Saint-Sauveur, Brugelette : malgré le Covid, de nouvelles boucheries voient le jour

Derrière le comptoir de sa nouvelle boucherie, Paul Dantrou dit avant tout apprécier le contact avec ses clients.

© Xavier Mouligneau

21 avr. 2021 à 05:09 - mise à jour 21 avr. 2021 à 05:09Temps de lecture2 min
Par Xavier Mouligneau

C'est un constat. Chaque année, 3 à 4 % des boucheries disparaissent. Les bouchers qui arrêtent, atteints pas la limite d'âge, ne trouvent pas nécessairement de repreneur.  Ajoutez à cela la concurrence des grandes surfaces et le fait que la consommation de viande a tendance diminuer d'année en année... Résultat : il ne reste plus en Wallonie que moins de 800 artisans-bouchers. Et la main d'oeuvre qualifiée manque cruellement à l’appel.

Ceci étant, certains choisissent pourtant encore de franchir le pas. C’est le cas de  Victor Renard. À 32 ans, il a décidé de s'installer à son compte dans le village de Saint-Sauveur, après avoir principalement travaillé comme boucher dans la grande distribution. La crise du coronavirus ne l'a pas freiné dans son projet, bien au contraire. "Depuis le début de cette crise, les gens sont restés plus chez et semblent avoir redécouvert les commerces de proximité et les produits locaux grâce aux circuits courts" explique, le sourire aux lèvres, ce jeune entrepreneur. Qui plus est, il est particulièrement heureux de pouvoir travailler les bêtes Blanc-Bleu-Belge élevées par son jeune frère agriculteur. Victor Renard a également décidé de jouer la carte de la fraîcheur. "J’ai pris le parti de travailler sans congélateurs. Cela apporte un goût totalement différent à la viande et le client semble apprécier".  De quoi rassurer celui qui vient d’être Papa pour la deuxième fois. 

Victor Renard a ouvert sa boucherie le 7 avril dernier à Saint-Sauveur. Même le lundi, jour de fermeture, il s’active dans son atelier.
Victor Renard a ouvert sa boucherie le 7 avril dernier à Saint-Sauveur. Même le lundi, jour de fermeture, il s’active dans son atelier. © Xavier Mouligneau

Paul Dantrou à Brugelette

Autre commune qui compte à nouveau une boucherie, c’est celle de Brugelette. L’initiative en revient à Paul Dantrou, un habitant de la localité. A 45 ans, après avoir pas mal roulé sa bosse, principalement dans la grande distribution, il a ouvert son commerce en février dernier. Malgré le covid, c'est un peu un rêve qui se réalise. "Cela fait des années que j’en avais l’envie et puis l’opportunité s’est enfin présentée. J’ai eu la chance que ma banque me suive dans mon projet"  explique-t-il. Lui aussi constate que ce retour des consommateurs vers les produits locaux, les artisans et les commerces de proximité. "Manifestement, cela répond à un besoin puisqu’en plus des habitants de la localité, une partie de ma clientèle vient de communes voisines. Ici, on est derrière le comptoir. On est là pour conseiller. Maintenant, je peux dire que je parle à mes clients". 

Quand on l’interroge sur sa philosophie du métier, Paul Dantrou précise qu’il travaille à l’ancienne, contrairement à ce qui pratique notamment dans la plupart des grandes surfaces. "On travaille des vaches, pas des taureaux. Des bêtes qui ont entre 4 et 6 ans. Le taux d’engraissement est exceptionnel et la viande est maturée. On propose aussi du porc fermier avec un peu plus de gras, ce qui permet de garder du moelleux à la cuisson". Et manifestement, les clients sont au rendez-vous malgré le contexte de crise sanitaire. Ce nouveau commerçant brugelettois ne compte pas en rester là. Vu la proximité du Parc Pairi Daiza, il envisage déjà d’ouvrir un snack-friterie, à côté de sa boucherie et, à terme, une salle de réception pour accueillir des banquets.    

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