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Royaume-Uni : les départs s’enchaînent avec les démissions de deux autres membres du gouvernement, Johnson dans la tourmente

Boris Johnson le 30 juin 2022 (illustration)

© AFP or licensors

06 juil. 2022 à 08:22Temps de lecture1 min
Par Belga et AFP, mis en ligne par Kevin Dero

Deux nouveaux membres du gouvernement britannique ont annoncé mercredi leur démission au lendemain des départs fracassants des ministres de la Santé et des Finances, fragilisant encore le Premier ministre Boris Johnson empêtré dans une vague de scandales.


 

Will Quince, le 16 juin dernier

Le secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et de la Famille, Will Quince, a annoncé son départ, jugeant qu’il n’avait "pas le choix" après avoir répété "de bonne foi" dans les médias des éléments fournis par les services du Premier ministre "qui se sont avérés inexacts". Laura Trott a démissionné de son poste d’assistante auprès du secrétaire d’État aux Transports jugeant que la confiance était "perdue".

Nomination litigieuse

Dans sa lettre de démission datée de mercredi et adressée au chef du gouvernement, publiée sur Twitter, Will Quince explique sa démission par un briefing "inexact" organisé lundi par les services du Premier ministre avant une conférence de presse concernant une nomination litigieuse.

"Merci de m’avoir reçu hier soir (mardi, ndlr) et pour vos excuses sincères au sujet du briefing que j’ai reçu des services du 10 (Downing Street) avant la conférence de presse de lundi, dont nous savons désormais tous les deux qu’il était inexact", explique Will Quince dans ce courrier.

"C’est avec une grande tristesse et de profonds regrets que je n’ai d’autre choix que de présenter ma démission en tant que ministre des Enfants et des Familles, dans la mesure où j’ai accepté et répété ces éléments de bonne foi", précise-t-il.

"Confiance perdue"

Scandales à répétition

De son côté, le tout nouveau ministre britannique des Finances, Nadhim Zahawi, a annoncé mercredi que le gouvernement devait relancer une économie en difficulté et qu’il étudiait toutes les options pour y parvenir, y compris une éventuelle baisse d’impôts.

"Je vais tout examiner, il n’y a rien qui ne soit pas sur la table", a-t-il répondu à Sky News après avoir été interrogé sur l’hypothèse d’une baisse d’impôts.

Nadhim Zahawi, nommé à la tête du ministère des Finances mardi soir à la suite de la soudaine démission de son prédécesseur Rishi Sunak, a déclaré que l’année 2023 s’annonçait difficile et qu’il se concentrerait sur le renchérissement du coût de la vie que subissent les ménages britanniques.
 

Ces deux démissions interviennent moins de 24 heures après celles, tonitruantes, des ministres des Finances Rishi Sunak et de la Santé Sajid Javid. Les deux hommes ont également mis en avant une rupture de confiance, le premier soulignant que les Britanniques attendaient "légitimement que le gouvernement soit conduit de manière compétente et sérieuse".

Boris Johnson est empêtré dans des scandales à répétition. Le dernier en date concerne la démission de Chris Pincher, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs, en raison d’accusations d’attouchements sexuels par plusieurs hommes. Boris Johnson, alors ministre des Affaires étrangères, aurait été au courant d’allégations plus anciennes visant Chris Pincher au moment de sa nomination en février dernier.

Le Premier ministre avait reconnu que cette nomination "était une erreur".

Nhadhim Zahawi, le 5 juillet 2022
Nhadhim Zahawi, le 5 juillet 2022 © AFP

"Game over" pour la presse?

Pour la presse britannique, l'avenir du Premier ministre conservateur Boris Johnson au 10, Downing Street est particulièrement incertain après la démission, coup sur coup, de ses ministres des Finances et de la Santé mardi soir. Un avenir qui ne tient "qu'à un fil", titrait mercredi The Telegraph, quand le journal conservateur The Times appelait dans sa Une "BoJo" à démissionner pour le bien du pays.

"Game over", soulignait ainsi The Times. "Chaque jour qu'il passe au pouvoir y augmente le chaos." Pour le quotidien, Boris Johnson commet une erreur en s'accrochant au pouvoir car il n'a "plus la confiance ni de son parti, ni du pays".

David Frost, l'ex- "Monsieur Brexit" du gouvernement britannique, pointe dans The Telegraph que, si Boris Johnson ne quitte pas son poste, il risque "d'emporter avec lui le parti et le gouvernement". D'autres membres de l'équipe gouvernementale devraient également se poser la question: sont-ils "vraiment satisfaits de la trajectoire actuelle?", poursuit David Frost.

Il prend des allures de Premier ministre maudit

The Daily Express voit pour sa part un Johnson "blessé" mais "libéré". Dans le Daily Mail, le chroniqueur Stephen Glover dépeint une personnalité politique exceptionnelle, ayant permis l'avènement du Brexit, mais un homme "imparfait". "Après tout ce qu'il s'est passé et malgré ses accomplissements, il prend des allures de Premier ministre maudit", ajoute le journaliste.

Enfin, dans The Guardian, la journaliste Polly Toynbee conclut que la manière et le moment de la démission de Boris Johnson constituent "la seule question encore pendante".

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