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Golf

Savannah De Bock, la golfeuse prodige belge de 16 ans qui titille (déjà) les professionnelles

08 juil. 2022 à 05:00Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick

Depuis le début de l’année, la RTBF a lancé un nouveau projet Sportives, qui vise à mettre en lumière des jeunes sportives belges venant de tous les horizons. Après la prometteuse karatékate Chiara Manca ou la motarde Amélie Triffet, nous avons rencontré la pétillante et mature golfeuse Savannah De Bock, 16 ans à peine mais déjà la tête pleine d’ambition et de rêves.

Parking quasiment plein au moment où nous nous garons en début d’après-midi au Golf Club de Waterloo. Et pour cause, le ciel est bleu et le soleil distille ses réconfortantes lueurs de printemps sur un green immaculé. Une météo finalement parfaite pour un entraînement de golf. Après quelques mètres, c’est Laurent De Bock, le papa de Savannah qui vient à notre rencontre. Sourire contagieux d’un papa poule fier, il nous emmène vers le practice : "Elle est en train de s’échauffer" confie-t-il en nous précédant.

Polo bleu, casquette fétiche fermement vissée sur le crâne et club à la main, Savannah interrompt sa routine d’échauffement pendant quelques instants pour nous saluer. Le visage est encore juvénile mais le discours déjà étonnamment mature. "J’essaie de rester concentrée sur mon objectif, m’approcher le plus possible des deux poteaux là-bas" détaille-t-elle en pointant un objectif lointain du doigt.

L’ambiance est détendue mais Savannah est concentrée, appliquée à peaufiner le moindre geste. Il faut dire que du haut de ses 16 ans, elle sait déjà ce qu’elle veut et… ce qu’elle vaut. Et pour cause, depuis ses débuts à 12 ans, la Nivelloise gravit les marches quatre à quatre et ne semble pas décidée à ralentir la cadence. Son sport, c’est le golf et un jour, cette passionnée compte en vivre. Quitte à mettre sa vie de jeune adolescente entre parenthèses : "Je sais qu’il y a pas mal de jeunes de mon âge qui vont en boîte ou qui aiment passer du temps ensemble après l’école. Moi ce n’est pas le cas. Si je réussis mon année, de base, que j’aie 50 ou 100%, ça ne change pas grand-chose. Sauf que pour moi ça change beaucoup. Parce que si je réussis mon année, je vais être plus à l’aise pour le golf. Si je suis à l’aise pour le golf, je vais mieux jouer. Et si je joue bien, je vais avoir davantage envie de m’entraîner. C’est un cercle vertueux" explique-t-elle.

Quintuple championne de Belgique et… future pro ?

Savannah De Bock à l'entraînement.

D’abord un peu hésitante au moment de mettre des mots sur des ambitions qu’elle ne dissimule plus vraiment, elle se détend au fil des minutes et nous confie bientôt s’envoler pour les Etats-Unis. Un rêve d’enfant qui se concrétise : "Il me reste encore un an et demi à l’école puis je partirai pour les Etats-Unis, à l’Université de Georgia pour faire des études. Je vais beaucoup m’entraîner là-bas, mon rêve c’est vraiment de passer pro, mais je veux quand même avoir un diplôme. L’école qui sera adaptée à mes entraînements et non l’inverse."

Quand on lui demande si, à ses yeux, c’est devenir joueuse de golf professionnelle… ou rien, la réponse, à nouveau étonnamment mature pour son âge, fuse : "C’est devenir joueuse professionnelle ou avoir un diplôme dans les sciences si possible. Mais c’est juste ma passion, je ne m’imagine pas faire autre chose que du golf" avoue-t-elle simplement.

Focalisée sur son objectif premier, marcher dans les pas des géantes du golf mondial, ses idoles Annika Sörenstam, Laura Davis ou encore Juli Inkster, elle garde malgré tout les pieds sur terre. Malgré cette (étouffante ?) pancarte de future pépite du golf mondial qu’elle colporte depuis ses débuts : "Comment je vis la pression ? J’essaie de ne pas trop y penser. Je me dis que c’est mon sport, ma passion avant tout. Évidemment, je me dis qu’il y a des gens derrière moi, des gens qui m’encouragent, il faut que je fasse de mon mieux. Mais c’est plus un support qu’une pression. J’ai évidemment peur de moins bien faire mais j’ai surtout envie de bien faire et ça surpasse toutes les peurs que je pourrais avoir."

La Solheim Cup Sénior, le rêve ultime

Déjà quintuple championne de Belgique, 145e mondiale au classement amateur et 1e Belge, Savannah a été conviée en 2021 pour disputer la Solheim Cup Junior, une compétition opposant les meilleures jeunes joueuses américaines aux meilleures jeunes européennes. Compétition finalement remportée par l’Europe, une première depuis de longues années : "C’est vraiment le résultat dont je suis la plus fière. Cela faisait une éternité que l’Europe n’avait plus gagné. C’était vraiment une expérience incroyable. Mon rêve ? Disputer la Solheim Cup Sénior cette fois-ci et apporter le point de la victoire à l’Europe" explique-t-elle avec le sourire.

Un sourire qui ornera aussi le visage de la jeune Belge quelques semaines après notre rencontre. Joueuse amateur invitée à un Mithra Ladies Open réservé aux professionnelles, Savannah défiera le gratin du golf mondial pendant trois jours pour finir à une très belle 14e place. Une performance XXL qui prouve, aux derniers sceptiques, qu’elle n’est probablement plus très loin du niveau professionnel. Et que sa carrière n’en est-elle qu’à ses balbutiements. Alors jusqu’où Savannah De Bock peut-elle aller ? La réponse au prochain épisode.

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