Matin Première

Revue de presse : l’obligation vaccinale, la nouvelle obsession politique ?

Et sans surprise, la presse s’ouvre sur l’annonce du CODECO et vous propose des débats autour des prochaines annonces.

Durcissement des règles en vue, point barre

Allez savoir si c’est de la lassitude ou l’envie d’aller à l’essentiel, mais le Soir a décidé de faire simple, très simple.

Aujourd’hui, 14h30, 22e CODECO. C’est le titre en Une, et il est suivi des mesures, celles qui ont pu filtrer ou qui sont les plus plausibles.

Télétravail obligatoire, vaccination du personnel soignant, suivi, avec un point d’interrogation : le vaccin obligatoire pour tous, le masque à neuf ans. Et la combinaison masque-covid safe ticket.

Pour ceux qui s’interrogent encore sur la direction dans laquelle va pointer la boussole du CODECO, le Laatste Nieuws offre la réponse en Une. Ce sera durcissement des règles, mais au passage, notez que cette Une est plus bien construite.

Le Laatste Nieuws a aligné nos décideurs au moment décisif, Sophie Wilmès, mars 2020.

Jan Jambon, Maggie Deblock, Frank Vandenbroeck, Alexander De Croo. Tous ceux-là, masqués ou pas. En train, suivant l’époque et les courbes, de nous expliquer les bulles sociales, les gestes barrières et autres mesures.

Un débat qui aurait dû se poser bien plus tôt

L’imposer au soignant, cela semble déjà une décision ferme. Le Soir s’y arrête pour tenter de bien prendre la mesure de cette obligation.

Rappelons l’ampleur du phénomène sur 500.000 travailleurs des soins de santé, 89% sont vaccinés.

Personne, à ce jour, n’est en mesure d’affirmer que les 60.000 qui refusent le vaccin ne le font pas pour une bonne raison. Personne ne peut à ce jour dire si parmi eux, tous sont résolument "anti-vax".

Personne, tout simplement parce que l’on n’en sait rien.

L’Avenir penche résolument en faveur de la liberté de choix thérapeutique et regrette qu’en réponse aux efforts fournis, les soignants soient si mal récompensés.

C’est le titre de l’édito de l’Avenir qui évoque la mise en place d’une machine occupée à broyer tous les engrenages de contrôle et toute particule de débat et de raisonnement.

Le Soir, sans partager l’opinion de l’Avenir, plaide lui aussi pour ce raisonnement.

N’allez pas croire que "l’obligation vaccinale des soignants" est une obsession politique. C’est d’abord un souhait très répandu dans la profession, dit le quotidien.

Non, ce qui préoccupe plus le Soir, c’est peut-être la manière employée par le gouvernement.

Imposer pas à pas le vaccin, d’abord le proposer, puis insister, puis l’imposer aux soignants.

Cette manière de faire, comme on enlève lentement un sparadrap, cela rend au final la mesure plus douloureuse que d’y aller frontalement, plaide le Soir.

En France, Macron a eu l’intelligence de présenter le pass sanitaire pour ce qu’il était : un moyen de pousser les récalcitrants à la vaccination. Point barre.

Nous, ici, la Libre l’explique. On a commencé par enterrer le débat puis on a évoqué l’obligation pour les soignants. Peut-être pour les enseignants, aussi. Pour les seniors, encore. Pour les adultes, ensuite.

Pourquoi aborde-t-on toujours le problème avec un temps de retard ?

On peut, à l’infini, espérer que demain les planètes seront plus alignées. Qu’un prochain vaccin saura nous protéger mieux et plus longtemps.

On peut regretter que les mesures sanitaires actuelles ne soient pas suffisamment contrôlées.

On peut – les non-vaccinés devraient – craindre des mesures à l’autrichienne : un confinement strict des non-vaccinés.

Comprenez bien que c’est une démocratie pas loin de chez nous qui vient d’imposer cela, sans autre soulèvement, ni critique, constate la Gazet Van Antwerpen.

Tout cela devrait nous préoccuper, oui, mais pourquoi ne pas plancher déjà sur un cadre législatif adéquat ? Pourquoi ne pas anticiper les surprises que nous réserve cette pandémie ?

Pourquoi ne pas, pour une fois, anticiper sereinement et publiquement un des nombreux débats que nous amène cette crise, avant qu’une fois de plus, il ne nous explose au visage au détour d’une énième vague ?

La liberté de choix thérapeutique du non-vacciné doit-elle l’emporter sur les autres libertés ?

Joli thématique de débat, oui, mais en attendant d’avoir la réponse, le Morgen offre déjà ceci : dans l’immédiat, ce n’est pas l’obligation vaccinale qui nous sauvera.

Commençons déjà à activer la dose de rappel pour tous les vaccinés.

Sur le même sujet

Revue de presse : confinement, la mesure dont on ne doit pas prononcer le nom va-t-elle faire son retour ?

Matin Première

Revue de presse : la vulnérabilité, le facteur de votre colis rapidement livré

Matin Première

Articles recommandés pour vous