Chroniques

Sarah Schlitz : de la pression à la démission

Philippe Walkowiak

© RTBF

Par Philippe Walkowiak

 

Cinquième démission pour le gouvernement De Croo qui n’a pourtant qu’un peu plus de deux ans et demi d’existence.

Et parmi ces cinq démissions, celles de quatre femmes (Wilmès, Kitir, De Bleeker, Schlitz), sans qu’il n’y ait forcément de lien entre celles-ci.

Pour Sarah Schlitz, la situation était devenue difficilement tenable.

L’art de la démission

Pendant longtemps, la démission ministérielle a été rare dans le monde politique belge. Il y a bien eu celle en 1973, celle d’Abel Dubois (PS) à la suite d’un scandale politico-financier à la RTT. Lors du drame du Heysel (39 morts en 1985), le ministre de l’Intérieur Nothomb refusa la démission que beaucoup demandaient. À partir du scandale Agusta (1994), les démissions allaient devenir plus " régulières ".

Mais chaque démission reste particulière et n’est forcément liée à l’ampleur de la faute. Ainsi, Theo Francken a tenu bon à son poste alors qu’un membre N-VA de son cabinet organisait un trafic de visas humanitaires, pour lequel la Justice le condamnera. De même, après les attentats de Bruxelles, Charles Michel refusera la démission de Jan Jambon, une démission que personne n’avait demandé !

Cette fois, Sarah Schlitz est sans doute plus victime de ses maladresses de communication, de ses contradictions que de la faute initiale.

Cible

Sarah Schlitz a d’abord eu " le tort " de rater son installation. Ne communiquant qu’exclusivement en français, elle a braqué de nombreux parlementaires. La droite nationaliste flamande (N-VA et Vlaams Belang) mais aussi certains MR en ont fait une cible privilégiée. Ainsi, malgré le soutien du Premier ministre, elle doit renoncer à la nomination d’une femme voilée (Ihsane Haouach) à la tête de l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Alors que depuis de nombreuses années, la communication gouvernementale est scrupuleusement réglementée (ce que chaque politique sait), Sarah Schlitz a laissé se développer une approche trop personnelle. L’affaire aurait pu se limiter à une simple réprimande, elle aura trop tardé à apporter toute la clarté, s’enferrant dans une défense maladroite, à la fois mal entourée, mal conseillée. Elle devenait une cible idéale. La polémique enflait de jour en jour.

Arrivée à ce stade, fragilisée, sans le soutien formel du reste de la majorité, la démission constituait la seule issue pour Sarah Schlitz.

 

@PhWalkowiak

Démission de Sarah Schlitz : sujet JT du 26/04/2023

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