projet purement économique et écologique, sans "connotation politique".

M. Poutine a également exprimé sa volonté de continuer à faire transiter les livraisons de gaz à l'Europe par l'Ukraine au-delà de 2024, si l'Occident en a besoin.

L'Ukraine craint de subir de lourdes pertes financières si les livraisons de gaz ne transitent plus par le pays. Nord Stream 2 transportera du gaz russe directement vers l'Allemagne via la mer Baltique.

L'Allemagne et les États-Unis ont cependant assuré à l'Ukraine la préservation du transit du gaz russe par son territoire pendant au moins dix ans.

Navalny

Interrogé sur le sort de l'opposant russe Alexeï Navalny, emprisonné et qui encourt une peine supplémentaire en Russie, le chancelier allemand a déclaré : "En ce qui concerne Navalny, ma position est très claire et sa condamnation est incompatible avec les principes d'un État de droit".

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