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Tennis

Ruben Bemelmans, jeune retraité du tennis : "Je suis fier de ma carrière, parce que j’ai toujours tout donné"

21 juin 2022 à 10:28Temps de lecture4 min
Par Christine Hanquet

Ruben Bemelmans a mis un terme à sa carrière de joueur de tennis, à seize ans sur le circuit professionnel. Il n’a jamais été dans le top 50 (son meilleur classement a été une 84e place mondiale), il n’a jamais gagné de tournoi ATP en simple (il a remporté des challengers), mais il a réussi quelques superbes performances, il a été l’un des piliers de notre équipe de Coupe Davis, et il a fait partie du paysage tennistique belge pendant de longues années.

Sa constante bonne humeur va manquer, c’est certain. Mais en fait, Ruben Bemelmans ne s’éloigne pas vraiment des courts de tennis, puisqu’il est d’ores et déjà le nouvel entraîneur de Zizou Bergs.

Entretien avec le nouveau retraité…

Voilà, vous venez de tourner une page importante de votre vie. Même si vous avez pu prendre cette décision vous-même, et qu’elle n’a pas été dictée par une blessure, cela doit certainement vous faire un petit quelque chose…

Oui, tout à fait. C’était une décision très difficile à prendre. On a bien réfléchi, ma femme et moi, en tenant compte de notre situation familiale, de mon classement, de ma motivation. Ce sont des facteurs qui m’ont poussé à mettre un terme à ma carrière professionnelle.

En jouant votre dernier tournoi, il y a quelques jours, saviez-vous que c’était le dernier ?

Pas à 100%, parce que j’avais demandé une invitation pour les qualifications du tournoi de Wimbledon. Mais je savais qu’il y avait une possibilité que ce soit mon dernier match. Et en effet, cela a été mon dernier match, puisqu’ils n’ont pas voulu me donner la wild-card.

L’histoire est belle, du coup. Vous avez joué votre dernier match contre Zizou Bergs, alors que vous devenez son entraîneur. Et que vous l’avez déjà aidé à conquérir la plus belle victoire de sa carrière, le challenger d’Ilkley…

C’était très particulier, parce qu’au moment de jouer ce match, on savait déjà tous les deux qu’on allait entamer cette collaboration. Et tout s’est bien passé, finalement. Il a gagné le tournoi, et il a reçu une invitation pour le tableau final de Wimbledon. Et moi, je peux dire que j’ai joué le premier Grand Chelem de ma carrière à Wimbledon, et que je peux commencer ma carrière de coach à Wimbledon. C’est super…

En plus, entraîner un jeune joueur, qui a beaucoup de potentiel, qui est très aimé par le public, c’est un très beau challenge…

C’est un projet magnifique. Je connais Zizou depuis quelques années. Et j’ai vu sa progression. Il a les capacités d’aller loin. Et je vais tout donner pour qu’il ait la même carrière que moi, et même mieux.

Revenons à votre carrière, justement. C’était de belles années, non ?

Oui, tout à fait. J’ai connu des moments magiques, en Coupe Davis, sur le circuit, à Wimbledon, à l’US Open. J’en garde de très beaux souvenirs. Et si je devais n’en retenir qu’un, ce serait la Coupe Davis. J’ai participé à deux finales, et je m’en souviendrai toute ma vie. J’ai mon trophée dans le living, et le voir me fait toujours plaisir. Et puis, j’ai aussi le record du joueur qui s’est qualifié le plus souvent pour Wimbledon (ndlr : six fois, il a réussi à gagner ses trois matches de qualification, et à se hisser dans le grand tableau). Parmi mes bons souvenirs, il y a aussi mon troisième tour à Wimbledon, et mon troisième tour à l’US Open. Et puis ma victoire contre Lucas Pouille quand il était douzième mondial, et celle contre Daniil Medvedev en cinq sets.

Et vous avez rencontré les trois grands, Rafael Nadal, Roger Federer, Novak Djokovic…

Cela me fait plaisir d’avoir pu partager le terrain avec eux, parce que ce sont des légendes. Jouer contre eux, c'est une sorte de fantasme, pour les autres joueurs professionnels. Depuis dix ou quinze ans, on est tous devant la télé, quand ces trois-là disputent des grands matches les uns contre les autres.

Avez-vous des regrets ? De ne pas avoir gagné de tournoi ATP, par exemple…

Non, j’ai zéro regret, à propos de ma carrière. Parce que je sais que j’ai toujours tout donné.

Et êtes-vous fier de ce que vous avez réussi ? D’avoir pu rester longtemps dans le top 100, notamment…

Oui, parce que tout le monde ne le fait pas. J’ai toujours beaucoup donné, pour y arriver. Comme tous les athlètes professionnels, j’ai fait des sacrifices. C’est dur, mine de rien, d’être un joueur de tennis. Il faut être un athlète complet. Il ne faut pas seulement être fort physiquement, il faut être rapide, explosif, solide dans sa tête. C’est ce genre de chose qui fait la différence entre le top 10, le top 20, le top 30, et les autres. Il y a toujours des petits détails que l’on cherche à améliorer, parce que d’autres font les choses mieux que nous.

Vous avez énormément voyagé. Peut-on dire que vous avez vu le monde ? Ou bien, vous n’avez vu que les chambres d’hôtel et les courts de tennis ?

C’est un peu les deux. On voyage beaucoup, mais on voit surtout notre chambre et le terrain. Et puis, dès qu’on a perdu, on veut rentrer le plus vite possible. Mais j’ai malgré tout pris du temps pour aller dans les centres-villes, pour faire quelques visites touristiques dans les musées.

Vous avez déclaré que désormais, vous allez pouvoir mieux profiter de votre famille. Mais comme vous devenez immédiatement l’entraîneur de Zizou Bergs, vous allez continuer à voyager…

On s’est dit, avec Zizou, que je l’accompagnerais quinze semaines par an. Donc, cela va. Quand on est joueur, on est partis pendant trente ou trente-cinq semaines par an. Je serai donc beaucoup plus à la maison qu’avant.

Savez-vous déjà ce qui risque de vous manquer le plus, de votre vie de joueur ?

Je pense que ce sont les moments où l’on joue des matches de Coupe Davis ou de Grands Chelems avec le public derrière soi. Ces émotions sur le terrain vont me manquer le plus.

Ruben Bemelmans
Ruben Bemelmans © Tous droits réservés

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