Patrimoine

Restitution : HOME, une étude sur les restes humains de nos musées

Restitution : HOME, une étude des collections belges pour inventorier les restes humains de nos musées

Ce n’est pas un secret, dans les collections des musées belges, comme dans celles d’autres institutions publiques ou privées, se trouvent des restes humains. Ossements préhistoriques, momies égyptiennes ou sud-américaines, tombes mérovingiennes, et bien sûr, restes liés à la colonisation.

Quatre institutions scientifiques fédérales (l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, qui coordonne le projet, le Musée royal de l’Afrique centrale, l’Institut national de criminalistique et de criminologie, et les Musées royaux d’Art et d’Histoire) et trois universités (l’ULB, l’Université Saint-Louis-Bruxelles et l’Université de Montréal) se sont associées pour mener le projet HOME-Human Remains Origin(s) Multidisciplinary Evaluation.

Le but est d’identifier le contexte dans lequel ces restes ont été acquis, et ainsi informer les autorités politiques sur le bien-fondé ou non de les garder dans les collections. La ligne de mire est, bien entendu, de documenter et justifier une éventuelle restitution de ces ossements aux pays anciennement colonisés. Car que ce soit des anciennes colonies de la Belgique, ou des autres empires coloniaux, de nombreux objets de nos musées ont été pris à leurs propriétaires d’origine de manière brutale ou non consentie. Il faudra identifier et séparer ces restes de ceux trouvés lors de fouilles archéologiques, offerts aux institutions, achetés… Bref acquis de manière éthique.


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Le projet étudiera également le cadre légal qui permettra d’envisager les restitutions, puisque pour l’instant aucune loi n’existe pour encadrer la remise de ces corps à de la famille ou aux pays d’origine.

La question de la présence de restes humains volés durant la colonisation se pose depuis plusieurs années, mais a été accélérée par la médiatisation de la sordide histoire du crâne de Lusinga, ce chef congolais assassiné par un général belge au 19e siècle, et dont la tête a été ramenée comme trophée en Belgique avant d’être donnée au Muséum des Sciences naturelles.

La Belgique emboîte ainsi le pas à d’autres pays qui ont déjà procédé à des remises de restes humains à leurs pays d’origine. Récemment, Berlin a remis à la Nouvelle-Zélande plusieurs crânes momifiés de dignitaires maoris, tandis que certains musées européens ont décidé de ne plus exposer ce genre d’objets.

Une page internet est entièrement dédiée au projet et à son avancement.

Le temps d'une histoire

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