Selon Bénédicte Linard, les musées "pourraient rouvrir" en décembre : "On a travaillé pour que tout soit prêt pour un déconfinement"

24 nov. 2020 à 08:03 - mise à jour 24 nov. 2020 à 08:03Temps de lecture4 min
Par M.F.

Bénédicte Linard (Ecolo), ministre de la Culture, du Droit des Femmes et des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles était au micro de La Première ce mardi. Tandis que le secteur culturel est à l’arrêt depuis près d’un mois, elle fait le point sur les perspectives pour relancer le secteur qui subit de plein fouet les mesures anti-Covid. Elle évoque aussi une réouverture prochaine pour les musées qui "pourraient rouvrir" prochainement.

Cela a été annoncé ce lundi, cinquante événements culturels seront captés et ensuite diffusés sur Auvio. De son côté, la ministre évoque des "mécanismes d’urgence ou de reprise". "Je pense que si on ne peut pas aller au spectacle pour le moment, on peut faire venir le spectacle vers le public", se félicite-t-elle.

Alors forcément se pose la question de l’avenir de la culture mise entre parenthèses par la crise coronavirus. Les concerts, spectacles et autres événements culturels sont-ils destinés à se passer uniquement en numérique, sur l’écran de notre ordinateur ? "La culture, ce n’est pas que le spectacle", répond la ministre écologiste. "Heureusement ce qui concerne le livre continue, j’entends que les musées pourraient rouvrir", annonce-t-elle.

Une réouverture des musées est-elle au programme du mois de décembre ? "On évoque que les musées soient sur la table du comité de concertation. On a travaillé avec le secteur et avec mes homologues flamands et germanophones pour que tout soit à prêt pour un déconfinement", tempère la ministre. "Je ne peux pas m’avancer, c’est l’évolution de l’épidémie qui décide. J’espère que le comité de concertation donnera des perspectives mais j’entends que cela va se faire par phases."

La culture "fortement touchée"

Tandis que le temps se fait long pour de nombreux Belges à qui les sorties cinés, les visites de musées ou encore les festivals d’été commencent à manquer, la ministre en charge explique que c’est à long terme que son équipe travaille pour offrir des perspectives aux acteurs culturels. "On le sait depuis le début de la crise, le secteur de la culture est fortement touché", concède-t-elle.


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"Certains ont été à l’arrêt, ont pu reprendre. Certains ont repris, je pense au monde du livre, les librairies ont pu rester ouvertes, … Et certains n’ont jamais pu reprendre, je pense au monde des concerts par exemple. Notre travail c’est de mettre en place des aides pour soutenir le secteur mais aussi de "prévoir l’imprévisible", c’est-à-dire de travailler sur toute la saison et de voir à long terme sur toute l’année 2021 comment on continue de soutenir le système", explique Bénédicte Linard.

Elle répond par exemple à la question de remboursements des tickets de concerts, auxquels de nombreux Belges ont recours, encore aujourd’hui. "Chaque opérateur culturel est maître des décisions de ses spectacles par contre de notre côté en fédération, on a mis en place un montant pour soutenir les opérateurs qui auraient des pertes de billetteries. Si les opérateurs remboursent leur ticket, la fédération leur viendra en aide."

Culture pour tous

Pourtant, de nombreuses initiatives décidées et concrétisée ces derniers mois par la ministre Linard vont dans le sens d’offrir une culture gratuite et pour tous. "C’est mon intention et ça l’était avant même la crise", précise-t-elle. "On doit faire en sorte que la culture qui est un fondement de la démocratie soit accessible au plus grand nombre. C’est ce qu’on fait par exemple avec le PCA, ce parcours culturel et artistique qui est en train d’être mis en place dans les écoles."

Mais tous ces changements laissent-ils entendre que certains acteurs culturels, présents de longue date seront laissés sur le bord de la route ? "Tous les partenaires culturels ont une place dans ce système", répond Bénédicte Linard.

Les femmes toujours en danger durant ce 2e confinement

Au-delà de ses compétences en matière de culture, la ministre écolo est aussi en charge du droit des femmes. À la veille de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Belgique est parfois pointée du doigt en la matière. En cause : les différents niveaux de pouvoir qui rendent difficile des actions concrètes dans ce domaine. "Je pense qu’il y a quelque chose qui est en train de se passer en Belgique, qui justement fait en sorte que les différents ministres ont aujourd’hui des compétences spécifiques aux différents niveaux de pouvoir sur la question du genre, des inégalités et depuis le début de cette législature", contredit-elle.

"On travaille main dans la main avec les différents ministres en place. Je pense à Christie Morreale, à Barbara Trachte, à Nawal Ben Amou et aujourd’hui il y a Sarah Schlitz au niveau fédéral. Ensemble on est en train de resserrer les mailles pour combattre les violences faites aux femmes", se réjouit Bénédicte Linard.

Mais les périodes de confinement ne sont pas forcément bonnes en ce qui concerne les violences faites aux femmes. "On sait que lors d’un confinement, les violences intrafamiliales augmentent, que ce soit au niveau des femmes ou au niveau des enfants", confirme-t-elle. Elle ajoute même que durant le premier confinement, ce type de violences ont été multipliées par trois.


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La ministre ne cache pas son inquiétude à ce sujet durant cette deuxième phase de confinement en Belgique. "Il va y avoir des situations similaires et donc on a gardé la mise en place de toutes les structures d’aide mise en place pendant la crise pour soutenir ces personnes. Et donc le 0830, pour les femmes mais aussi le 103 pour toutes les personnes qui voudraient appeler son toujours accessibles", rappelle-t-elle.

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