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Roman culte : " Journal de mon jardin ", un douceur pour les amateurs de nature

28 mars 2022 à 07:00Temps de lecture2 min
Par Marcel Leroy

Marcel Leroy vous replonge dans quelques romans cultes. Avec le " Journal de mon jardin ", partons à Sissinghurst, l’œuvre de Vita Sackville-West.

 

Le pitch

Dans le Kent, non loin de Sevenoaks, Sissinghurst est le jardin le plus connu de Grande-Bretagne. Il appartient au National Trust et accueille 160.000 visiteurs par an. Vita Sackville-West est une aristocrate, une femme extravagante et passionnée.

Elle publie des poèmes et des livres comme elle respire, voyage en Italie, embrasse la vie et aime à la folie. Elle aura une liaison avec Virginia Woolf, la célèbre autrice de " La promenade du phare " qui se passe sur l’île de Skye, en Ecosse. Et pourtant, il se dit que c’est Virginia qui a conseillé à son amie d’écrire moins …

Du coup, par besoin de créativité, Vita se lance dans la création du jardin de Sissinghurst avec son homme. Le diplomate Harold Nicolson dessine pour elle un puzzle de jardins qui cernent une tour visible de très loin. La jeune femme fait acte de poésie en plantant des milliers d’arbres et de fleurs dans ce lieu à la dérive…

 

C’est en poétesse qu’elle écrit l’histoire de ce projet?

 

Son livre est le compte-rendu d’une longue danse avec la nature, d’un rêve éveillé et réalisé. " Journal de mon jardin " est constitué de mille fragments qui s’ajustent au fil des saisons. C’est un manuel vénéré par les milliers de lectrices et lecteurs amoureux d’un coin de terre, petit ou grand. Entre les éblouissements et les conseils, en marge des parterres sauvages, la dame montre que les jardins s’élaborent comme les livres, feuillet après feuillet.

Au hasard des pages de cet ouvrage qui a des airs d’almanach, elle parle de l’instinct de collecter des plantes aux quatre coins du monde pour en ajouter à la végétation indigène. Des navires ramenaient ces plantes en Europe. Il arrivait qu’ils fassent naufrage.

" Le lis Nerine sariensis est apparu dans les eaux du Nord, bien loin de sa destination initiale: en 1659, subrepticement échoué sur l’île de Guernesey, il a fleuri à son heure quelques mois plus tard à la stupéfaction des habitants. On pensa qu’il était originaire du Japon, puisque le bateau venait d’Extrême-Orient, mais on découvrit plus tard qu’il poussait à l’état sauvage dans la province du Cap. Qu’importe, on l’a depuis toujours appelé le lis de Guernesey ".

C’est parce que Vita Sackville-West a mis sa démesure dans son jardin que Sissinghurst marque les gens qui s’y aventurent. Levant les yeux vers les fenêtres de la tour on croit voir une ombre derrière un rideau de tulle. Au détour des sentiers, sous les arbres et face aux étangs, les couleurs du jardin se déclinent sous le brumeux soleil anglais.

 

Le livre, une boîte à rêves ?

 

Cette femme nous rappelle que pour échapper au vertige parfois il faut se perdre dans un lieu en marge, entre les fleurs et les légumes d’un potager blotti sous les arbres, pour écouter les oiseaux. Vita nous dit d’observer le ciel, de saluer la pluie qui fait grandir les herbes sauvages et la lumière de l’aube.

C’est pour cela qu’au plus fort de l’épidémie les gens des villes ont retrouvé le chemin des parcs et de la campagne. Pour respirer. Une manière de revenir aux racines de l’existence. Vita Sackville-West, née en 1892, s’est éteinte en 1962.

L’année où les Beatles ont enregistré " Love me do ". Issu d’un nom ancien qui signifie " la clairière dans la forêt ", le nom de " Sissinghurst " fait penser à un titre de roman que Vita n’aurait pas écrit mais intensément vécu.

« Journal de mon jardin » de Vita Sackville-West

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