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Economie

Selon la FGTB, pour augmenter les salaires, "il faudrait pouvoir sortir du carcan de la loi de 1996"

La loi sur les salaires doit être révisée pour pouvoir augmenter le salaire minimum, selon la FGTB
29 mars 2022 à 11:10Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien avec Michel Gassée

Récemment, un salarié a témoigné du fait qu’il avait demandé un certificat médical à son médecin parce qu’il n’avait plus les moyens de payer le carburant pour aller au travail. Cet exemple montre que l’inflation galopante touche très fortement les travailleurs les plus modestes. Au point que certains ménages doivent faire un arbitrage entre se chauffer, faire les courses, ou faire le plein de carburant pour aller travailler. Pour Christophe Quintard, responsable du service d’étude de la FGTB, il faut augmenter le salaire minimum, ce qui entraînera forcément une revalorisation des bas salaires en général. Mais pour cela, "il faudrait déjà pouvoir sortir du carcan de la loi de 1996 pour avoir une approche qui ne soit pas généraliste, mais que chaque secteur ou chaque entreprise puisse avoir une approche plus ciblée selon les moyens qu’elles ont. Parce qu’il y a des entreprises où les 0,4% qui ont été accordés sur base de la loi de 96, revisitée en 2017, ne correspondent pas aux marges bénéficiaires qui ont été dégagées par les entreprises. La Banque Nationale, dans son rapport, a montré que l’économie belge ne se portait pas si mal que ça et que certaines entreprises avaient explosé leurs marges bénéficiaires. Donc là, il y a effectivement un problème."

Actuellement, on ne peut pas augmenter le salaire minimum sans faire référence à cette loi, selon lui : "La loi a été tellement corsetée en 2017 que c’est impossible, que toute mesure qui augmente la masse salariale doit être prise dans le calcul de l’évolution salariale. Donc effectivement, la loi de 96, pour nous, doit être révisée pour permettre de coller à la réalité du terrain. Et si dans certaines entreprises il y a des possibilités d’augmenter le salaire minimum et les salaires moyens, c’est clair qu’on doit pouvoir le faire."

Le contexte est d’autant plus compliqué que pour la Fédération des entreprises de Belgique, la position concurrentielle du pays serait historiquement mauvaise, avec des coûts énergétiques extraordinairement élevés, et une augmentation spontanée des coûts salariaux de 13%, soit 20 milliards d’euros sur trois ans, selon la FEB. Difficile d’imaginer que, dans ce contexte, elle accepte de négocier une hausse du salaire minimum.

Certains proposent d’augmenter les salaires par le biais des chèques repas. Les chèques repas sont très populaires auprès de ceux qui en bénéficient, mais quand le salarié se retrouve au chômage temporaire, fini les chèques repas. Ce n’est donc pas une solution miracle. Christophe Quintard est en revanche plus ouvert à une augmentation de la quotité de revenu exemptée d’impôt. Mais à une condition, dit-il : il faut d’abord un moratoire sur tous les avantages octroyés par les entreprises pour contourner les cotisations sociales et/ou les impôts : voitures de société, cartes carburant ou encore smartphones : "Ce serait un moratoire pour éviter d’encore en inventer des nouveaux, d’encore les développer, et aussi d’avoir une bonne connaissance de tous ces avantages. Le problème actuellement, c’est qu’on n’a pas une connaissance réelle et fine de la distribution de ces avantages. Il est tout de même assez aberrant qu’à l’ONSS, on a essayé de faire une telle étude. Mais l’ONSS était incapable de le faire et ils ont dû payer un secrétariat social pour faire une étude". Christophe Quintard un chiffre de cette étude : l’essor des rémunérations parallèles conduirait à une perte de 2,6 milliards d’euros par an en cotisations sociales, sachant que les recettes de l’ONSS sont de l’ordre de 80 milliards d’euros. Ce n’est donc pas rien.

Le marché matinal

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