Sécurité : La Tolérance Policière…

En cette semaine de rentrée, j’ai envie de vous parler de tolérance. Vaste sujet, qui embrasse de très nombreux aspects. Mais je me concentrerai sur la tolérance des policiers sur le terrain en matière de respect du Code de la route.

Ce qui m’inspire ce billet, c’est la question d’une dame. Elle voulait savoir comment faire pour décharger ses courses sans commettre d’infraction. Problème : elle habite une rue étroite où toutes les places de stationnement sont généralement occupées. Elle voulait donc savoir si c’est mieux de se garer avec deux roues sur le trottoir, où ça gène les piétons, ou sur la chaussée, ce qui a pour effet de bloquer le trafic. J’ai senti sa déception quand je lui ai répondu que dans les deux cas, elle commettait une infraction au regard du Code de la route. Elle m’a dit que les policiers qu’elle avait déjà interrogés sur le sujet avaient pourtant défendu aussi bien une solution que l’autre, elle aurait donc souhaité que je tranche. Elle a ajouté qu’elle n’avait jamais eu de PV, qu’elle choisisse une option ou l’autre.

C’est là, lui ai-je répondu, qu’intervient cette fameuse tolérance du policier qui fait qu’on ferme les yeux sur un grand nombre de situations non conformes, parce qu’un policier, ça fait aussi très souvent preuve d’empathie. Autrement dit, un policier n’évalue pas toujours une situation que du point de vue du Code de la route, mais aussi d’un point de vue pratique pour l’usager, à un endroit donné, à un moment donné.

Mais attention à ne pas systématiquement compter sur cette tolérance. Tout d’abord, car elle va varier d’un policier à l’autre et d’une situation à l’autre. Dans le cas évoqué par la dame, si un policier constate qu’il y avait une place de parking libre à proximité, sa tolérance risque de fondre comme neige au soleil ! La paresse de l’usager ne favorise pas l’empathie du policier ! Et vos intérêts personnels ne passent pas avant ceux de la collectivité.

Deuxièmement, qui dit infraction, même tolérée, dit aussi responsabilité potentiellement engagée en cas d’accident. Un arrêt ou un stationnement gênants peuvent par exemple être à la base d’un accident, et le conducteur du véhicule peut donc être mis en cause.

En résumé, si les policiers ferment les yeux tous les jours sur l’une ou l’autre infraction par empathie pour l’usager, il ne faut pas en abuser, ni perdre de vue que l’infraction est bel et bien commise et peut vous retomber dessus en cas d’accident. Et j’ajoute enfin que la tolérance ne vous est pas due, c’est le policier en premier lieu, la justice en second lieu en cas de recours, qui estiment si on peut fermer les yeux sur une infraction au Code de la route.

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