Régions Brabant wallon

Séisme politique à Tubize : le collège communal veut décharger l’échevin Mourad Abdelali (DéFI) de ses attributions

L'échevin Mourad Abdelali pourrait perdre toutes ses attributions au sein du collège.

© DéFI Tubize

Voilà qui va sans doute alimenter bien des conversations à Tubize. Le bourgmestre Michel Januth (PS) a l’intention de priver l’échevin Mourad Abdelali (DéFI) de l’ensemble de ses attributions (enseignement, commerce, économie et emploi, participation citoyenne et informatique). Avalisée par le collège en début de semaine, à l’exception notable de Frédéric Jadin (PS), président du CPAS, la mesure pourrait être adoptée officiellement ce vendredi.

Pourquoi cette mise à l’écart ? A ce stade, on l’ignore. Formellement, il ne s’agirait pas d’une motion de méfiance, mais elle en a tout l’air. L’échevin Abdelali se retrouverait sans compétence, privé de ses collaborateurs et de son bureau. L’intéressé ne se laissera sans doute pas faire. Trouvera-t-il les arguments pour empêcher son exclusion ? La majorité va-t-elle tomber ?

Les tensions ne sont pas récentes

Dans cet attelage PS-Ecolo-DéFI mis en place après les élections communales de 2018, cela fait longtemps que l’ambiance n’est pas au beau fixe. Au sein du collège, l’échevin Mourad Abdelali apparaît régulièrement comme l’empêcheur de tourner en rond, celui qui pinaille sur tout quand d’autres approuvent souvent sans broncher les points qui leur sont soumis. Seul Frédéric Jadin, encore lui, conserve son indépendance et sa liberté de ton à l’égard du bourgmestre. Souvent, il soutient Mourad Abdelali lorsque ce dernier pointe la gestion erratique des dossiers par l’administration communale et par le directeur général, Etienne Laurent, en qui il n’a plus confiance.

De son côté, au conseil communal, l’élu DéFI Filippo Lavore a lui aussi la réputation de poser les questions qui fâchent, d’appuyer où ça fait mal. Au point que certains se demandent parfois si DéFI n’est pas le premier opposant à la politique de la majorité.

Lors du dernier conseil communal, les tensions ont éclaté au grand jour. Filippo Lavore a voulu interpeller le bourgmestre et le directeur général à propos du bien-être du personnel communal, mais il a été rabroué. Il dit ne pas avoir obtenu de réponses claires et précises aux questions posées en public ou à huis-clos. Dans l’attitude du bourgmestre, Filippo Lavore n’a vu que dédain et mépris, et il n’a pas manqué de dénoncer un déni de démocratie. Sur la même longueur d’onde que lui, lassé, l’échevin Mourad Abdelali a déploré un manque de transparence.

PS et Ecolo au pouvoir, mais en minorité?

Cet épisode a agacé le bourgmestre. Mais Michel Januth a confié quelques jours plus tard qu’il n’avait pas pour autant l’intention de déchirer le pacte de majorité. Sur ce point, il a tenu parole jusqu’à présent. Mais quelle qu’en soit la raison, le "déshabillage" de l’échevin DéFI risque d’apparaître comme un règlement de compte politique et d’aboutir au même résultat qu'une rupture du pacte de majorité. 

Si DéFI s’en va, PS et Ecolo seront minoritaires. Cela ne les empêchera pas de se maintenir au pouvoir, mais la gestion des affaires sera bien plus compliquée. Bien sûr, il leur sera toujours possible de faire alliance avec un autre partenaire. Mais depuis les bancs de l'opposition, DéFI ne manquera sans doute aucune occasion de sortir les dossiers sensibles et de mettre ses anciens partenaires face à leurs responsabilités.

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