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Restitution de la dépouille de Lumumba : au Katanga, le cercueil de Lumumba exposé sur le lieu de son assassinat pour une veillée

Cérémonie officielle de restitution de la dépouille du Congolais Patrice Emery Lumumba à sa famille, lundi 20 juin 2022, au Palais d’Egmont, à Bruxelles. Le leader indépendantiste congolais et Premier ministre légalement élu de la République du Congo Patr

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26 juin 2022 à 19:46Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Marie-Laure Mathot

Le cercueil de Patrice Lumumba est arrivé dimanche au Haut-Katanga dans le sud-est de la République démocratique du Congo où une veillée funèbre est organisée sur le lieu du assassinat du héros de l’indépendance.

Après avoir été accueilli à l’aéroport international de Lubumbashi par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde et de nombreuses personnes, le cercueil a été conduit à Shilatembo, à plus de 50 km, lieu où Lumumba et deux de ses compagnons avaient été assassinés le 17 janvier 1961.

A Shilatembo, un mausolée a été construit pour accueillir le cercueil pour la nuit. Des officiels, une importante délégation de chefs coutumiers, des membres de sa famille et une foule ont investi les lieux pour rendre hommage aux trois hommes, dans "un sentiment de tristesse mêlée à la joie", a déclaré le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula.

Avec le retour au pays de ce qui reste du corps de Lumumba, une dent, l’heure a sonné pour que "l’histoire de la RDC soit écrite au Congo", a déclaré le Premier ministre Sama Lukonde.

"Avec l’esprit de Lumumba au pays, il est désormais possible de réaffirmer la puissance de la RDC face aux ennemis", a déclaré pour sa part Guy-Patrice Lumumba, l’un de ses fils.

Sous une pluie fine, le 17 janvier 1961 à Shilatembo un peloton d’exécution attendait Lumumba, Premier ministre de l’ex-Congo belge indépendant et deux camarades, Joseph Okito, vice-président du Sénat et Maurice Mpolo, ministre de la Jeunesse, raconte à l’AFP l’historien Guillaume Nkongolo, professeur à l’Université de Lubumbashi.

Déchus, accusés en pleine guerre froide d’être communistes, les trois hommes avaient été amenés dans la localité de Shilatembo, à environ 50 km de Lubumbashi, la grande ville minière de la région.

L’ordre était de les exécuter, à la nuit tombée, au pied d’un arbre, après leur avoir fait subir d’atroces tortures sur injonction des autorités provinciales du Katanga, en sécession à cette époque, avec la complicité d’hommes de main belges.

"Avant de recevoir l’ordre de dépecer et de plonger les trois corps dans l’acide sulfurique, les bourreaux les avaient enterrés puis déterrés le lendemain", raconte le Pr Nkongolo. "Un pied de Lumumba sortait de la terre parce qu’il avait été enterré dans la précipitation", raconte-t-il.

"Les tortures et ce triple assassinat s’étaient déroulés en présence de trois ministres du gouvernement sécessionniste du Katanga dirigé par Moïse Tshombe", poursuit-il.

Lors de la restitution solennelle lundi dernier par la Belgique à la RDC d’une dent de Patrice Lumumba, seul reste de sa dépouille, le Premier ministre Alexander De Croo a renouvelé les "excuses" de Bruxelles pour la responsabilité de certains dirigeants et fonctionnaires de l’ex-puissance coloniale dans cet assassinat, dont les circonstances restent toutefois entourées de mystère.

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