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Seconde rhéto à l'étranger annulée en dernière minute: des écoles américaines refusent d'accueillir les étudiants à cause du variant Delta

Image d’illustration
02 sept. 2021 à 10:28Temps de lecture4 min
Par Estelle De Houck

Cette année encore, le coronavirus aura perturbé l’organisation des "deuxièmes rhéto" par les organismes d’échange. Si la plupart des étudiants profitent déjà de leur séjour, certains déçus n’ont pas encore cette chance. Entre changement de destination et faux départs, de rares malchanceux restent sur le carreau. Dernière déconvenue en date : le refus d’étudiants par des écoles américaines, à cause du variant Delta.

L’an dernier, déjà, la situation était compliquée pour les organismes. "On a été confrontés à une fermeture de pratiquement tous les pays hors Europe et puis, à des ouvertures sous conditions comme dans le cas des États-Unis. Malheureusement, certains pays comme le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande sont restés fermés", se souvient Adrien Butinx, le responsable communication du WEP.

Mais au final, "beaucoup ont pu partir, certains se sont réorientés vers d’autres projets, parfois l’ont annulé, parfois reporté. Mais au plus fort de la crise, on a pu accueillir et envoyer pratiquement tous les jeunes."

Prudence, au Rotary

Au Rotary, au contraire, tous les programmes d’échange ont été suspendus l’an dernier. Et, par prudence, cette année 2021-2022 connaîtra la même tournure. "Cette décision est liée à la situation sanitaire au niveau mondial. Même si elle s’améliore en Belgique, ce n’est pas le cas dans tous les pays", justifie Alain Brisy, coordinateur des échanges de jeunes dans le district 2150.

"Malheureusement, nous avons le pénible devoir d’annoncer la suspension au niveau mondial des programmes d’échanges de jeunes pour la saison 2021-2022 (jusqu’au 30 juin 2022)", pouvait-on lire sur leur page Facebook.


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"Mais nous reprenons les candidatures le 14 septembre, pour envoyer les jeunes à partir du mois de juillet 2022. Et maintenant, on est relativement plus confiants", rassure Alain Brisy.

Approximativement 250 jeunes francophones resteront donc en Belgique cette année. A moins qu’ils ne se soient laissés tenter par d’autres organismes d’échange…

Le Rotary a préféré suspendre ses programmes d’échange pour deux ans
Le Rotary a préféré suspendre ses programmes d’échange pour deux ans Rotary Youth Exchange

Une nouvelle année chahutée

D’autres ont en effet décidé de poursuivre leur activité pour cette année 2021-2022. C’est par exemple le cas de l’organisme YFU dont les étudiants sont presque déjà tous arrivés à bon port.

Au WEP aussi, on a décidé de maintenir les échanges. "Cette année, on pensait que le plus dur était derrière nous", admet Adrien Butinx, responsable communication du WEP. Les étudiants étaient même plus nombreux que les autres années à faire appel à l’organisme. Au total, approximativement 600 jeunes avaient entrepris l’aventure cette année.

C’est un blocage d’école

Et pourtant, pour la première fois dans son histoire, l’organisme d’échange n’aura pu assurer le voyage d’étudiants vers la destination de leur choix. En effet, 20 jeunes rêvant de partir étudier aux États-Unis se retrouvent sur le carreau. Le problème, ce n’est pas tant d’accéder au pays, ou de trouver une famille d’accueil… Non. Le plus dur, c’est d’être accepté dans un établissement scolaire.

Le coupable ? Le variant Delta. Par crainte de cette souche du coronavirus, de nombreuses écoles américaines auraient finalement décidé de ne pas accueillir d’étudiants d’échange. Un revirement de situation pour l’organisme. "L’an dernier, on avait su que l’Australie n’allait pas rouvrir et donc on avait pu s’y prendre à temps. Ici, les États-Unis sont ouverts, mais c’est un blocage d’école."

Un rêve déçu

Pour Maëlle, c’était un rêve d’étudier aux Etats-Unis. "J’y pensais depuis environ cinq ans, et il y a trois ans, je m’étais dit que c’était quelque chose que j’avais vraiment envie de faire", explique la jeune fille. Inscrite depuis le début de l’année 2020, elle s’y voyait déjà.

Mais depuis fin juillet, la famille attendait un appel du WEP, "pour savoir où et quand Maëlle allait partir", se souvient Carine, la maman de la rhétoricienne. "Et on n’a pas eu de nouvelles, jusqu’à un courrier reçu le 16 août, nous annonçant que les directeurs d’école étaient assez frileux à l’idée d’accueillir des étudiants étrangers à cause du variant Delta. 15 à 20% d’étudiants ne pourraient alors pas partir."


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C’est la douche froide, mais la famille garde espoir. Les jours passent, l’attente devient pénible. Carine décide alors de ne pas rester les bras croisés. "On a cherché dans les amis de nos amis quelqu’un qui pouvait nous renseigner une école qui serait d’accord." Mais pour diverses raisons, les recherches n’aboutissent pas.

Finalement, mercredi premier septembre, jour de rentrée, "on a reçu un appel nous confirmant qu’il n’y avait malheureusement pas de placement pour Maëlle et que le contrat serait annulé moyennant remboursement."

Si Maëlle a rapidement trouvé un plan B avec un autre organisme, ce ne sera pas aux États-Unis. Une déception pour la jeune fille. "Ça faisait des mois que j’achetais tout ce qu’il fallait, j’avais prévu un téléphone, je m’étais renseignée sur la culture… c’est un gros changement et il faut le temps que la déception passe", regrette Maëlle.

Un minimum d’anticipation aurait peut-être pu éviter cette situation malheureuse

Pour Carine, la situation aurait pu être anticipée. "Sachant que le covid était là, un minimum d’anticipation aurait peut-être pu éviter cette situation malheureuse." Mais pour le WEP, il s’agit d’une "problématique globale". "On a des contacts d’organisation à travers le monde et ils sont confrontés à la même problématique", justifie Adrien Butinx.

"C’est un déchirement pour nous, c’est véritablement hors de notre contrôle. Ce n’est pas un blocage au niveau des familles, vraiment le problème vient des écoles", regrette-t-on au WEP.


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L’organisation des programmes de la rentrée 2021-2022 n’aura donc pas été de tout repos. Mais qui dit rentrée, dit aussi inscriptions pour la saison prochaine. En espérant que les étudiants des programmes 2022-2023 connaissent moins de péripéties.

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