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Rentrée judiciaire à Liège : les "stupéfiantes idées reçues" sur la dépénalisation de la drogue

Lors de son discours, l'avocat général Jean-Batiste Andries a parlé, de "stupéfiantes idées reçues".

© RTBF - Erik Dagonnier

01 sept. 2022 à 14:47Temps de lecture1 min
Par Erik Dagonnier avec Caroline Adam

Hermines et toges rouges... c'était la rentrée judiciaire à Liège. Et lors de son discours, le Parquet général a abordé le débat sur la politique pénale en matière de drogues. Il a rappelé que la Belgique est une plaque tournante du trafic international de stupéfiants avec la présence, chez nous, des cartels étrangers violents. Avec ses conséquences: règlements de compte, assassinats, enlèvements... Et ce chiffre: en 2020, notre pays occupe la première place dans les quantités de cocaïne saisies avec 70 tonnes sur 213 saisies dans toute l'Europe.

Lors de son discours, l'avocat général Jean-Batiste Andries a parlé de "stupéfiantes idées reçues". Il met en garde sur une éventuelle dépénalisation à la fois de la production et de la détention de la drogue chez nous.

Au centre, l'avocat général Jean-Baptiste Andries. A sa droite, Pierre Vanderheyden, procureur général de Liège.
Au centre, l'avocat général Jean-Baptiste Andries. A sa droite, Pierre Vanderheyden, procureur général de Liège. RTBF - Erik Dagonnier

"Si on veut dépénaliser, ce qui est évidemment un choix politique dans lequel je ne vais pas directement intervenir, mais il faut savoir sur quelles raisons" explique-t-il. "Couper le marché aux organisations criminelles, ça veut dire quoi? L'autorité va se mettre à fabriquer des drogues, à les vendre. Evidemment, on va avoir des drogues qui vont coûter beaucoup plus cher, donc ce n'est pas vrai que ça va enlever le marché, ou alors, il faudrait que l'état subsidie, fabrique des stupéfiants à moindre coût pour concurrencer les organisations criminelles. Sur le plan éthique, c'est quand même un sérieux problème."

Ce serait une erreur de se contenter de lutter contre l'offre

"Dans les pays qui connaissent une dépénalisation, les organisations criminelles ne sont pas du tout parties" poursuit-il. "Je pense que ce serait une erreur de dire que, pour lutter contre un marché, on va se contenter uniquement de lutter contre l'offre, et on ne va rien faire pour limiter la demande, on ne va pas mettre de pression sur la demande, la consommation va augmenter, donc la demande va augmenter, donc les organisations criminelles vont prospérer, c'est clair."

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