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Sans ammoniaque, impossible de brûler nos déchets sans polluer au-delà des normes : retour à la décharge ?

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La gestion de nos déchets subit aussi la crise énergétique à cause d’un produit qu’elle utilise. Ce produit, c’est l’ammoniaque et il risque d’en manquer prochainement.

Jean-Jacques De Paoli, responsable du département communication chez Intradel, service de gestion des déchets en région liégeoise, expliquait dans Matin première en quoi l’ammoniaque est indispensable à l’incinération de nos déchets.

"Il est utilisé dans le processus qui permet à notre unité de valorisation énergétique de détoxifier les fumées qui sont produites par la combustion des déchets. En gros, sans ammoniaque, en fonction des calculs qui ont été faits jusqu’à présent, on rejetterait quatre fois plus de dioxyde d’azote qu’aujourd’hui."

Or, l’ammoniaque est notamment constituée de gaz naturel, "et depuis le mois de mars, on a vu le prix de l’ammoniaque augmenter très fort. Vu l’augmentation des prix, on n’a plus fait de stocks sur le long terme, en espérant évidemment que le conflit russo-ukrainien se termine et que le prix du gaz naturel chute à nouveau, et donc que le prix de l’ammoniac aussi. On est parti sur des réserves de 15 jours, trois semaines. Le problème, c’est que le prix n’a cessé d’augmenter".

Retour en décharge ?

Un fournisseur européen qui a un quasi-monopole n’a finalement plus vendu et a fermé un site, puis deux, puis trois, etc. Les sites ferment les uns après les autres et en mars, et aujourd’hui, on est plus ou moins au stade où le produit risque très clairement — on ne parle plus en mois maintenant, mais en semaine ou en jours — de ne plus être disponible.

Si on continue à brûler nos déchets ménagers résiduels sans purifier les fumées, la gestion des déchets des citoyens deviendrait illégale puisqu’on va dépasser très clairement la norme européenne de deux à trois fois"

La solution de rechange est la mise en enfouissement technique. "Mais ça ferait un sérieux retour en arrière de 30 ans si on demandait aux intercommunales de traitement de déchets, qui ont mis depuis 30 ans toute une série de processus en marche pour éviter que ces déchets ne soient enfouis, de retourner sur l’enfouissement. Et d’un point de vue économique, ce serait évidemment un peu catastrophique".

Quand on brûle les déchets, on produit aussi de l’électricité : "Cette électricité est évidemment revendue à une société qui vend de l’électricité, qui nous la rachète, et cette électricité, qui est de l’électricité verte nous rapporte de l’argent et rentre dans notre modèle économique. Si demain, du jour au lendemain, on nous dit qu’on doit arrêter, nous devrons facturer aux communes, qui elles-mêmes taxent les citoyens, le coût réel de traitement des déchets".

 

 

 

 

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