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Rétro : Filip Meirhaeghe, un argent au goût d'inachevé

Médaille d'argent - VTT : Filip Meirhaeghe

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17 avr. 2020 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Martin Weynants

24 septembre 2000, Fairfield City Farm, Sydney. Filip Meirhaeghe, drapeau belge sur l’épaule, franchit la ligne d’arrivée de la course olympique de VTT.

Le sourire de circonstance laisse rapidement place à la déception. Notre compatriote termine deuxième derrière le Français Miguel Martinez. De l’argent alors qu’il rêvait d’or.

Champion d’Europe un mois plus tôt à Rhenen, Meirhaeghe fait partie des grands favoris sur un tracé australien sec et rocailleux. Le départ canon du Suisse Thomas Frischknecht, le contre du Néerlandais Bas Van Dooren, des simples épisodes dans un scénario bien établi.


►►► À lire aussi : Les histoires des médaillés belges aux JO


Filip Meirhaeghe sur le tracé olympique de Sydney

Dans l’avant dernier tour, Meirhaeghe place son accélération revient sur le médaillé d’argent d’Atlanta et s’isole en tête après une portion technique. Tout se déroule comme prévu pour ce maniaque du détail, ce rider fluide, ce gars qui aime suivre sa propre trace, écrire sa trajectoire. Mais la belle histoire déraille. Un temps retardé, Little Mig est le seul à pouvoir suivre. Et quand il attaque, Filip ne peut suivre. Le Français file vers l’or, le rêve de Meirhaeghe est passé.

"Fâché sur le podium"

"Je regrette de ne pas avoir plus profité de ce podium", avouera-t-il des années plus tard dans les colonnes de Het Volk. "Quand ils ont joué l’hymne français, j’étais fâché".

Une insatisfaction à la hauteur de son ambition et de son investissement. Très exigeant envers lui-même et les autres, parfois "trop dur", Meirhaeghe exècre la défaite, ou ce qu’il considère comme telle.

Filip Meirhaeghe sur le podium mondial, encadré par Ryder Hesjedal et Roel Paulissen

Ce sentiment va lui permettre de rebondir. Il remporte la Coupe du Monde de VTT en 2002 et va chercher le titre mondial à Lugano en 2003. "Les gens se souviennent plus de ma médaille d’argent à Sydney que de mon titre mondial à Lugano. C’est la magie des Jeux… Mais le maillot arc-en-ciel était plus spécial à mes yeux", dit-il dans Sport/FootMagazine.

"Le dopage, une page noire de ma biographie"

Sa peur de l’échec va aussi le pousser à franchir la ligne blanche du dopage quelques mois avant les Jeux d’Athènes. "Je ne voulais absolument pas finir encore deuxième. Au final, j’aurais préféré terminer 4e. Tout s’est effondré. J’ai tout perdu : mes revenus, mon travail et même ma petite amie", explique-t-il dans "De Kleedkamer".

Directement, il assume. Pas question de chercher de fausses excuses. "Cette attitude m’a manifestement valu beaucoup de sympathie et m’a permis de reprendre la compétition après ma suspension puis de devenir sélectionneur. Ça restera toujours une page noire de ma biographie", insiste-t-il dans Sport/Foot Magazine.

Il purge sa suspension et remonte en selle en 2006. Il s’essaie à la route, gagne le Grand Prix Dhaenens (2006), regoûte aux JO (32e) et termine sa carrière en 2009 à Houffalize, sur un de ses tracés préférés en Coupe du Monde.

Le VTT encore boueux, il devient sélectionneur national des jeunes. Un poste qu’il double depuis 2017 avec les seniors. Il transmet son expérience, son exigence et ses connaissances.
 

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