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Rentrée académique innovante à l’UNamur : vivre les apprentissages pour mieux les intégrer

Benoît Muylkens, directeur du département vétérinaire et professeur d’embryologie et splanchnologie à l'UNamur.

© / O.L.

13 sept. 2022 à 17:02Temps de lecture3 min
Par Odile Leherte

Rendre l’étudiant acteur de sa formation. Voilà la ligne directrice de l’Université de Namur pour cette rentrée. A la Faculté de médecine vétérinaire, cela se traduit très concrètement par un auditoire flambant neuf.  "Ce n’est pas vraiment un auditoire, explique avec fierté Benoît Muylkens, directeur du département vétérinaire et professeur d’embryologie et splanchnologie à l’UNamur. Nous l’appelons le forum d’anatomie". 

Devant nous s’échelonnent en arc de cercle plusieurs rangées de tablettes assez hautes, sans sièges. C’est un auditoire où les étudiants restent debout. "D’un point de vue pratique, je connais bien les auditoires classiques, et je peux vous assurer que celui-ci se remplit et se vide beaucoup plus rapidement que les autres". Mais le véritable avantage de ce lieu est d’ordre pédagogique. "On peut montrer une pièce anatomique très près du public. On leur donne un objectif d’apprentissage. L’explication dure un quart d’heure ou 20 minutes et ensuite les étudiants partent dans d’autres salles". Ce forum fait partie d’un processus dynamique d’apprentissage par phases. L’étudiant se fait en quelques sortes briefer dans l’auditoire, il vit ensuite plusieurs expériences très concrètes où il est amené à manipuler des os d’animaux notamment. Et il revient dans le forum anatomique pour la troisième phase : "il revient soit reprendre une explication de message à retenir, soit poser quelques questions de clarification".

Entre deux passages par l'auditoire, la partie "expérience" de la formation se fait soit au premier étage, soit au sous-sol dans la nouvelle salle de dissection.

Salle d'exercices de la Faculté de médecine vétérinaire de l'UNamur.
Salle d'exercices de la Faculté de médecine vétérinaire de l'UNamur. © / O.L.

Benoît Muylkens se saisit de trois os de chien, qui, une fois assemblés correctement, forment l’articulation d’un coude. "Au départ de ce que je viens de montrer, les étudiants vont retrouver ces pièces, les repositionner dans un squelette entier de chien". Lors d’un autre exercice, ce sera peut-être dans un squelette de vache ou de cheval. Place ensuite à un deuxième défi. "Les étudiants doivent palper et reconnaître des os à l’aveugle".

Exercice de palpation à l'aveugle.
Exercice de palpation à l'aveugle. © / O.L.

Tout cela a pour but de faire travailler les étudiants en trois dimensions et de les rapprocher de la réalité du terrain.  "Ils doivent profiter de cette salle pour acquérir une carte conceptuelle en trois dimensions dans leur tête alors que leur support quand ils sont dans leur kot, ce sont des feuilles de papier ou un écran d’ordinateur, donc en deux dimensions".

Ancrer les savoirs par l'expérience

Les différents responsables de la Faculté de médecine vétérinaire que nous avons rencontrés sont convaincus, tout comme la rectrice de l'UNamur Annick Castiaux, qu’un apprentissage est beaucoup plus efficace s’il n’est pas uniquement visuel. "Ces innovations pédagogiques, explique la rectrice de l'UNamur, permettent à l’étudiant d’apprendre non seulement avec son cerveau mais aussi avec ses mains, ses émotions et faire en sorte que cet apprentissage soit ancré et qu’on n’ait pas oublié après un an tout ce qu’on a appris ou presque". Rien de tel que l’expérience pour ancrer durablement les savoirs. "Un apprentissage purement théorique va s’évanouir de votre esprit, précise encore Benoît Muylkens. Mais le fait de pratiquer et vivre une expérience manuelle, sonore, de palpation de l’apprentissage qui a d’abord été expliqué par un professeur fait que vous vivez une expérience qui ancrera l’apprentissage. Et c’est un atout dans la formation de tous les étudiants". Ces innovations sont aussi appréciées par les étudiants.  "On est tellement proches de l’explication que le professeur n’a même pas besoin de micro, ce qui n’arrive jamais dans les autres auditoires, s'exclame Antoine Dutranoit qui entre en troisième année de médecine vétérinaire. On y reste assez peu de temps pour recevoir les consignes et ensuite on part en salle de dissection. Puis, on revient pour des questions, ou simplement passer au cas clinique suivant".

Des innovations pédagogiques évaluées

Les professeurs n’adoptent pas des innovations pédagogiques sans que cela n’ait été longuement et mûrement réfléchi. Benoît Muylkens s’appuie notamment sur les travaux de Cees van der Vleuten, un professeur de l’Université de Maastricht renommé dans le domaine. "Tout cela est le fruit de recherches en pédagogie, on s’inspire de grands pédagogues qui nous ont aidés à réfléchir ce programme et à le développer et nous prenons d'ailleurs soin de mesurer l’efficacité de la transmission du savoir".

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