Chronique cinéma

Ruse ou le cinéma n'est-il pas le plus beau des mensonges ?

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27 avr. 2022 à 07:48Temps de lecture3 min
Par Nicolas Buytaers

Qui dit mercredi, dit sortie cinéma. Et Nicolas Buytaers vous a sélectionné trois films qui viennent d’arriver à l’affiche cette semaine, avec notamment une plongée dans une histoire mal connue de la seconde guerre mondiale. 

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Ruse

Dans toute histoire, il y a ce qui est visible et ce qui est caché... et encore plus quand cette histoire se déroule durant la Seconde guerre mondiale. Nous sommes donc en 1943. les troupes alliées veulent débarquer en Europe. Elles ont choisi la Sicile.

Pour éviter un véritable bain de sang, pour éloigner les Allemands des côtes italiennes, les renseignements britanniques mettent alors au point une ruse. Ils prennent un cadavre anonyme, ils l'habillent et glissent dans un porte documents des papiers annonçant que les Alliés vont finalement débarquer en Grèce. Cette opération est baptisée Mincemeat ou en vf dans le texte Opération Viande hachée.

 

Ce film " La ruse " s'inspire d'une véritable histoire, d'un incroyable récit, d'une opération aussi folle que réussie. Faire passer un homme mort pour le plus grand des agents secrets. L'Histoire (avec un grand H) nous la démontré déjà à de multiples reprises, plus c'est gros, plus ça passe. Les services secrets de l'époque ont fabriqué de toutes pièces cet énorme mensonge pour tromper les Nazis.

Ils ont inventé la vie d'un homme pour que leur histoire reste crédible. Ils ont été très loin dans les détails en imaginant une vie amoureuse, des documents écrits à l'encre indélébile car le corps a été repêché dans l'eau. Bref, ils ont poussé l'art de la fake news à l'extrême.

C'est d'ailleurs ce que nous explique ce film : en temps de guerre, la désinformation est une arme redoutable (la preuve encore aujourd'hui en Ukraine).

Un film qui pose aussi des questions comme " ça veut dire quoi être vivant ? ", " qu'est-ce qui mare la vie d'un homme ? ", l'amour ici en l'occurence.

 

Bref, il y a dans cette production anglaise du suspens et de la tension. On y retrouve tout le charme des films d'espionnage so british des années 50. Mais aussi de cette littérature noire si particulière, romanesque et vraie.

Il n'est donc pas étonnant de retrouver dans le film " La ruse " un personnage comme Ian Fleming. C'est le papa de James Bond et c'est lui qui a soufflé l'idée de faire vivre ce mort ! Rajoutez encore à ce film de John Madden, le réalisateur de " Shakespeare in Love ", un casting de fou emmené par Colin Firth et vous l'avez votre spectacle de la semaine !

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Tromperie

Nous sommes à Londres en 1987 (époque où on téléphonais encore dans des cabines). C'est là que vit Philip, un célèbre écrivain. Lui, il dit surtout que c'est pour mieux écrire, qu'il s'agit d'un exil littéraire. Nous, on pourrait dire que c'est pour vivre au calme, loin de sa femme, ses passions amoureuses avec toutes ses maîtresses. Des passions qui lui inspirent ses livres. Mais aujourd'hui sa femme en a assez de ses mensonges et de ses tromperies. Elle veut des explications.

" Tromperie " c'est le nouveau film d'Arnaud Desplechin. Et comme tous les films d'Arnaud (" Roubaix, une lumière ", " Un conte de Noël "), celui-ci est élégant. Et comme tous les films de Desplechin, celui-ci est rempli de terribles acteurs/trices comme Léa Seydoux, Denis Podalydès, Emmanuelle Devos et Anouk Grinberg.

Et comme tous les films d'Arnaud Desplechin, celui-ci est bavard. Il faut dire aussi qu'il s'inspire d'un roman de Philip Roth.

Là où la magie du cinéma s'exprime à merveille dans ce film c'est quand on vous dit que Denis Podalydès est un homme à femmes avec ses rares cheveux fous. Et quand vous découvrez que d'un film à l'autre, Léa Seydoux tombe sous le charme de Daniel Craig dans le dernier James au charme de Denis dans " Tromperie " !

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Memory

Mensonge ou plutôt dissimulation et oubli dans " Memory ". 

Alex Lewis est un tueur à gages aussi réputé qu'efficace. Oui mais voilà, lui qui vient d'accepter une nouvelle mission, quand il découvre qu'il doit assassiner une adolescente, il refuse d'appuyer sur la détente et d'exécuter son contrat. Donc, non seulement il se met à dos ses employeurs mais il devient aussi négligent et le FBI se lance à sa poursuite. En plus, sa mémoire lui joue des tours. Alors qu'il croit perdre la boule alors, il est atteint des premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer.

 

Les plus cinéphiles d'entre vous diront : " Mais elle me dit quelque chose cette histoire ? " Et pour cause car il s'agit ici du remake américain d'un classique du répertoire flamand, à savoir l'excellentissime " Zaak Alzheimer " (ou " La mémoire du tueur "), joué par Jan Decleir, sorti en 2003.

Ici c'est Martin Campbell (le réalisateur des James Bond " GoldenEye " et " Casino Royale ") qui s'y colle. C'est dire s'il s'y connait en thriller d'action. Et c'est Liam Neeson qui reprend le rôle de notre Jan national.

Liam, il a cette capacité d'être doux et dur, gentil et dangereux, attachant et méchant à la fois.

Mais quoi qu'il arrive, quand il s'agit d'un remake, revoyez toujours l'original !

 

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