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Belgique

Retrait de la reconnaissance de l’Exécutif des Musulmans : la procédure a été enclenchée, annonce Vincent Van Quickenborne

18 févr. 2022 à 07:35 - mise à jour 18 févr. 2022 à 08:13Temps de lecture3 min
Par Alain Dremiere

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne entame la procédure de retrait de la reconnaissance de l’exécutif musulman. Il l’a annoncé vendredi dans De Ochtend sur Radio 1. L’organisme "ne peut plus être un partenaire de discussion", a-t-il déclaré.

L’organisme "ne peut plus être un partenaire de discussion"

L’Exécutif des musulmans, officiellement l’Exécutif des musulmans de Belgique, est la représentation officielle de la religion islamique dans notre pays. Elle s’accompagne d’environ 600.000 euros de subventions par an, mais le fonctionnement de l’exécutif musulman suscite l’insatisfaction depuis des années. Ses opérations ne sont pas transparentes, sa structure n’est pas claire et il y a une forte interférence étrangère de la Turquie et du Maroc. Il y a quelques mois seulement, un rapport de la Sécurité d’État a lié son président, Mehmet Üstün, à l’extrémisme. Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld) en a assez. Il a décidé d’entamer la procédure de retrait de la reconnaissance de l’exécutif musulman, a-t-il annoncé vendredi à la radio. Cela signifie que le rôle officiel de l’organisme disparaîtra, tout comme les subventions. En octobre dernier, L’Exécutif des musulmans avait annoncé que les subsides publics n’étaient plus "nécessaires".

"L’organisation n’est pas représentative de tous les musulmans de notre pays"

"L’organisation n’est pas représentative de tous les musulmans de notre pays", a déclaré M. Van Quickenborne. "Vous voyez une ancienne génération qui a perdu tout contact avec les jeunes musulmans qui sont en charge ici. C’est pernicieux pour l’Islam moderne. Cet exécutif ne peut plus être un partenaire de discussion." M. Van Quickenborne souligne que les États fédéraux peuvent toujours reconnaître les mosquées individuelles. L’exécutif musulman lui-même a également le droit d’être entendu.

Place des femmes trop faible

La décision a également été motivée, entre autres, par la proposition de renouvellement que l'exécutif musulman a soumise au cabinet de M. Van Quickenborne la semaine dernière, après l'élection de nouveaux membres en avril. Cette proposition "est pleine d'opportunités manquées", a déclaré le ministre dans l'hémicycle en début de semaine. Par exemple, la place des femmes est encore trop faible et la possibilité de nommer des membres cooptés issus d'autres sections de l'Islam a été abandonnée. "Les gens partent toujours de l'ethnicité, c'est le plus gros problème. Il faut appartenir à un certain pilier, comme la communauté marocaine ou turque, pour être élu. Cela ouvre la porte à l'ingérence étrangère", a expliqué le vice-premier ministre libéral.  M. Van Quickenborne a souligné que les États fédéraux peuvent toujours reconnaître les mosquées individuelles. L'exécutif musulman dispose également toujours d'un droit de réponse. 

Une décision vue comme "un levier pour que l'Islam moderne puisse éventuellement former une organisation représentative"

Le ministre lui-même espère que le retrait de la reconnaissance de l'organisme "peut créer un levier pour que l'Islam moderne puisse éventuellement former une organisation représentative". "C'est parfaitement possible, mais il faut partir de la base des musulmans qui vivent ici avec nous et qui pratiquent l'islam de manière moderne, et non sous les tentacules des pays étrangers."   La manière de procéder avec l'exécutif musulman n'est pas immédiatement claire. Dans la proposition de renouvellement, cependant, l'organisme lui-même a déjà indiqué qu'il voulait abandonner les subventions et qu'il obtiendrait désormais des ressources des mosquées et "d'autres sources de financement".

L'éxecutif se dit "étonné et déçu"

Vendredi le président de l'éxecutif, Mehmet Ütsün, a réagi. Il s'es dit "étonné et déçu" de la décision du ministre Van Quickenborne.   Selon M. Ütsün, il n'appartient pas au ministre, mais plutôt à la communauté musulmane, de juger l'Exécutif des musulmans.   Celui-ci promet un communiqué de presse plus détaillé dans le courant de la journée. 

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