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Royaume-Uni : près de 1000 migrants traversent la Manche en une journée

© Daniel LEAL / AFP

04 sept. 2022 à 14:33 - mise à jour 05 sept. 2022 à 18:07Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Théa Jacquet

Près de 1000 migrants ont traversé la Manche pour se rendre au Royaume-Uni à bord de petites embarcations de fortune samedi, a indiqué dimanche le ministère britannique de la Défense.

Selon les chiffres officiels, 960 personnes ont effectué la périlleuse traversée à bord de 20 embarcations, portant à plus de 26.000 le nombre total de traversées depuis le début de l’année.

Vendredi, 221 personnes avaient atteint le Royaume-Uni après avoir traversé la Manche à bord d’embarcations de fortune dans l’un des détroits les plus fréquentés du monde.

Le nombre de ces traversées est bien parti pour battre le record de 2021, quand 28.500 personnes étaient arrivées sur le sol britannique. De telles traversées se sont multipliées depuis 2018 face au verrouillage croissant du port français de Calais et du tunnel sous la Manche.

Un accord controversé avec le Rwanda

Un récent rapport parlementaire britannique estimait que le total pourrait atteindre cette année 60.000 malgré les promesses répétées du gouvernement conservateur britannique, qui a fait du sujet une priorité depuis le Brexit, verse des millions à la France puis l’aider à renforcer la surveillance des côtes et multiplie les mesures pour durcir l’accueil des migrants.

Londres a conclu un accord très controversé avec le Rwanda pour envoyer dans ce pays d’Afrique de l’Est les demandeurs d’asile arrivés par de telles embarcations sur le sol britannique.

Bien qu’aucune de ces expulsions n’ait encore eu lieu – un premier vol prévu en juin a été annulé après une décision de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) -, les candidats à la succession de Boris Johnson, Rishi Sunak et Liz Truss, ont tous deux promis de poursuivre cette politique.

Plusieurs associations ont déposé un recours, dont l’examen devant la Haute-Cour de Londres est prévu sur cinq jours. La justice britannique a commencé à les examiner ce lundi.

Le Rwanda accusé d’être un "Etat autoritaire"

L’avocat de plusieurs requérants, Raza Husain, a ainsi accusé le Rwanda d’être un "Etat autoritaire", accusant le "régime" de Kigali de torturer et tuer "ceux qu’il considère comme ses opposants".

Avant le début de l’audience, le secrétaire général du syndicat PCS Mark Serwotka a jugé l’expulsion de migrants vers le Rwanda "non seulement immorale mais illégale", exhortant le ministère de l’Intérieur à "abandonner son approche hostile envers les réfugiés".

La fondatrice de l’association Care4Calais Clare Moseley a quant à elle évoqué les tentatives de suicide et grèves de la faim des migrants informés qu’ils seraient expulsés vers le Rwanda.

Les avocats du gouvernement ont défendu l’accord signé avec le Rwanda, estimant qu’il assure aux personnes qui y seraient expulsées de bénéficier d’une procédure de détermination de leur statut de réfugiés "sûre et efficace", et qu’en aucun cas elles ne risquent un "refoulement" indirect vers leur pays d’origine ou un autre pays.

"Des dispositions ont été prises pour s’assurer qu’elles bénéficient d’un logement et d’un soutien approprié au Rwanda", ont-ils insisté.

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