Actualités locales

Sagrex : les syndicats interrompent le dialogue social, la direction appelle à la reprise du travail

La carrière Sagrex, à Marche-les-Dames, mardi 30 août 2022.

© © Tous droits réservés

La conciliation a capoté chez Sagrex et les syndicats interrompent le dialogue social, a indiqué mercredi en fin d’après-midi le permanent syndical Frédéric Lucchetta (FGTB) à l’agence Belga, à l’issue d’une journée de rencontre à Mont-Saint-Guibert. Les grévistes se réuniront jeudi matin avec leurs instances syndicales en vue de décider de la poursuite, ou non, de l’arrêt de travail commencé lundi matin. La direction de Sagrex a de son côté appelé ce mercredi soir à la reprise du travail et du dialogue.

Un dialogue de sourds

Une réunion de conciliation s’est tenue dès mercredi matin, au troisième jour de grève qui touche plusieurs carrières wallonnes de l’entreprise Sagrex, dans le quartier d’affaires Axis Parc, à Mont-Saint-Guibert. Elle a rassemblé des représentants de la fédération patronale de l’industrie extractive (Fediex) et de la société Sagrex, ainsi que des délégués syndicaux de la CSC et de la FGTB. Le service public fédéral de l’emploi, du travail et de la concertation sociale y était également représenté.

"L’ambiance générale a été très mauvaise et nous n’avons obtenu aucune avancée, la concertation s’est achevée par un procès-verbal de carence", dit regretter le permanent Frédéric Lucchetta. "Alors que les délégués se trouvaient en négociation à Mont-Saint-Guibert, certains membres de la direction se sont rendus sur les sites en arrêt de travail pour prévenir les ouvriers qu’il y aurait une période d’après-grève… Le dialogue social est clairement interrompu, pour tous les sujets !"

Les grévistes se réuniront jeudi matin avec leurs instances syndicales en vue de décider de la poursuite, ou non, de l’arrêt de travail.

Du côté de la direction de l’entreprise, on dit espérer un retour au dialogue. "Nous avions sollicité une conciliation, ce jour, avec les organisations syndicales, pour trouver une solution au conflit en cours", explique un porte-parole de l’entreprise à l’agence Belga. "Sagrex a pleinement conscience du contexte économique difficile rencontré par les travailleurs. Mais en offrant déjà des niveaux de remboursement de frais de transport nettement supérieurs aux normes du secteur, nous avions bon espoir de trouver un accord. Malheureusement, les points de vue des parties n’ont pas pu être conciliés. La direction a cependant bon espoir que le dialogue avec les travailleurs sera maintenu et que le travail reprendra rapidement sur les sites en grève…"

Les prix des carburants en cause

L’arrêt de travail, commencé lundi à 6 heures, concerne les sites carriers namurois et hennuyers d’Aisemont, Beez, Engis, Lustin, Marche-les-Dames, Moha et, dans une moindre mesure, celui de Monceau-sur-Sambre, où un transfert d’activités est en cours. Les travailleurs justifient leur action par l’explosion du coût des carburants qui touche fortement les ouvriers lors de leurs déplacements vers leur lieu de travail.

Ces derniers demandent un geste pour les aider à supporter le coût des carburants. Non satisfaits de la réponse apportée par la direction de la société, ils avaient, via leurs représentants, déposé un préavis de grève au début du mois de juillet.

Leader sur les marchés belge et néerlandais, Sagrex emploie près de 400 personnes réparties sur ses 20 sites, dont 18 en Belgique et 2 aux Pays-Bas, ainsi qu’en son siège social établi à Braine-l’Alleud. L’entreprise produit des granulats utilisés dans l’industrie de la construction, principalement comme matière première pour le béton.

Sur le même sujet

La direction de Sagrex a cédé : l’indemnité de déplacement des travailleurs sera augmentée

Regions

Grève dans les carrières de la société Sagrex : nouvelle tentative de conciliation annoncée

Regions

Articles recommandés pour vous