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Roman : "Le monde merveilleux" de Paul Colize, un huis clos sur la route qui casse les codes

Paul Colize pour son nouveau roman "Un monde merveilleux"

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Marlène et Daniel sont en voiture pour un long voyage dont la destination est inconnue. Ils ne sont pas assis côte à côte. Daniel à l’avant, Marlene à l’arrière. En fait, ils ne se connaissent pas. Qui sont-ils et quel est l’objet de leur rencontre, c’est tout le mystère que Paul Colize va entretenir durant les trois cent vingt pages de son dernier roman noir paru aux éditions Hervé Chopin : ‘Un monde merveilleux’. Il est l’invité d’Entrez Sans Frapper au micro d’Eric Russon.

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Un road movie déroutant

La trame du roman nous enferme dans un huis clos doublé d’un road movie. Si les livres de Paul Colize sont classés comme polars, l’auteur casse les codes car on y retrouve ni cadavre, ni enquêteur, ni tueur en série. L’atmosphère est sombre, et le mystère épais. Paul Colize explique comment il a construit l’intrigue de son histoire.

"Cela a commencé par une situation : la voiture, le chauffeur, la passagère. Où vont-ils aller, je ne le savais pas. Ensuite je me suis laissé guider par un tas de choses. L’actualité, les idées qui viennent, les conversations que je peux avoir. Les personnages se développent peu à peu. Si j’ai une idée pour le caractère d’un des personnages alors que je suis en train d’écrire la page 200, je dois revenir à la page 1. L’avantage de ne pas avoir de plan, c’est que je suis ouvert à tout, l’inconvénient c’est que je réécris beaucoup."

Un dialogue difficile dans l'Espagne de Franco

Le voyage de ses protagonistes l’a emmené vers l’Espagne. Paul Colize a choisi l’année 1973 pour son intrigue. Franco y est encore dictateur. Les trentenaires ont vécu la guerre 40-45 et la mémoire est encore vivace. Daniel est un militaire belge basé en Allemagne. Sa mission est de conduire cette femme de trente-huit ans, Marlene. Elle est à la recherche de quelqu’un. Le mystère plane autour de cette tierce personne. Les deux personnages sont en antagonisme : le militaire psychorigide et la femme mystérieuse et fantasque. Le dialogue entre les deux n’est pas facile. La tension s’installe…

La force du roman de Paul Colize est de nous tenir en haleine pendant une centaine de pages avec deux personnes qui se tirent la gueule dans une voiture. A chaque chapitre, le lecteur reçoit des pistes. Et notamment, par de très courts chapitres qui sortent du huis clos pour évoquer des faits historiques marquants qui donne une nouvelle perspective à la réflexion. Du huis clos incarcéré dans l’habitacle d’une voiture, on miroite avec d’autres situations ailleurs dans le temps et l’espace. Avec une même interrogation : la liberté de nos choix et le poids de nos décisions.

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