Diables Rouges

Sebastiaan Bornauw : "Si Roberto Martinez me convoque, je suis prêt !"

Managé par Daniel Van Buyten le Robocop de Cologne fait partie des défenseurs pour les Diables de demain. L’ex-Anderlechtois révélé par Hein Vanhaezebrouck évoque l’Euro 2021, Timothy Castagne, le travail à la dure, Virgil Van Dijk et le rôle de leader. Mais aussi Robert Lewandowski, le futur vaccin du Covid-19, Jacky Mathijssen, le foot en P4 et la joie de marquer. Mais aussi Remco Evenepoel. Sebastiaan Bornauw passe " Sur Le Gril ".

Tubize a encore tremblé sur ses bases : quelques heures après la vrai-fausse contamination de Thibaut Courtois, 14 Diablotins de la Belgique U17 ont été infectés du Covid-19, malgré les protocoles de testing systématique. Situation sanitaire oblige, l’interview de Sebastiaan Bornauw a donc lieu à distance, par Skype interposé. Le solide défenseur central des Espoirs retrouve ses pairs pour la première fois, depuis que le virus a posé sa griffe sur la planète et les calendriers sportifs.

C’est chouette de revoir ses amis chez les Espoirs, car on peut vraiment parler d’amis vu qu’on se connaît parfois depuis nos 10 ans, en sélection ou en club " explique Sebastiaan Bornauw. " À cause du confinement, j’ai été bloqué deux mois en Allemagne sans pour pouvoir revenir voir mes proches : or, je suis assez casanier, et la vie de famille est très importante pour moi. Je ne suis pas médecin ou politicien, mais ce virus marque nos vies : j’espère qu’on trouvera vite un vaccin, que les décideurs feront les bons choix et que la population continuera à se montrer responsable et solidaire dans ses comportements. Mais comme footballeurs, on était contents de pouvoir assez vite reprendre en Bundesliga… même si on attend avec impatience le retour de nos fans. On a besoin d’eux ! "

Les Diablotins, repris par Jacky Matthijssen après le départ pour Chypre de Johan Walem ("Le nouveau coach a ses propres accents, de l’expérience et sait manager un groupe "), accueillent l’Allemagne, ce mardi à Louvain, en qualifications de l’Euro Espoirs : " C’est marrant comme retrouvailles, j’ai deux équipiers de Cologne qui jouent en face… ".

" Le report de l’Euro ? Une bonne affaire pour moi… "

Mais après la retraite de Vincent Kompany, et les âges vénérables de Vermaelen et Vertonghen, c’est surtout la défense des Diables A qui va libérer des places dans les mois à venir. Si Jason Denayer a marqué des points samedi à Copenhague, le nom de Bornauw revient avec insistance pour les plans futurs de Roberto Martinez.

J’entends, comme tout le monde, beaucoup de rumeurs, mais je ne lis pas les journaux " reprend le grand blond avec ses chaussures noires. " Je me focalise sur mes matches avec Cologne, et ce qui arrivera… arrivera. Si je me sentais prêt en cas de sélection, dès maintenant, chez les A ? Bien sûr ! Roberto Martinez m’a un peu parlé quand il est venu saluer notre groupe, mais juste quelques mots, rien de spécial. Et j’avoue que pour moi, le report de l’Euro est une bonne affaire : ça me laisse plus de temps pour m’illustrer et acquérir de l’expérience. Mais continuer en Espoirs me convient parfaitement aussi : je joue tous mes matches à fond ! Et pour moi, le match le plus important est toujours le suivant… Que ce soit en Equipe Nationale ou en 4e Provinciale ! "

" La mentalité allemande me convient bien "

Élu Joueur de l’année à Cologne par les supporters dès sa première saison, l’ex-Anderlechtois a brûlé les étapes. Sorti du chapeau de Hein Vahaezebrouck un an plus tôt au parc Astrid, il a convaincu les derniers sceptiques.

Si j’ai un fan-club en Allemagne ? Euh… je ne sais pas, mais ça m’étonnerait ! (rires) Je ne suis pas très bling-bling, je suis un garçon tranquille. J’ai toujours cru en moi, mon entourage aussi, mais je savais que ce ne serait pas facile et qu’il faudrait bosser dur. J’ai trouvé en Allemagne une mentalité qui me convient bien : on y reconnaît d’abord ceux qui bossent dur… et c’est aussi ma manière de voir les choses. J’ai aussi appris l’Allemand et je veux continuer à apprendre de mes erreurs pour progresser. Car je sais que tout peut tourner vite, dans le positif comme dans le négatif. "

" Quand je monte sur les corners, ils disent de faire gaffe au 33… "

Auteur de… 6 buts en 28 matches, Bornauw a aussi démontré qu’il pouvait frapper au but. Et il n’est pas près d’oublier son duel avec Robert Lewandowski

" Le Polonais sait vraiment tout faire : surgir dans les seize mètres mais aussi frapper en venant du flanc. Il est très mobile, il se balade un peu partout, c’est très compliqué de le tenir sans cesse à l’œil. Moi aussi j’ai gardé de mon passé d’attaquant chez les jeunes cette faculté à marquer. Après ma première saison à Anderlecht, j’étais déçu car je n’avais marqué qu’un but. Je m’étais dit que je devais être plus dangereux devant la cage adverse, et ça m’a bien réussi cette année. Rien ne me fait plus plaisir qu’entendre les joueurs adverses se crier ‘Gaffe au 33 là-bas !’ quand je monte sur les corners (rires) Marquer reste un sentiment inégalable même si la priorité est d’aider l’équipe. Et si j’y arrive mieux, en marquant moins la saison prochaine, ce sera parfait aussi ! "

Caractère de leader

Il y a quelques jours, Timothy Castagne est devenu le défenseur le plus cher du football belge : 24 millions d’euros pour son passage à Leicester ! Où les Foxes aiment, après Youri Tielemans et Dennis Praet, se conjuguer au Belge. Comme un nouveau label de qualité.

Comme Belges, on bénéficie d’une bonne réputation grâce aux résultats et au travail des Diables. La Belgique a gagné le respect à l’étranger, mais on a aussi du talent et de bons centres de formation. Je ne regarde pas trop le financier, mais c’est bien qu’on commence aussi à débourser de grosses sommes pour des défenseurs, et pas que pour des attaquants. Notre rôle est très important. C’est Virgil Van Dijk qui, avec ses 100 millions payés par Liverpool, a ouvert la voie. Le Néerlandais est mon modèle : il est complet, calme et charismatique, c’est un vrai leader sur le terrain. Moi aussi, j’essaie de diriger mes équipiers et prendre mes responsabilités. C’est dans mon caractère, j’ai toujours été capitaine chez les jeunes à Anderlecht. "

" Daniel, c’est Daniel… "

Parti à Cologne pour 3 millions d’euros, coté entre-temps à… 11 briques sur transfermarkt.de, Sebastiaan Bornauw conforte la cohorte des Belgicains de Bundesliga (Witsel, Meunier, Thorgan Hazard, Boyata, Lukebakio). Et il a comme agent un certain… Daniel Van Buyten, toujours bien en cour au Bayern Munich.

Je sais que la 2e fenêtre du mercato s’ouvre cette semaine, et pour un mois… mais je ne pense pas que je quitterai Cologne. Évidemment, tout peut se passer, mais je suis bien dans mon club actuel, je veux d’abord confirmer ma bonne saison et je ne suis pas loin de ma famille en Belgique. Si Daniel me parle du Bayern ? Pas spécialement… Sa carrière, c’est… sa carrière ; moi je fais mon chemin pour écrire la mienne, et on verra bien après. "

" Remco ? Un bon joueur… "

Libéré par Kompany il y a douze mois, Bornauw n’a pas coupé toutes les attaches avec le Sporting mauve.

Je regarde encore les matches, c’est normal quand vous y avez joué tant d’années. On se parle souvent avec mes copains Jari Verschaeren et Hannes Delcroix. J’ai aussi connu… Remco Evenepoel, qui était dans mon équipe et aussi dans ma classe à l’école. C’était un bon joueur, dommage pour lui qu’il n’ait pas réussi comme footballeur. Après, il est passé au vélo… Et quand j’ai vu sa chute au Tour de Lombardie, j’ai tremblé comme tout le monde. Le vélo, c’est autrement plus dangereux que le foot, hein ? "

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