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Sarah Defrise, soprano : " La découverte de Joseph Jongen m’a fait changer la façon dont j’envisage la musique "

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04 oct. 2021 à 09:25Temps de lecture5 min
Par Laurent Graulus

Depuis le début de ce mois de septembre, Musiq3 vous invite à découvrir cinq podcasts originaux consacrés à de grands mythes, contes et légendes. Une série que nous avons intitulée "Au-delà du mythe".

Des mythes qui vous sont contés par cinq grandes voix lyriques belges : Jodie Devos, Anne-Catherine Gillet, Sophie Junker, Céline Scheen et Sarah Defrise.

Nous avions rencontré la soprano Sarah Defrise en octobre 2020, et en écho à cette série de podcasts "Au-delà du mythe", nous vous proposons de (re) découvrir cette artiste, aussi volubile que brillante !

Sarah Defrise est l’une des voix de sopranos qui comptent aujourd’hui en Belgique.

Née dans une famille de scientifiques-mélomanes, elle a toujours été entourée de musique. Dès l’âge de 4 ans, elle débute le piano. Une passion à laquelle s’ajoute rapidement celle du théâtre. Dès l’âge de 10 ans, la jeune soprano décide qu’elle sera chanteuse.

Elle intègre alors la Choraline, le Choeur des Jeunes de la Monnaie. Parallèlement à ses activités musicales, elle entreprend des études de langues et littératures romanes à L’ULB. Des études qu’elle interrompra pour se consacrer désormais exclusivement à l’Art lyrique.

Un parcours académique d’Art lyrique qui se poursuivra en deux temps : tout d’abord au Conservatoire de Bruxelles, section néerlandophone, puis à Paris, à l’Ecole Normale de Musique Alfred Cortot, où elle travaillera avec Daniel Ottevaere, grand pédagogue belge émigré à Paris, et qui deviendra son mentor.

En 2014, la jeune soprano belge fait ses débuts à l’opéra royal de Wallonie dans le rôle de Clorinda dans la "Cenerentola" de Rossini. Depuis lors, Sarah Defrise n’a pas cessé de chanter à l’opéra. On y apprécie bien sûr la souplesse, l’agilité, et l’expressivité de sa voix lumineuse, à la projection rare. Mais c’est aussi son jeu d’actrice extrêmement convaincant et engagé, qui est particulièrement remarqué par les metteurs en scène, comme par les Directeurs musicaux.

A la question de savoir si le métier de comédienne aurait pu être une autre voie, Sarah Defrise nous répondra sans détour : " J’y pense encore toujours, mais l’Opéra n’est rien d’autre que du théâtre en Musique ! "

En septembre 2020, c’est à La Monnaie que Sarah Defrise incarne le rôle principal d’une adolescente, dans l’opéra "Dead little girl", de Jean-Luc Fafchamps, 1er volet de la trilogie "Is this the end ? " Dans cette production, filmée et diffusé en streaming, les performances vocales et théâtrales de Sarah Defrise ne font qu’un. On y ressent toute la douleur de l’adolescence, comme si la jeune soprano était vraiment cette adolescente en détresse.

Parallèlement à ce métier à l’Opéra, Sarah Defrise nourrit depuis plusieurs années maintenant, une passion pour le compositeur belge Joseph Jongen (1873-1953). Une passion qui l’a conduite à réaliser une thèse de Doctorat autour des mélodies pour voix et piano de Jongen.

Un travail intense, minutieux et méticuleux qui l’a occupée pendant quatre ans. Une thèse qui exigeait également de proposer une production musicale. Celle-ci s’est concrétisée par l’enregistrement discographique de l’intégrale des mélodies pour voix et piano de Jongen.

Le 1er volume de cette trilogie, intitulé "Entrevisions" est paru chez Musique en Wallonie. Deux autres volumes sont à paraître dans le futur. Dans ce 1er volet, Sarah Defrise est accompagnée par l’excellent pianiste londonien Craig White. Ils y explorent, entre autres, l’opus 25, composé en 1902.

A propos de Jongen, Sarah Defrise nous confiera que " La découverte de sa musique m’a fait changer la façon dont j’envisage la musique […] L’une des difficultés et des douleurs de Jongen aura été celle de ne pas comprendre, au tournant du 20e siècle tout le courant dodécaphonique qui s’amorçait. Jongen ne l’a jamais emprunté. "

En conversant avec la jeune artiste, on se rend vite compte de la richesse de sa personnalité : elle n’est ainsi pas seulement une artiste lyrique très complète, mais aussi une chercheuse, et enfin une citoyenne engagée.

C’est ainsi qu’elle crée, en plein confinement, avec d’autres artistes, le collectif " Les artistes affilié.e.s ". Une structure qui incite les Artistes à connaître leurs droits, en s’affiliant aux différentes fédérations professionnelles qui qui les représentent en Fédération Wallonie-Bruxelles ; Un sujet dont nous parlera notre invitée.

Vous l’avez compris, le spectre artistique de Sarah Defrise est aussi large que sa tessiture.

Qui plus est, elle est une personne rayonnante, attentive, et délicieusement drôle, que nous vous invitons à découvrir avec nous !

Bonne écoute !

Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS

Ci-dessous, la programmation détaillée de notre entretien :

Antonio VIVALDI"Gelido in ogni vena", extrait de l’opéra "Farnace" RV 711. Cecilia Bartoli, et "Il Giardino Armonico", direction : Giovanni Antonini. DECCA.

Joseph JONGEN" Ferveur printanière", extrait des 6 mélodies de l’opus 25 (1902). Extrait du disque "Entrevisions". Sarah Defrise, soprano et Craig White, piano. MUSIQUE EN WALLONIE.

Joseph JONGEN"Lys Chrysanthèmes", extrait des 6 mélodies de l’opus 25 (1902). Live aux F.Midis-Minimes 2020. Sarah Defrise, soprano et Stéphane Ginsburgh, piano. Enregistrement public. Non publié.

Joseph JONGEN"Chanson d’automne", extrait des 6 mélodies de l’opus 25 (1902). Live aux F.Midis-Minimes 2020. Sarah Defrise, soprano et Stéphane Ginsburgh, piano. Enregistrement public. Non publié.

Joseph JONGEN"Rouge". Extrait du disque "Entrevisions". Sarah Defrise, soprano et Craig White, piano. MUSIQUE EN WALLONIE.

Serge PROKOFIEVSonate pour piano n°2 op 14 – II. Scherzo – Allegro marcato. Stéphane Ginsburgh, piano. CYPRES.

Cécile CHAMINADESérénade aux étoiles. Juliette Hurel, flûte et Hélène Couvert, piano. ALPHA.

Joseph JONGEN"Après un rêve", extrait des 6 mélodies de l’opus 25 (1902). Extrait du disque "Entrevisions". Sarah Defrise, soprano et Craig White, piano. MUSIQUE EN WALLONIE.

Leonard BERNSTEIN"Glitter and be gay", extrait de "Candide". Sarah Defrise, soprano et l’Orchestre symphonique de Sebastopol, dirigé par Fabio Mastrangelo. Enregistrement public. Non publié.

Isabelle ABOULKER"Je t’aime ! ". Sarah Defrise, soprano et Fabian Fiorini, piano. Enregistrement Festival Musiq3 2020. Non publié.

QUEEN – . Queen : "Bicycle race" (1976. COLUMBIA.

Jean-Luc FAFCHAMPSExtrait de "Dead little girl", extrait de la trilogie "Is this the end ? ". Sarah Defrise, soprano ; les Choeurs et l’orchestre symphonique de La Monnaie, dirigés par Ouri Bronchti. Enregistrement public réalisé par La Monnaie. Non publié.

Jean-Luc FAFCHAMPSExtrait de "Dead little girl", extrait de la trilogie "Is this the end ? ". Sarah Defrise, soprano ; les Choeurs et l’orchestre symphonique de La Monnaie, dirigés par Ouri Bronchti. Enregistrement public réalisé par La Monnaie. Non publié.

Jean-Luc FAFCHAMPSExtrait de "Dead little girl", extrait de la trilogie "Is this the end ? ". Sarah Defrise, soprano ; les Choeurs et l’orchestre symphonique de La Monnaie, dirigés par Ouri Bronchti. Enregistrement public réalisé par La Monnaie. Non publié.

Joseph JONGEN"Tableau gothique". Live aux F.Midis-Minimes 2020. Sarah Defrise, soprano et Stéphane Ginsburgh, piano. Enregistrement public. Non publié.

 

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