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Sera-t-il plus difficile ? Pourquoi n'est-il plus corrigé dans les écoles ? 5 questions que vous vous posez sur le CEB

16 juin 2022 à 09:30 - mise à jour 16 juin 2022 à 09:36Temps de lecture3 min
Par Victor de Thier, sur base d'une interview réalisée par François Heureux

Plus de 150.000 jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles entament ce jeudi la désormais traditionnelle série d'"épreuves certificatives externes". Parmi eux, 50.000 élèves de 6e primaire participeront au CEB, le certificat d'étude de base, de ce jeudi 16 jusqu'au mardi 21 juin.

Une épreuve qui peut être parfois source de stress pour les parents comme pour les enfants. Pascale Genot, inspectrice générale et coordinatrice pour la Fédération Wallonie-Bruxelles répond aux questions qui se posent sur cette épreuve qui fait débat.

1. L'épreuve de cette année sera-t-elle adaptée suite à la crise sanitaire ?

La crise sanitaire a eu un impact important sur l'enseignement qui n'a pas toujours permis d'assurer un apprentissage normal, suite aux nombreuses absences et fermetures de classe. C'est pourquoi, la FWB a mis des choses en place pour les épreuves de cette année. "Les enseignants on reçu une liste d'essentiels, c'est à dire l'essentiel des référentiels. Ces essentiels sont évidemment ceux qui feront l'objet de l'évaluation externe", assure Pascale Genot.

Par ailleurs, un outil a été conçu pour permettre aux équipes éducatives de rectifier le score de leurs élèves lors de leurs délibérations en fonction des savoirs ou des compétences qui n'auraient pas été vus.

2. Quels sont les critères de réussite de l'épreuve ?

Le taux d'octroi du CEB est très élevé. Actuellement, l'épreuve est réussie quand l'élève atteint 50%, mais l'établissement a également la possibilité d'octroyer le CEB aux élèves qui le ratent, sur base d'un dossier comprenant le bulletin des élèves ou encore sur base d'un avis du titulaire de classe. Il y a donc une différence entre le taux de réussite et le taux d'octroi du CEB.

3. Le CEB est-il trop facile ?

Chaque année des voix s'élèvent pour dénoncer le nivellement par le bas engendré par la facilité du CEB.

"Quand on prend en considération les scores moyens des élèves dans les différentes disciplines et dans les différents domaines, on s'aperçoit qu'ils se situent autour de 75%. C'est finalement un score qui n'est pas si élevé que ça pour des compétences de base. Durcir encore l'épreuve en ferait finalement une épreuve éliminatoire à un moment où les enfants sont encore jeunes et ont encore une marge de progression très grande dans leur scolarité", rétorque Pascale Genot.

4. Pourquoi n'est-il plus corrigé dans les écoles ?

Durant la période de crise sanitaire, les CEB étaient corrigés dans les écoles. Ce ne sera plus le cas cette année, où des "chaînes de correction" vont de nouveau être mises en place sous la responsabilité d'un inspecteur. Les directeurs du fondamental sont récemment montés au créneau pour dénoncer le retour à ce type de correction.

"Cela avait été annoncé dès le départ que les conditions de correction de l'année passée ne seraient valables que pour la période Covid", explique Pascale Genot. "Il ne s'agit pas du tout d'une question de confiance vis-à-vis des enseignants, mais c'est l'intérêt de l'élève qui est visé. Son intérêt est que sa copie soit corrigée de la même manière que les autres élèves qui passent l'épreuve au même moment. Les chaînes de correction permettent que ce soit seulement un enseignant qui soit en charge d'un même item pour toutes les copies de son secteur. Plus on réduit le nombre de correcteurs, plus on réduit la marge d'interprétation vis-à-vis des réponses données par les élèves".

5. Le CEB va-t-il disparaître ?

D'autres voix s'élèvent également pour demander l'abandon de cette épreuve, considérée comme une source de discrimination à un âge précoce. Selon l'inspectrice, il est important de conserver cette épreuve et sa disparition n'est pas à l'ordre du jour car elle comporte plusieurs avantages.

"D'abord, elle met tous les élèves dans les mêmes conditions pour obtenir le CEB. Ensuite, comme toutes les épreuves externes, elle permet de vérifier dans quelles mesures les attendus de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont atteints par les élèves. En outre, elle influence positivement les pratiques de classe dans le sens où l'image de l'enseignant qui est seul dans sa classe est un peu brisée. Les épreuves sont une manière d'entrer en dialogue et en réflexion avec les collègues et avec la direction sur les pratiques de classe. Elle permet aussi finalement de responsabiliser les enseignants par rapport aux attentes de la Fédération."

Dès l'an prochain, le tronc commun va être progressivement implanté dans l'enseignement francophone. Celui-ci vise à fournir le même socle d'apprentissage à tous les élèves jusqu'à 15 ans. Le CEB ne devrait pas disparaitre pour autant, mais pourrait connaître certaines modifications dans la manière de rédiger les questions.

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