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Sanctions occidentales envers la Russie : "La seule arme qu’ils avaient en main pour faire au moins réfléchir Poutine"

Dossier de la rédaction

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23 févr. 2022 à 12:17Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck sur la base d'une interview de François Heureux

Après les déclarations de Vladimir Poutine ouvrant la voie à une invasion de l’Ukraine, c’est par le portefeuille que les Américains et Européens ont décidé de sanctionner la Russie. "Nous coupons le gouvernement russe du financement occidental", a notamment déclaré Joe Biden ce mardi soir. Mais ces sanctions vont-elles vraiment faire "très mal" ?

Limitation de l’accès aux marchés, banques ciblées, commerce interdit avec les zones séparatistes, gel des avoirs et interdiction de visa pour les députés russes… Selon Nina Bachkatov, spécialiste de la Russie, si ces sanctions "ne font pas mal", elles "vont faire mal" lorsqu’elles seront mises en chantier.

Des sanctions, faute de mieux

"C’était la seule arme qu’ils avaient en main pour faire au moins réfléchir Poutine, donc oui, ça va faire mal", répond Nina Bachkatov, spécialiste de la Russie.

Certes, cela ne va pas forcément freiner le président russe. "Si vous regardez dans l’histoire, les sanctions n’ont jamais changé la politique", reconnaît-elle. Mais ici, "qu’est-ce que les Occidentaux pouvaient faire ? A part faire la guerre, il restait cette voie. En espérant un retour à la diplomatie, bien entendu."

Le début d’une "invasion de l’Ukraine" ?

Alors, à quoi faut-il s’attendre de la part de Vladimir Poutine dans les jours et les semaines à venir ? "Personne ne sait ce que Poutine a en tête, même à Moscou", répond la spécialiste de la Russie.

Par contre, "ce qu’il a comme objectif global – et il l’a dit et répété depuis la fameuse conférence de Munich de 2007 – c’est que la Russie soit partie prenante comme partenaire égal de tout ce qu’il se passe, qui concerne le monde et notamment la sécurité européenne."

D’après la spécialiste russe, l’objectif de Vladimir Poutine serait donc de se faire davantage entendre dans le concert international.

Soulever le peuple ?

Ces sanctions, beaucoup plus fortes que celles décrétées après l’annexion de la Crimée, pourraient également avoir des effets chez nous. "Pour le moment, les dirigeants européens et toute une série d’experts disent que la Russie ne tiendra pas longtemps. Je crois que ça tiendra encore moins longtemps chez nous."

Par ailleurs, les Russes seraient plus résilients que les Occidentaux. D’après Nina Bachkatov, l’impatience et les revendications de la population devraient plus vite se faire entendre chez nous.

Si nous espérons des troubles sociaux ou des retournements politiques contre Poutine… Je crois qu’on en aura beaucoup plus vite en Occident

"Si nous espérons des troubles sociaux ou des retournements politiques contre Poutine… Je crois qu’on en aura beaucoup plus vite en Occident, là où nous avons aussi des malaises sociaux, de l’inflation et où les sanctions vont être ressenties."

Selon la spécialiste, il ne faudrait donc pas compter sur la pression populaire comme outil de persuasion en Russie.

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