La Grande Forme

Rupture de la coiffe des rotateurs : la pathologie de l'épaule la plus fréquente pour les plus de 45 ans

Rupture de la coiffe des rotateurs

© Terry Vine - Getty Images

La pathologie de la coiffe des rotateurs est une cause de douleur très fréquente dès l'âge de 45 ans. Il existe différents traitements pour soigner cette déchirure du tendon. Le Dr Vander Maren, chirurgien orthopédiste à l'hôpital Chirec (site Braine-l'Alleud), nous éclaire à ce sujet dans l'émission "La Grande Forme".

La coiffe des rotateurs correspond à un ensemble de quatre tendons (extrémité d'un muscle) qui viennent se fixer sur le pourtour de la tête de l'humérus la recouvrant comme un chapeau, d'où le nom "coiffe des rotateurs" explique le Dr Vander Maren.

L'humérus constitue un des éléments de l'articulation de l'épaule, quant à la coiffe des rotateurs, elle participe aux mouvements de rotation externe, interne mais aussi dans le mouvement d'élévation du bras.

Deux explications à cette pathologie de l'épaule

La coiffe des rotateurs peut être le siège :

  • D'une inflammation : tendinite avec calcifications éventuelles
  • D'un traumatisme : chez les sujets jeunes, après un choc violent comme par exemple un accident sportif

Mais le plus souvent, il s'agit d'une pathologie dégénérative liée à l'âge qui explique cette usure progressive des tendons qui finissent par se fissurer, s'ulcérer et parfois même se rompre explique notre expert : "Cela fait partie du processus du vieillissement ; les tendons de façon normale et physiologique finissent par s'abîmer avec l'âge. Cette pathologie peut se faire ressentir à partir de l'âge de 60-65 ans et il faut savoir que cette atteinte de la coiffe représente plus de 90% des causes de l'épaule douloureuse chronique !"

Comment savoir si souffre d'une rupture de la coiffe ?

De façon quasi constante, on retrouve une douleur nocturne majorée quand le patient dort sur l'épaule en question. La journée, ce sont des douleurs aux mouvements complexes comme le fait de se gratter le dos. Il y a aussi une difficulté à réaliser des gestes répétés au-dessus de l'horizontal. Enfin, le patient se plaint d'une perte de force et parfois d'une perte de la mobilité de l'épaule précise notre spécialiste.

Après avoir constaté ces différents symptômes, un bon examen clinique permet de nous orienter concernant le diagnostic potentiel : "On réalise une radiographie et/ou une échographie et par la suite, on peut éventuellement réaliser des examens complémentaires comme une résonnance magnétique ou un arthroscanner sur décision du spécialiste pour aider à fixer un choix thérapeutique."

Traiter sans forcément opérer

Le Dr Vander Maren évoque deux traitements potentiels :

  • Le traitement médical : cela consiste en une prise en charge avec de la kinésithérapie adaptée et souvent la nécessité de réaliser de façon récurrente l'une ou l'autre infiltration d'un dérivé de corticostéroïde (antiinflammatoire puissant). Résultat : la symptomatologie sera neutralisée et le patient retrouvera un confort significatif. Par contre, la lésion ne sera pas réparée souligne le chirurgien orthopédiste
  • Le traitement chirurgical : l'indication chirurgicale reste impérative chez les sujets jeunes, mieux vaut la traiter que d'attendre que la lésion s'aggrave. On pratique une réinsertion du tendon qui est déchiré et détaché de l'os en le refixant avec des systèmes d'encrage, le plus souvent par arthroscopie.

"Il y a un intérêt de réparer la rupture chez les sujets jeunes car une lésion qui apparaît précocement ouvre la porte à une évolution arthrosique de l'épaule. Cependant, toutes les ruptures de la coiffe des rotateurs ne doivent pas nécessairement être opérées ; l'âge du patient et les critères morphologues de la lésion orientent en général le choix du traitement" explique notre spécialiste

Une articulation exigeante 

Concernant la convalescence, le Dr Vander Maren souligne qu'il s'agit d'une articulation exigeante donc quand on opère, il faut être conscient qu'en situation post-opératoire, il faut éviter que l'épaule ne s'enraidisse et garder en tête que le tendon doit régénérer, doit retrouver son potentiel. Pour ce faire, il faut minimum 6 semaines de convalescence.

Enfin, mieux vaut prévenir que guérir, notre expert conclut en conseillant dans la mesure du possible, de consulter si vous avez le moindre symptôme pour éviter une quelconque dégradation. S'il y a une pathologie, il est important de prendre un avis pointu pour décider du meilleur traitement et d'éviter les gestes répétés ou prolongés au-dessus de l'horizontal.

La Grande Forme, c’est du lundi au vendredi de 13h à 14h en direct sur VivaCité. Vous avez manqué l'émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio.

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