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Sécheresse en France : l’interdiction de laver sa voiture s’étend à plusieurs communes

Un membre de la police de l’environnement inspecte une station de lavage, le 5 août 2022 à Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines).

© ALAIN JOCARD

13 août 2022 à 12:27Temps de lecture2 min
Par AFP

Laver sa voiture est désormais interdit dans de nombreuses communes pour cause de sécheresse, mais les stations sont encore nombreuses à accueillir les inconditionnels de la propreté automobile.

Rouleaux, traitement déperlant, séchage : vendredi, les automobilistes se relayaient à une station Eni lyonnaise. La préfecture a pourtant interdit explicitement le lavage des voitures depuis mercredi car presque tout le département est en alerte sécheresse.

"Si j’avais su (que c’était interdit), je ne l’aurais pas fait, mais ne le sachant pas, je ne pense pas avoir fait un crime", expliquait Robert, retraité.

Les interdictions de lavage touchent une part croissante des 10.000 stations de l’Hexagone depuis ces dernières années, et elles se sont multipliées au cours de cet été historiquement sec.

Seule exception : les stations qui réutilisent l’eau en circuit presque fermé ont parfois le droit de rester ouvertes. Elles restent extrêmement rares : la plupart retraitent l’eau dans des cuves avant de la jeter à l’égout.

"Cacophonie"

Dans les faits, la plupart des stations restent ouvertes. A Pierre-Bénite, près de Lyon, une station a affiché que le lavage était réservé aux véhicules d’urgence, comme les ambulances. "Après, moi, je peux pas interdire aux gens de venir […] je ne suis pas policier", lance le gérant de la station, Eric Marcoccia.

TotalEnergies, leader du secteur avec 1000 stations, n’a pas su préciser combien d’entre elles étaient fermées, la situation étant "évolutive". Mais une porte-parole a souligné qu’elles avaient toutes été sensibilisées au sujet des arrêtés préfectoraux.

Il y a une "cacophonie" au niveau des préfectures, avec des mesures différentes selon les départements, explique Jean-Luc Cottet, exploitant de centres de lavage en région parisienne et représentant du secteur chez Mobilians, qui rassemble les professionnels de l’automobile.

A l’entrée d’Auxerre (Yonne), Jean-Claude, 50 ans, fait passer sa Renault Mégane entre les rouleaux d’une station Total. "De toute façon on sait qu’on va droit dans le mur ! Et on nous demande à nous, consommateurs, de faire des efforts". Difficile par ailleurs de savoir si la station dispose d’un système de recyclage.

Quelque 40 km plus au sud du même département, l’hypermarché Auchan d’Avallon a fermé sa station de lavage alors que le Cousin, la petite rivière qui traverse la ville, est au plus bas. Selon son directeur, le propriétaire de l’établissement envisage de mettre en place un système de recyclage de l’eau pour rester ouvert les étés prochains.

"C’est un peu ambigu comme situation et pas confortable pour les exploitants. On demande aux gens de ne plus laver leur véhicule", déplore M. Cottet, qui craint que les stations ne doivent fermer plusieurs mois par an.

Au total, 0,6% de l’eau consommée en France est utilisée pour le lavage des voitures, dont un tiers en station, avec six lavages en moyenne par voiture et par an.

Un lavage au jet à haute pression consomme en moyenne 60 litres d’eau, soit une très longue douche. Un portique en consomme 120 litres et un tunnel de lavage 160.

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