Séisme en Turquie et en Syrie

Séisme en Syrie : course contre la montre pour retrouver des survivants dans un pays démuni

Des sauveteurs à Sarmada

© AAREF WATAD / AFP

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Par Jean-François Herbecq avec Noé Pignède et Céline Martelet

Le bilan du tremblement de terre de lundi en Turquie et en Syrie dépasse désormais les 5000 morts. En Syrie, le bilan continue d’augmenter avec 1509 morts et 3548 blessés. L’aide internationale doit arriver mardi en Turquie et en Syrie dans les régions touchées par les secousses dont la première tôt lundi a atteint une magnitude de 7,8 et a été ressentie jusqu’au Liban, à Chypre et dans le nord de l’Irak. Ravagée par 12 ans de guerre, la Syrie traverse déjà une des pires crises humanitaires de l’histoire, une situation que ce séisme aggrave notamment pour les Syriens dans les régions d’Idlib et d’Alep.

Creuser pour retrouver ses morts

À Idlib, au nord-ouest de la Syrie, Ahmed 55 ans vient de perdre sa petite fille : "Tous les bâtiments se sont effondrés, j’ai besoin d’une pelleteuse pour retrouver mes proches sous les décombres mais je ne trouve personne : pas de sauveteurs, pas de camion. Même si ma petite fille est morte, je veux creuser pour retrouver son corps."

Abdelmalik, lui, est ambulancier. Il nous appelle d’un village près de la frontière turque, l’une des zones les plus touchées par le séisme : "Des blessés sont encore sous les décombres, mais nous n’avons pas assez de camions pour déblayer. C’est pour cela que le nombre de morts ne fait qu’augmenter. Pour l’instant, on sort surtout des corps. Nous faisons de notre mieux, mais nous manquons de bras et d’équipements. C’est un désastre".

Ce tremblement de terre, c’est encore pire que la guerre

Même situation dramatique dans la ville d’Alep : des quartiers entièrement détruits et des milliers de personnes sans abri. Mohammed a 60 ans, il a tout perdu dans la catastrophe : "Nous avons besoin d’aide, de nourriture, de couvertures. Nous avons besoin de refuges, nous avons besoin de tout ! Les gens sont dans la rue. Ils ont peur. Et imaginez les enfants ! La situation est catastrophique. La guerre avait déjà presque tout ravagé et ce tremblement de terre, c’est encore pire."

Le président syrien Bachar Al Assad a annoncé une mobilisation de tous les moyens disponibles, des moyens très limités dans un pays ravagé par 12 ans de guerre civile.

L’aide internationale tarde

En Syrie, l’appel lancé par les autorités de Damas a été surtout entendu par son allié russe, promettant des équipes de secours "dans les prochaines heures", alors que selon l’armée, plus de 300 militaires russes sont déjà sur les lieux pour aider les secours.

L’ONU a également réagi, en insistant que l’aide fournie irait "à tous les Syriens sur tout le territoire", dont une partie n’est pas sous le contrôle du gouvernement. Dans ces zones tenues par les rebelles, frontalières de la Turquie, au moins 700 morts ont été dénombrés.

Des secouristes à l’œuvre dans le village de Besnaya dans le nord-ouest de la province d’Idlib, tenue par les rebelles
Des secouristes à l’œuvre dans le village de Besnaya dans le nord-ouest de la province d’Idlib, tenue par les rebelles © OMAR HAJ KADOUR / AFP

Profitant du chaos, une vingtaine de combattants présumés du groupe terroriste Etat islamique se sont évadés d’une prison militaire à Rajo, contrôlée par des rebelles pro turcs.
 

Témoignage de nos envoyés spéciaux au JT de 13h du mardi 7 février 2023 :

Turquie / Témoignage de nos envoyés spéciaux

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